La classe ouvrière est trop atomisée pour avoir conscience d'elle-même

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La classe ouvrière a pendant longtemps été dispersée et atomisée

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La classe ouvrière a pendant longtemps été dispersée et atomisée
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« Patrick évoque les 100 000 travailleurs concentrés à Roissy dispersés du fait de la multiplicité des statuts et des entreprises : quoi de commun en effet entre un pilote de ligne et un bagagiste ? Mais quoi de commun entre les différentes strates de la classe ouvrière dans une majorité d’entreprises industrielles à l’époque où Jaurès faisant ses premières armes dans les années 1880 ? Lorsque les usines fonctionnaient encore souvent de manière saisonnière et s’appuyaient sur une toute petite minorité d’ouvriers stables et reconnus, par exemple les mécaniciens – ceux-là même qui ont souvent été à l’origine des syndicats – alors que la grande masse ouvrière, saisonnière, a continué à naviguer entre l’usine et les champs pendant plusieurs générations ? Sans aucune stabilité, et bien sûr sans aucun statut puisque cette notion n’est réellement apparue qu’avec les conventions collectives en 1936, puis avec la mise en place de la sécurité sociale en 1945, qui a même fini par donner une place à chacun, même aux cadres qui ne savaient pas très bien jusqu’alors où ils étaient (souvent qualifiés de « collaborateurs » par les patrons), jusqu’au moment où ils ont disposé de leur propre caisse qui leur a donné tout à la fois un statut et une identité. Unifier notre camp social n’a jamais été bien facile. »

Les bolchéviks eux-mêmes se sont appuyés sur le prolétariat le moins concentré et organisé pour mener la Révolution russe

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Les bolchéviks eux-mêmes se sont appuyés sur le prolétariat le moins concentré et organisé pour mener la Révolution russe
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« On observe même parfois des situations qui pourraient paraître à front renversé. Par exemple en Russie en 1917 si l’on se souvient des quelques pages consacrées par Victor Serge à Maxime Gorki dans L’an I de la révolution qui racontent comment la haine monte littéralement et profondément dans les milieux mencheviks contre les bolcheviks (alors qu’ils étaient dans le même parti jusqu’en 1912) en les accusant d’être doublement des traites et des aventuriers : d’abord parce que Lénine et ses nouveaux amis (Trotski…) ne sont pas marxistes lorsqu’ils imaginent une révolution socialiste dans la foulée de la révolution bourgeoise, ensuite parce que les bolcheviks s’appuient pour l’essentiel sur le « lumpen » et non sur le « vrai » prolétariat. Et c’est vrai que la masse ouvrière la plus directement influencée par les bolcheviks étaient souvent les plus pauvres, les moins qualifiés, les plus fraichement débarqués de leurs campagnes, pour peu qu’on se souvienne que même dans les fameuses usines Poutilov de Pétrograd souvent mises en avant comme exemple de grande concentration industrielle, une bonne partie des ouvriers étaient en fait des paysans fraîchement débarqués durant la guerre (ils retourneront d’ailleurs bien vite dans leurs campagnes durant la guerre civile en 1919-1920…). Alors que le noyau dur de cette classe ouvrière déjà tellement minoritaire en Russie est restée en octobre 1917 sous l’influence des mencheviks et des syndicats qu’ils contrôlaient, à tel point d’ailleurs que le premier acte de résistance organisé contre le nouveau pouvoir après la prise du palais d’hiver a été la grève générale des cheminots contre les bolcheviks… »

L'atomisation de la classe ouvrière ne doit pas empêcher les partis révolutionnaires de chercher son unification

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L'atomisation de la classe ouvrière ne doit pas empêcher les partis révolutionnaires de chercher son unification
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« Pour les nouvelles générations prolétariennes qui ne se pensent pas prolétaires, mais « précaires », « exclues », « déclassées », tout un travail est à refaire de réappropriation des expériences, luttes et modes d’existence passés de la classe, pour recréer les bases de l’identification à cette classe y compris dans leurs dimensions de fraternité et de communauté : il faut pour cela non seulement actualiser sa définition et forger des représentations qui la rendent adéquatement visible dans sa réalité d’aujourd’hui en continuité avec ses vies antérieures, mais aussi créer de nouvelles mémoires. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

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Références

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