La cause première est inconnaissable

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Ainsi la question de l’être est première, et revient toujours. Or, à cette question, nul ne peut répondre. Affirmer que l’être est éternel, ce n’est pas l’expliquer : qu’il y ait toujours eu de l’être, cela nous dispense d’en chercher le commencement ou l’origine, non d’en chercher la raison. Penser l’être comme nécessaire, ce n’est pas davantage l’expliquer ; c’est constater qu’il ne s’explique que par lui-même (il est « cause de soi», disent souvent les philosophes), ce qui le rend, pour nous et à jamais, inexplicable. Les philosophes n’échappent pas davantage au mystère que les physiciens ou les théologiens. Pourquoi le big-bang plutôt que rien ? Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Pourquoi tout plutôt que rien ? La question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?» se pose d’autant plus nécessairement qu’elle est sans réponse possible. C’est ce qui la rend fascinante, éclairante, tonique : elle nous renvoie à ce que j’appelle le mystère de l’être, indissociable de son évidence. Elle nous réveille de notre sommeil positiviste. Elle secoue nos habitudes, nos familiarités, nos prétendues évidences. Elle nous arrache, au moins un temps, à l’apparente banalité de tout, à l’apparente normalité de tout. Elle nous renvoie à l’étonnement premier : il y a quelque chose, et non pas rien ! Et personne, jamais, ne pourra dire pourquoi. puisqu’on ne pourrait expliquer l’existence de l’être que par un être, autrement dit qu’à la condition de présupposer d’abord ce qu’on veut expliquer. L’existence de l’être est donc foncièrement mystérieuse, c’est cela qu’il faut comprendre, et que ce mystère est irréductible. Parce qu’il est impénétrable ? Au contraire : parce que nous sommes dedans. Parce qu’il est trop obscur ? Au contraire : parce qu’il est la lumière même. »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
« Un ami peintre, sans religion particulière, me dit un jour : « Je ne suis pas athée ; je crois qu’il y a du mystère… » La belle affaire ! Moi aussi, je crois qu’il y a du mystère ! Je pense même qu’il n’y a que cela : on peut certes expliquer beaucoup de choses, mais pas tout, ni même la série entière des choses explicables, de telle sorte que tout ce qu’on explique baigne dans de l’inexpliqué. « La vérité est au fond de l’abîme », disait Démocrite, et l’abîme est sans fond. C’est notre lieu. C’est notre lot. Il n’y a rien de plus mystérieux que l’existence du monde, de la nature, de l’être, et pourtant nous sommes dedans (oui : au cœur de l’être, au cœur du mystère !). Mais cela, c’est ce qu’on appelle l’immanence, quand Dieu est supposé transcendant. L’univers fait un mystère suffisant. Pourquoi faudrait-il en inventer un autre ? »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.

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