Le changement climatique est-il dû à l'activité humaine ?

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Arguments POUR

Par l'émission de gaz à effet de serre

Les carottages glaciaires réalisés en Antarctique montrent une corrélation étonnante entre la température et le taux de CO2 dans l'atmosphère.

Objections

  • Une influence surestimée
  • Un des motifs pour lesquels James Lovelock, en 2012, a récusé l'alarmisme dans lequel il déclarait avoir lui-même donné est que, depuis le début du millénaire, on n'a plus constaté de réchauffement significatif, alors que la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone continue d'augmenter : « Elle (la température) est restée presque constante, alors qu'elle aurait dû s'élever - la teneur en dioxyde de carbone s'élève, pas de doute là-dessus88 ».

Un effet de serre borné

L'effet de serre terrestre est « saturé», qu'il ne peut ni augmenter ni diminuer et que l'augmentation de la contribution d'un composant atmosphérique à cet effet est compensé par une diminution de celle d'un autre composant : une augmentation du CO2 serait ainsi compensée par une diminution de l'humidité relative (Ferenc Miskolczi, 2008).

L'eau atmosphérique comme compensatoire

L'eau atmosphérique apporte une forte rétroaction négative à l'effet de serre et que l'évaluation du réchauffement global doit être très fortement diminuée (Roy Spencer, 2008).

Par les écarts de température entre jours de début et de fin de semaine

Arguments CONTRE

Un réchauffement climatique qui n'est pas significatif

Des causes naturelles

Un réchauffement aussi sur Mars

Cf. Habibullo Abdussamatov (2007)

Objections
  • Cette hypothèse est cependant réfutée par le fait que dans ce cas, on devrait observer également un réchauffement des autres planètes. Selon les climatologues, les causes du réchauffement de Mars sont propres à cette planète, et en aucun cas liées à une origine extérieure, notamment solaire, qui serait partagée avec la Terre.

L'activité éruptive solaire

Voir la théorie de Friis-Christensen et Svensmark (1997) : corrélation entre les variations passées du climat, la couverture nuageuse et l'activité solaire.

Objections
  • Des erreurs dans les données (cf. Paul Damon et le danois Peter Laut)
  • Une réduction de la couverture nuageuse diminue certes l'albédo, mais diminue également l'impact de l'effet de serre et il est plus difficile de déterminer si le bilan final entraîne un réchauffement ou un refroidissement de l'atmosphère.
  • Le rôle des rayons cosmiques dans la création des noyaux de condensation est discuté, en particulier dans les basses couches de l'atmosphère où les aérosols semblent jouer un rôle prédominant.
  • Eigil Friis-Christensen publie en 2002 que la corrélation climat-activité solaire ne s'observait plus depuis les années 1980.
  • Dans l'édition du 6 mai 2000 de l'édition américaine du magazine britannique New Scientist, Lassen et l'astrophysicien Peter Thejll, complétant l'étude de 1991 avec de nouvelles données, conclurent que bien que le cycle solaire puisse expliquer environ la moitié de l'accroissement en température observé depuis 1900, il ne pouvait en aucune manière expliquer l'accroissement de 0,4 °C depuis 1980

En ce qui concerne les précipitations, leur augmentation aux hautes et moyennes latitudes de l’hémisphère nord est comprise entre 5 et 10 %, avec une confiance comprise entre 90 et 99 %.

La longueur du cycle solaire

En 1991, Knud Lassen de l'Institut danois de météorologie de Copenhague et son collègue Eigil Friis-Christensen ont trouvé une forte corrélation entre la longueur du cycle solaire et les changements de température dans l'hémisphère nord. Cette corrélation permettait d'expliquer 80 % des variations de température durant la période considérée.

Objections
  • Cette étude, et le graphique associé ont été par la suite contestés, car fondés sur des valeurs erronées.
  • Les données indiquent que la corrélation entre les températures et l'activité solaire n'est plus valable pour les trente dernières années, cette dernière étant restée à peu près constante.

Variation des paramètres de Milanković

Trois phénomènes astronomiques affectent le mouvement de certaines planètes du système solaire, dont la Terre : les variations de l'excentricité de l'orbite, les oscillations de l'inclinaison de l'axe80 et la précession des équinoxes. Leur variation cyclique entraîne des changements climatiques naturels, qui sont en particulier à l'origine des périodes glaciaires et interglaciaires.

Objections
  • Ces phénomènes se produisent sur de longues périodes et n'expliquent pas un réchauffement se produisant en quelques décennies. Désormais, le phénomène actuel de ralentissement du réchauffement climatique est expliqué par une conjonction de facteurs naturels refroidissant, mettant en avant le fait que l'impact anthropique a été suffisamment important pour entraîner un faible réchauffement contraire à la tendance naturelle attendue.

Un ralentissement du réchauffement

Le cinquième rapport du GIEC confirme que le taux de réchauffement a été réduit à 0,05 °C par décennie entre 1998 et 2012, contre 0,12 °C par décennie entre 1951 et 2012[1].

Objections

  • Selon le GIEC, ce phénomène n'est dû qu'à la variabilité naturelle de l’évolution du climat et la tendance au réchauffement sur une longue période n'est donc pas remise en cause[2].
  • La thèse de la pause (ou hiatus) dans le réchauffement est désormais (en 2016) dépassée : avec la prise en compte des années 2013, 2014 et 2015, la courbe des températures a retrouvé sa tendance antérieure, perturbée quelque temps par le phénomène El Niño exceptionnel de 1998 ; de plus, des corrections statistiques sur les données anciennes détaillées par un article de la revue Science (pour les périodes d'avant guerre, les seules données de températures en mer étaient faites à partir des navires ; or elles apparaissent systématiquement plus chaudes que celles faites au moyen de bouées) contribuent à éliminer le hiatus des années 2000[3]

Des études scientifiques critiquées

L'erreur dans le rapport du GIEC de 2007

Des études niant le rôle de l'activité humaine

Objections
  • Des conflits d'intérêts

Objection : Un certain consensus dans la communauté scientifique

  • Le rapport du Giec de 2007 conclut que « l'activité humaine est fort probablement la cause du réchauffement global (à plus de 90 %.) Le réchauffement global dans ce cas-ci réfère à une hausse de 0,75 degré de la température globale moyenne depuis les 100 dernières années »[4].
Position des académies et sociétés scientifiques

Depuis 2001, plusieurs académies nationales ont fait des déclarations (parfois conjointes) affirmant la réalité du réchauffement global anthropique et demandant aux nations de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre[5],[6]. Parmi les signataires de ces déclarations, on retrouve les académies scientifiques nationales des pays suivants : Australie[7], Belgique, Brésil, Cameroun, Canada, Caraïbes, Chine,France[8], Ghana, Allemagne, Indonésie, Irlande, Italie, Inde, Japon, Kenya, Madagascar, Malaisie, Mexique, Nigeria, Nouvelle-Zélande, Russie, Sénégal, Afrique du Sud, Soudan, Suède, Tanzanie, Turquie, Ouganda, Royaume-Uni[9], États-Unis[10], Zambie, et Zimbabwe.

Revues systématiques et sondages d'opinion auprès des scientifiques
John Cook et al. (2013)

Un article publié le 15 mai 2013 par John Cook et d'autres auteurs dans Environmental Research Letters[11] a analysé 11944 résumés de recherches menées par 29083 auteurs entre 1991 et 2011. Les auteurs concluent que 97,1 % des 3896 articles qui prennent position sur les causes du réchauffement climatique appuient le consensus scientifique selon lequel ce réchauffement est attribuable à l'activité humaine. En outre ce consensus va en augmentant légèrement avec le temps.

En août 2013, un article publié dans Science & Education[12] a critiqué la méthode statistique utilisée par Cook et al. D'autres critiques ont également été formulées[13].

Anderegg, Prall, Harold, et Schneider (2010)

Un article de 2010, publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States, a analysé les données de publication et de citation pour 1372 chercheurs des sciences du climat et émis les deux conclusions suivantes:

Citation bloc|(i) 97–98 % des chercheurs dont le sujet principal de publication est la science du climat soutiennent la thèse du réchauffement anthropique telle que décrite par le GIEC, et (ii) l'expertise climatique et la notoriété scientifique des chercheurs qui contestent cette thèse est nettement plus basse que celle de chercheurs qui la supportent[14].

Étude de Peter Doran et Maggie Zimmerman (2009)

Une étude publiée en 2009 par Peter Doran et Maggie Zimmerman, du département des sciences de la Terre et de l'environnement de l'Université de l'Illinois à Chicago, et à laquelle 3146 scientifiques ont répondu, révèle que 90 % des scientifiques interrogés sur le sujet jugent que les températures mondiales ont « globalement augmenté » depuis le XIXe siècle, et 82 % sont d'accord avec l'affirmation selon laquelle les activités humaines « contribuent significativement au changement des températures moyennes globales. »[15] Ces taux montent respectivement à 96,2 % et à 97,4 % chez les 79 spécialistes en climatologie (ceux qui ont indiqué « science du climat » comme domaine d'expertise et qui ont publié plus de 50 % de leur articles récents sur le sujet). À l'inverse, seulement 47 % des 103 géologues interrogés pensent que l'activité humaine est un facteur significatif du changement climatique. En conclusion l'enquête affirme:

Citation bloc|Il semble que le débat sur l'authenticité du réchauffement global et sur le rôle joué par les activités humaines soit largement inexistant parmi ceux qui comprennent les nuances et les bases scientifiques des processus climatiques à long terme[15].

Étude de Bray et von Storch (2008)

En 2008, Dennis Bray and Hans von Storch ont sondé 2058 climatologues répartis dans 34 pays. Au total, 373 scientifiques (18,2 %) ont répondu à l'enquête de 76 questions. Plusieurs de ces questions utilisaient une échelle de 1 à 7 (« pas du tout » à « fortement ») pour les réponses. À la question 20, « À quel point êtes-vous convaincu que des changements climatiques se produisent présentement, qu'ils soient d'origine naturelle ou anthropique ? », 67,1 % ont répondu fortement (7), 26,7 % dans une large mesure (5-6) , 6,2 % dans une faible mesure (4-2) et 0 % pas du tout. À la question « Croyez-vous que les changements climatiques (récents ou dans un futur rapproché) sont d'origine anthropique, 34,6 % ont répondu fortement (7), 48,9 % dans une large mesure (5-6), 15,1 % dans une faible mesure (2–4), et 1,35 % (1) « pas du tout ».

Analyse de Naomi Oreskes (2004)

Les tenants de l'existence d'un consensus concernant la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique s'appuient sur la prise de position de plusieurs institutions scientifiques et sur le nombre de climatologues impliqués dans les analyses du GIEC. Ce consensus a parfois été mis en doute par des responsables politiques, en particulier aux États-Unis. Mais selon une étude publiée dans la revue Science[16] par une historienne des sciences, Naomi Oreskes, l'analyse de 928 résumés d'articles scientifiques sélectionnés dans une base de données à l'aide des mots clés « climate change » et publiés entre 1993 et 2003 montre qu'aucun d'entre eux ne remettait en cause le consensus défini par le GIEC.

Notes et références

  1. http://www.slate.fr/life/78284/giec-responsabilite-homme-rechauffement-climatique-claire
  2. http://www.slate.fr/life/78284/giec-responsabilite-homme-rechauffement-climatique-claire
  3. Climat: pas de hiatus (finalement), Sciences.blog, 6 juin 2015.
  4. {{article : Warming 'very likely' human-made |url=http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/6321351.stm |périodique=BBC News |éditeur=BBC |date=2007-02-01 |consulté le=2007-02-01
  5. lien brisé|consulté le=2013-04-12|url=http://www.academie-sciences.fr/actualites/textes/G8_climat09_fr.pdf
  6. http://www.nationalacademies.org/onpi/06072005.pdf
  7. http://www.science.org.au/reports/climatechange2010.pdf
  8. Le changement climatique. Rapports, ouvrages, avis et recommandations de l'Académie. Assurer un rôle d'expertise et de conseil. Consulté le 07/11/2015.
  9. http://royalsociety.org/climate-change-summary-of-science/
  10. http://www.nationalacademies.org/includes/G8+5energy-climate09.pdf
  11. Environmental Research Letters, texte intégral
  12. David R. Legates, Willie Soon, William M. Briggs, Christopher Monckton of Brenchley, « Climate Consensus and ‘Misinformation’: A Rejoinder to Agnotology, Scientific Consensus, and the Teaching and Learning of Climate Change », Science & Education, août 2013. Voir le sommaire sur le site de Springer.
  13. Lien web|langue = |titre = 97% Study Falsely Classifies Scientists' Papers, according to the scientists that published them|url = http://www.populartechnology.net/2013/05/97-study-falsely-classifies-scientists.html%7Csite = populartechnology.net|date = |consulté le =
  14. lien web |langue=en|url= http://www.pnas.org/content/early/2010/06/04/1003187107.full.pdf+html%7Ctitre= Expert credibility in climate change|auteur= William R. L. Anderegg, James W. Prall, Jacob Harold, and Stephen H. Schneider|date= April 9, 2010|éditeur= Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America |consulté le= 23 juin 2010
  15. 15,0 et 15,1 lien web|langue=en|url=http://tigger.uic.edu/~pdoran/012009_Doran_final.pdf%7Ctitre=Examining the Scientific Consensus on Climate Change|auteur=Peter T. Doran and Maggie Kendall Zimmerman|éditeur=Université de l'Illinois à Chicago|année=2009|consulté le=2009-12-21.
  16. voir