La gauche est responsable du recul de la conscience de classe des ouvriers

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« La baisse du vote à gauche des ouvriers, et plus largement la crise de subjectivité du prolétariat, est aussi une conséquence des choix politiques de toute cette gauche depuis les années 1980 acquise à la cogestion du capitalisme et au respect du pouvoir bourgeois. Sans même parler des trahisons de 1968, les classes populaires ont été, depuis, progressivement délaissées voire abandonnées au profit des « classes moyennes » ou de secteurs spécifiques du prolétariat (aristocraties ouvrières et spécialement fonctionnaires d’État ayant un statut spécial ou plus protégé), non seulement par la social-démocratie du PS, devenue aujourd’hui social-libérale PS, mais aussi par le PCF, dont la composition sociologique et les dirigeants ne sont quasiment plus ouvriers aujourd’hui, et les centrales syndicales de plus en plus intégrées à la cogestion du capitalisme (bien que leur rôle contre-révolutionnaire remonte au moins jusqu’à 1936). »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.
« La responsabilité de cette gauche est qu’elle a tout fait pour maintenir le fossé entre cette nouvelle réalité de la classe ouvrière d’aujourd’hui, majoritairement « employée », paritairement masculine et féminine, avec une forte composante immigrée (même de troisième génération), et une large frange de la jeunesse localisée sur des emplois précaires et atypiques – autant de franges minorées par le mouvement syndical organisé – et le modèle du « métallo » des années 1960, celui de l’ouvrier spécialisé homme et blanc. Ce modèle reste dominant dans les mémoires alors que s’est imposée l’image sans nuances d’une France « désindustrialisée ». Le rôle des organisations est naturellement de veiller à la vivacité de la conscience de classe, qui est tout sauf figée, mais au contraire épouse les transformations de la société : elles se sont au contraire livrées à un jeu de massacre symbolique. Alors qu’appartenir à la classe ouvrière était encore dans les années 1960 un motif de fierté enraciné dans une solidarité, une sociabilité et une mémoire valorisantes, aujourd’hui les classes les moins favorisées préfèrent l’image valorisante des « classes moyennes » qu’elle a activement contribué à forger, à celle plus ternie dorénavant attachée aux classes populaires. D’où la faiblesse croissante depuis trente ans du sentiment d’appartenance à la classe ouvrière, à la fois chez les ouvriers d’industrie, qui se vivent maintenant comme une espèce en voie de disparition ou déjà disparue, et chez les « employés », qui ne se reconnaissent pas en elle (à la fois parce que le « col bleu » et le « col blanc » sont deux modèles sociologiques distincts, et parce que le col bleu a aujourd’hui une image dévalorisée). »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

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