La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de l'éclatement de la production

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de l'éclatement de la production
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de la fin des ouvriers professionnels
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait du passage à une production à flux tendu
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de la montée du chômage de masse
La classe ouvrière est en voie de disparition
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de la désindustrialisation
La classe ouvrière a perdu son pouvoir économique du fait de la tertiarisation de l'économie
La classe ouvrière n'a jamais été aussi importante à l'échelle mondiale
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Sous-arguments

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Objections

L'éclatement de la production est une réponse de la bourgeoisie à la terreur provoquée par la grève générale de Mai 68

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L'éclatement de la production est une réponse de la bourgeoisie à la terreur provoquée par la grève générale de Mai 68
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« Concernant la fragmentation de l’ordre productif, il est essentiel de voir que cette restructuration de l’industrie, emblématique de l’offensive néolibérale dans sa globalité, a été, organiquement et consciemment, une offensive contre les prolétariats nationaux. En France, l’objectif central de la bourgeoisie ne fut pas seulement de s’imposer contre les autres bourgeoisies : pour cela, tout autant et prioritairement, il s’agissait dorénavant de briser par avance les conditions de possibilité d’un nouvel épisode de terreur comme celui de mai 1968. Cela exigeait le démantèlement direct du prolétariat industriel concentré, ce que la situation économique favorisait indirectement, mais totalement. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, mai 2014.
« La fragmentation de la production n’est pas simplement l’effet mécanique d’une crise de l’industrie française et du modèle fordiste en général : dans un contexte de concurrence exacerbée par la crise, ce fut aussi une stratégie consciente de dilution du poids objectif de la classe ouvrière par la bourgeoisie. Dans les années 1920-30, celle-ci s’était entendue à acheter les directions syndicales pour éviter que ne se reproduisent des 1848 ou surtout des 1871, où le prolétariat s’était imposé sur la scène sans encadrement autre que ses propres forces. De même depuis 1968 : même si les bureaucraties syndicales ont alors très bien assumé leur fonction contre-révolutionnaire, de véritables explosions sociales peuvent les déborder par la base (comme déjà en 1936) et rendre littéralement ingouvernables par le capital ces grandes concentrations ouvrières dont seule une répression de type militaire (par exemple Peugeot Sochaux en juin 1968) peut en venir à bout, mais à un coût très élevé et à double tranchant. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

Les usines créées dans le monde concentrent des milliers ou des dizaines de milliers de travailleurs

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Même dans les pays industrialisés, la production reste structurée autour de sites ou « écosystèmes » industriels à forte concentration ouvrière

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La production reste structurée autour de sites ou « écosystèmes » industriels à forte concentration ouvrière
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« L’industrie est plus grande que ses usines. Si nous appelons notre classement « Les 50 premières usines de France », c’est un peu abusif. Quand on se penche sur notre palmarès, on se rend compte que les plus gros sites industriels français sont aussi des centres de R & D et d’ingénierie. C’est le cas pour le premier d’entre eux, Airbus Toulouse, où une bonne partie des 13 217 salariés est en fait des ingénieurs œuvrant à l’ingénierie des futurs avions. Mais aussi de Renault à Guyancourt (ex-technocentre) qui se classe 4ème ou de PSA à Vélizy-Villacoublay, 12ème. La place de ces sites démontre bien que pour être un industriel aujourd’hui qui compte, l’enjeu ne se situe pas seulement dans les usines et les lignes d’assemblage mais aussi et surtout dans les centres de développement et de conception. L’industrie ce n’est plus que des usines ! »
Thibaut de Jaegher, « 50 premières usines de France : cinq leçons sur l’industrie », L’Usine nouvelle, n°2, 17/07/2013.
« Mises à part les industries qui ont été véritablement massacrées (ex : l’industrie minière du nord-est de la France), il serait tout à fait erroné d’opposer les concentrations « traditionnelles » et les nouveaux « écosystèmes » : la majorité des 50 plus grands sites industriels français sont structurés autour d’une industrie ancienne, automobile, aéronautique, armement, métallurgie, l’équipement, les transports (moteurs, etc.). Airbus est « installé » à Toulouse parce que l’usine Latécoère – aujourd’hui groupe international – y est née en 1917, nationalisée en 1936 ; PSA Sochaux, avec son usine-mère née en 1912, reste le cœur de l’industrie du Doubs aujourd’hui, pareil pour Michelin à Clermont-Ferrand, où plus de 10 000 ouvriers sont encore employés. L’enjeu est surtout de voir que ces écosystèmes, nouveaux « systèmes productifs » (systèmes d’interactions entre dynamiques industrielles, économiques, territoriales et sociales polarisées par un ou plusieurs centres stratégiques) se restructurent autour d’une concentration primaire (celle du secteur stratégique), qu’elle soit en déclin ou en essor, en combinant des traits anciens et nouveaux : combinant l’ensemble des caractéristiques rappelées plus haut sur les transformations conjointes de la production, de l’emploi et des statuts des travailleurs. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.
« La réalité est que le capital ne peut pas éviter la persistance de concentrations importantes de type plus classique. Qu’il ait dégraissé autant que possible les concentrations traditionnelles (automobile : PSA, Michelin) ou s’efforce d’éviter de reconstruire des usines-forteresses (Airbus) dans les écosystèmes en essor, les usines stratégiques des systèmes productifs régionaux restent de potentiels lieux de sédition de la classe ouvrière. […] Il faut donc arrêter d’extrapoler sur une fragmentation qui serait absolue et totale : il existe non seulement dans ces sites des dynamiques de reconcentration au regard desquelles une implantation militante de site (à l’image du « syndicalisme de site ») est à effectuer ; mais il existe encore, au sein même de leurs usines stratégiques, de fortes concentrations ouvrières de type plus classique. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

Il existe encore en France de grandes concentrations de travailleurs sur des sites non industriels

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Il existe encore en France de grandes concentrations de travailleurs sur des sites non industriels
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« De façon complémentaire, il existe aussi des concentrations ouvrières au sens inclusif dans des sites qui ne sont pas industriels, de statut public, privé, ou semi-public. Celles du privé sont explicitement orientées vers le profit, y intervenir avec les revendications transitoires contre le capital est moins complexe que dans les secteurs publics, en raison de leur structure contradictoire. Exemples de ces sites concentrés (à différentes échelles) :
  • grands hôpitaux (à Paris ou en région parisienne, les 10 plus grands dépassent les 4500 travailleurs, pour atteindre plus de 11 000 à la Pitié-Salpêtrière) ;
  • cités administratives (Créteil) ;
  • nouveaux pôles universitaires (nouvelles COMUES, centres de recherches, fondations, etc.), qui sont des viviers liant formation de la main-d’œuvre, reproduction de l’idéologie dominante, recherche-développement industriel adossé aux bassins économiques régionaux ;
  • anciennement les PRES (« Pôles de recherche et d’excellence scientifiques ») dominés par l’« excellence » et la « compétitivité » mixant public, semi-public et privé (entreprises, sous-traitance, etc.) ;
  • centres de tri de la Poste (plusieurs centaines de travailleurs) ;
  • pôles du tertiaire privé (banques, assurances, comptabilité, gestion informatique, centres d’appels, grands centres commerciaux, etc. : la Défense par exemple compte environ 2500 entreprises et 180 000 salariés) ;
  • grands aéroports (Roissy englobe environ 100 000 salariés au travers de plusieurs centaines de sociétés).
La classe ouvrière au sens inclusif n’est donc pas purement et simplement atomisée : des foyers concentrés existent qui couvrent l’ensemble du monde de travail. »
Courant communiste révolutionnaire du NPA, La classe ouvrière en France : Mythes & réalités, n°2, Cahiers de Révolution permanente, mai 2014.

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Références

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Débat parent