Lénine n'a pas dit qu' "il faut tuer tous les Romanov c'est-à-dire une bonne centaine"

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Présentation de l'argument

Dans le but de démontrer une volonté de tuer le tsar avec toute sa famille, Edvard Radzinsky (Nicolas II le dernier tsar) et Hélène Carrère d'Encausse dans ses biographies respectives de Lénine et de Nicolas II ont rapporté cette phrase sans la sourcer. On la trouve dans de multiples sites internets. Nous avons puisé dans les oeuvres de Lénine la véritable apostrophe formulée en décembre 1911. Il y plaidait au contraire l'instauration sans effusion de sang d'une république. Il s'adressait aux libéraux favorables à une monarchie constitutionnelle à l'anglaise. Celle-ci s'imposa au XVIIème siècle dans un pays plus évolué que la Russie du début du XXème siècle, par le régicide à la hache, en 1649 d'un Stuart : le "bandit couronné", Charles Ier. L'existence impunie "d'assassins Cent-Noirs" inexistants dans l'Angleterre monarchique des années 1640, impliquait, dans l'esprit de Lénine, l'existence de cent commanditaires au sein de la grande Maison Romanov. Il aurait donc fallu, pour imposer une monarchie à l'anglaise, engager "au moins" cent procédures judiciaires, afin d'obtenir "au moins" cent condamnations à mort par décapitation ("couper la tête"), construire "au moins" cent gibets, forger "au moins" cent haches, recruter "au moins" cent bourreaux professionnels, afin de faire comprendre aux enfants ou successeurs de cette centaine (ou plus) de Romanov criminels, qu'une monarchie constitutionnelle, telle qu'elle fut imposée en 1660 par Charles Stuart II, renforcée par Guilllaume d'Orange en 1688 était possible. Cela apparaissait évidemment impossible à Lénine. Depuis 1900 pour lui la propagande, les tracts et non les massacres constituaient les moyens de sape du tsarisme autocratique d'abord, constitutionnel ensuite. Loin d'être un appel à la violence ce texte est au contraire un des rares échos de l'engagement de Lénine en faveur de l'abolition de la peine de mort, rapporté en 1918 par son frère ennemi, le menchevik de gauche Julius Martov.

Citations

« Pourquoi la lutte pour la république, est-elle une condition réelle de la conquête de la liberté en Russie ? Parce que l’expérience, la grande, l’inoubliable expérience de l’une des plus grandes décennies de l’histoire russe, je veux dire de la première décennie du XXème siècle, montre de façon claire, évidente, irréfutable, l’incompatibilité de notre monarchie avec les garanties les plus élémentaires de la liberté politique. L’histoire de la Russie, l’histoire séculaire du tsarisme font qu’au début du XXème siècle, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir chez nous d’autre monarchie que celle des Cent-Noirs et des pogromistes (...) Les ganaches libérales dissertent sur l'exemple d'une monarchie constitutionnelle de type anglais. Eh bien, si dans un pays aussi cultivé que l'Angleterre, qui n'a jamais connu le joug mongol, l'oppression de la bureaucratie, le déchaînement de la caste militaire, il a néanmoins fallu couper la tête à un bandit couronné pour apprendre aux rois à être des monarques « constitutionnels », en Russie il faudra couper la tête à cent Romanov au moins, pour enlever à leurs successeurs l'habitude d'organiser des bandes d'assassins Cent-Noirs et de déchaîner des pogromes. Si la social-démocratie a retenu quelque chose de la première révolution russe, elle doit maintenant bannir de tous nos discours, de tous nos tracts, le mot d'ordre de « à bas l'autocratie » qui s'est révélé inadapté et vague, et défendre exclusivement celui de "A bas la monarchie tsariste, vive la république". »
Lénine, « A propos des mots d'ordre et de la conception du travail social-démocrate à la Douma et en dehors « "Social-Démocrate" » », Oeuvres de Lénine, tome 17, décembre 1910- avril 1912, p.341, 8/21 décembre 1911, Éditions Sociales, Paris, 1968.
« Et qu'on ne vienne pas nous dire que le mot d'ordre de république ne correspond pas au stade actuel de développement politique des ouvriers et des paysans. Il y a dix ou douze ans, il n'y avait pas que les populistes àn ne pas oser évoquer en pensée le mot d'ordre de "A bas l'autocratie !", il se trouvait même des social-démocrates que l'on nommait "économistes" pour protester contre son opportunité. Or, en 1903-1904 le mot d'ordre de "A bas l'autocratie" était passé dans la langue ! Il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'une propagande républicaine, systématique, persévérante, trouvera maintenant en Russie le terrain le plus fertile (...) Personne ne peut actuellement déterminer avec quelle rapidité croîtra la semence de la propagande républicaine jetée à terre, là n'est pas l'essentiel ; ce dont il s'agit, c'est que les semailles soient bien faites, de manière réellement démocratique. »
Lénine, « A propos des mots d'ordre et de la conception du travail social-démocrate à la Douma et en dehors « "Social-Démocrate" » », Oeuvres de Lénine, tome 17, décembre 1910- avril 1912, p.341-342, 8/21 décembre 1911, Éditions Sociales, Paris, 1968.
« En 1910, au Congrès international socialiste de Copenhague, on a pris la résolution de lutter dans tous les pays contre la barbarie de la peine de mort. Le socialisme international a reconnu que les socialistes ne peuvent jamais, dans aucune condition, admettre ce meurtre de sang-froid des gens sans armes, par ordre de l’Etat, que l’on appelle la peine de mort. Cette résolution, camarades, a été signée par tous les chefs actuels du parti bolcheviste : Lénine, Zinoviev, Trotsky, Kamenev, Radek, Rakovsky, Lounatcharsky. Je les ai vus à Copenhague, lever la main pour la résolution qui déclarait la guerre à la peine de mort. »
Julius Martov, « A bas la peine de mort », août 1918.

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Sous-arguments

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Objections

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Références

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