Lénine faisait l'éloge de la terreur avant 1914

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« L’éloge de la terreur par Lénine, qui a toujours revendiqué son jacobinisme et a pris comme un honneur d’être traité de Robespierre et ceci dès l’apparition en 1903 de la fraction bolchevique au sein du Parti ouvrier social démocrate russe, est bien antérieur à 1922, ou même 1917. Et même à 1914 : un des points que je voudrais montrer […] est que l’impact de la guerre mondiale fut négligeable sur la valorisation de la terreur par Lénine et qu’elle ne fut pas une rupture. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

En 1901 Lénine a seulement loué Robespierre comme un défenseur de la liberté de conscience puis en 1915 comme un antibelliciste

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En 1901 Lénine a seulement loué Robespierre comme un défenseur de la liberté de conscience puis en 1915 comme un antibelliciste
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Dans un texte de jeunesse sur la Sainte- Famille de Marx et Engels, Lénine analyse l'échec de la société bourgeoise voulue par Robespierre et Saint-Just
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En 1901 Robespierre apparait chez Lénine comme chez les partisans du tsarisme comme le jeune député provincial encore méconnu de 1789 aux Etats-Généraux puis à la Constituante qui va défendre la liberté de conscience notamment des juifs ; fait révolutionnaire dans l'Empire russe antisémite. En 1915 il intégre Robespierre dans sa lutte contre l'impérialisme chauvin et réactionnaire soutenu par les socialistes de la IIème Internationale. On le sait Robespierre s'était opposé en 1791-1792 à la guerre voulue par les Girondins. Robespierre n'en reste pas moins à ses yeux un bourgeois et il n'entend pas s'identifier à lui.
« Fait tristement significatif, encore inédit jusqu'à ce jour ! Et que de maux inédits annoncent à la Russie de pareils faits, que seul a rendus possibles un état déjà très avancé de démoralisation sociale". Ainsi parlent les "Moskovskié Viedomosti", dans leur article de tête du 29 septembre (n° 268) à propos du discours de M. A Stakovitch, maréchal de la noblesse de la province d'Orel, au congrès des misssionnaires d'Orel (terminé le 24 septembre).. Eh bien si "la démoralisation sociale" a pénétré parmi les maréchaux de la noblesse, ces premiers personnages des districts, et seconds personnages des provinces, comment espérer la fin "de la peste morale qui étreint la Russie" ?

Que s'est-il passé ? Tout simplement que ce Monsieur Stakhovitch (celui-là même qui voulait procurer aux nobles d'Orel des places de collecteur au monopole des boissons (...) a prononcé un ardent discours en faveur de la liberté de conscience, et "a poussé le manque de tact, pour ne pas dire le cynisme, au point de faire cette proposition : A personne en Russie plus qu'au congrès des missionnaires n'incombe le devoir de proclamer la nécessité de la liberté de conscience, la nécessité d'abolir toute forme criminelle pour abandon de la foi orthodoxe et adoption ou confession d'une autre religion. J'invite donc le congrès des missionnaires d'Orel à se prononcer franchement dans ce sens et à formuler ce voeu dans les formes convenables !"

Naturellement s'il était naïf de la part des "Moskovskié Viedomosti" de faire de M. Stakhovitch un Robespierre (comment, ce bon vivant de Stakhovitch que je connais depuis si longtemps, un Robespierre ! écrivait dans le "Novoie Cremia" M. Souvorine, et l'on avait peine à lire sans rire "son plaidoyer") M. Stakhovitch n'était pas moins naïf à sa façon en proposant à des prêtres de demander "dans les formes les plus convenables" la liberté de conscience. C'est comme si, à un congrès de commissaires de police, on conseillait de demander la liberté politique ! »
Lénine, oeuvres tome 5 mai 1901-février 1902, p.294-295, revue de la politique intérieure octobre 1901, Éditions sociales, Paris, 1965.
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En décembre 1919 il cite pour sa défense Alphonse Aulard, historien jacobin et radical-socialiste, plus proche de Danton que de Robespierre

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En décembre 1919 il cite pour sa défense Alphonse Aulard, historien jacobin et radical-socialiste, plus proche de Danton que de Robespierre
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
En octobre 1917 Lénine compare la prise du pouvoir au célèbre appel de Danton de 1792 à galvaniser les énergies par de l'audace
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L'historien renommé de la Révolution française,Alphonse Aulard, admirateur de Danton écrivit une lettre de protestation contre l'interventionnisme de la France. Elle fut publiée dans l'Humanité du 26 octobre 1919. Lénine la récupère en considérant comme il l'a toujours fait que cette révolution française fut bourgeoise à l'égal de ses historiens admirateurs.
« Aulard, l'historien français renommé, qui s'aligne sans réserve sur les positions bourgeoises, dit dans sa lettre ; "en tant que Français je suis l'ennemi des Bolcheviks, en tant que Français je suis partisan de la démocratie, il serait ridicule de me soupçonner du contraire ; mais quand je lis que la France invite l'Allemagne à participer au blocus de la Russie, quand je lis que la France fait cette proposition à l'Allemagne, je sens le rouge de la honte me monter au visage". »
Lénine, oeuvres de Lénine, tome 30, p.221, VIIème congrès des Soviets de Russie, 5-9 décembre 1919 (5 décembre 1919), Éditions sociales, Paris, 1964.
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« Ce même historien Aulard qui a adressé une lettre à l'Humanité écrit, "J'ai appris l'histoire et je l'ai enseignée. Quand je lis que parmi les Bolcheviks il n'y a que des monstres, des croquemitaines, des épouvantails, je dis : on a dit la même chose de Robespierre et de Danton. Ce faisant, dit-il, je ne compare nullement avec ces grands hommes, les Russes d'aujourd'hui, absolument pas. Ils n'offrent pas la moindre ressemblance avec eux. Mais je dis en tant qu' historien il n'est pas possible de croire tous les bruits." Lorsqu'un historien bourgeois se met à parler de la sorte nous voyons que les mensonges qu'on répand sur notre compte commencent à se dissiper. Nous disons : la terreur nous a été imposée. »
Lénine, oeuvres de Lénine, tome 30, p.p. 226, VIIème cogrès des Soviets de Russie 5-9 décembre 1919 (5 décembre 1919), Éditions sociales, 1964.

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Références

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