Lénine considérait la guerre civile comme une guerre sans limite

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Pour Lénine, la guerre civile est une guerre sans limite. Elle est sans limite de moyens : torture, prise d’otages, déportation et assassinat en masse de civils et de combattants prisonniers sont généralisés, avec la création d’une police politique et d’une Armée rouge qui seront bientôt – avec le Parti – les piliers de tout pouvoir communiste. Elle est sans limite de temps : contrairement à la guerre nationale qui aboutit à un armistice ou à la paix, la guerre contre « la bourgeoisie » est infinie puisqu’il ne s’agit pas tant d’exterminer les bourgeois que de tuer l’esprit bourgeois, cet esprit d’appropriation qui persiste en chaque homme. Elle est sans limite d’espace : commencée en Russie, elle est censée opposer les riches et les pauvres et doit donc s’étendre au monde entier. »
Stéphane Courtois, « Le communisme du XXe siècle ou la guerre civile permanente », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

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Sous-arguments [ modifier ]

Sans limite de moyens

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Lénine considérait la guerre civile comme une guerre sans limite de moyens
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« La guerre civile présente pour le leader révolutionnaire et totalitaire un gros avantage : à la différence de la guerre nationale, c’est une guerre sans limite qui est donc parfaitement adaptée à son désir de domination sans limite. En effet, l’assimilation de la guerre nationale et de la guerre civile opérée par Lénine après 1914 est tout à fait abusive et relève d’une fausse symétrie. Car, quoi que puissent en laisser penser les hécatombes humaines de 1914-1918, cette guerre nationale est restée une guerre « civilisée », qui a répondu à certaines lois de la guerre, en dépit de nombreuses exceptions à la règle : on ne prend pas d’otages, on ne massacre pas les blessés et les prisonniers, on épargne les populations civiles. À l’inverse, dans la conception de Lénine, la guerre civile est une guerre sans limite. Elle est sans limite de moyens : tortures, prises d’otages, déportations et assassinats de masse de civils et de combattants seront bientôt généralisés grâce à l’instauration d’une police politique et d’une Armée rouge qui seront les piliers de tout pouvoir communiste. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

Sans limite d'espace

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Lénine considérait la guerre civile comme une guerre sans limite d'espace
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Elle est sans limite d’espace : commencée en Russie, elle est censée opposer les riches et les pauvres et doit donc s’étendre au monde entier par le biais de l’Internationale communiste. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

Sans limite de temps

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Lénine considérait la guerre civile comme une guerre sans limite de temps
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Elle est sans limite de temps : contrairement à la guerre nationale qui aboutit à un armistice ou à la paix, la guerre contre la bourgeoisie est infinie puisqu’il ne s’agit pas tant d’exterminer les bourgeois que de tuer l’esprit bourgeois, cet esprit d’appropriation qui persiste en chaque homme. Dans ces conditions, la guerre, qui est traditionnellement un temps exceptionnel, devient avec Lénine un temps ordinaire et permanent. Elle présente à ses yeux l’avantage de détruire simultanément la logique de l’État de droit démocratique et celle de l’État-nation, déchiré par un conflit intérieur. Cette guerre civile devient une guerre de classe qui, pour Lénine, doit être systématiquement préventive et qui repose sur la notion d’ennemi objectif ou subjectif, que celui-ci soit un adversaire politique – y compris appartenant au camp révolutionnaire : menchevique, socialiste révolutionnaire, anarchiste, syndicaliste –, ou qu’il soit un groupe social s’opposant réellement ou de manière fantasmée au nouveau pouvoir – aristocrates, bourgeois, officiers, clergé, etc. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

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Objections [ modifier ]

En 1918 Lénine rapporte qu'Engels avait en 1887 prédit pour l'Allemagne-Prusse la prochaine guerre "mondiale" et dévoreuse de "8 à 10 millions de soldats".

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En 1918 Lénine rapporte qu'Engels avait en 1887 prédit pour l'Allemagne-Prusse la prochaine guerre "mondiale" et dévoreuse de "8 à 10 millions de soldats".
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Et de nos jours, alors que le honteux découragement, voire même le désespoir sont choses fréquentes, il est utile de rappeler une prophétie scientifique qui s'est vérifiée. Voici comment Friedrich Engels jugeait il y a plus de trente ans, la future guerre mondiale :

"Et enfin il n'y a plus pour la Prusse-Allemagne d'autre guerre possible qu'une guerre mondiale, et à la vérité, une guerre mondiale d'une ampleur et d'une violence encore jamais vues. Huit à dix millions de soldats s'entr'égorgeront ; ce faisant ils dévoreront toute l'Europe comme jamais ne le fit encore une nuée de sauterelles. Les dévastations de la guerre de Trente Ans, condensées en 3 ou 4 années et répandues sur tout le continent : la famine, les épidémies, la férocité générale, tant des armées que des masses populaires, provoquées par l'âpreté du besoin, la confusion désespérée dans le mécanisme artificiel qui régit notre commerce, notre industrie et notre crédit, finissant dans la banqueroute générale. L'effondrement des vieux Etats et de leur sagesse poltiique routinière est tel que les couronnes rouleront par douzaines (...) ; l'impossibilité absolue de prévoir comment tout cela finira et qui sortira vainqueur de la lutte ; un seul résultat est absolument certain : l'épuisement général et la création des conditions nécessaires à la victoire finale de la classe ouvrière. Telle est la perspective si la course aux armements poussée à l'extrème, porte enfin ses fruits inévitables (...)"

Géniale prophétie ! Et quelle infinie richesse de pensées dans chaque phrase de cette analyse de classe scientifique, brève, claire et précise ! (...) Certaines prévisions d'Engels se sont réalisées autrement : bien sûr le monde et le capitalisme ont changé en trente années de développement impérialiste prodigieusement rapide, mais le plus étonnant c'est que tant de choses prévues par Engels s'accomplissent "comme si c'était écrit". »
Lénine, « "Paroles prophétiques" (commentaire de la préface par Fridrich Engels du livrede Sigismond Borkheim "A l'attention des patriotards allemands de 1806-1807" 15 décembre 1887 ) 29 juin 1918 », oeuvres de Lénine, tome 27, février-juillet 1918, p.526-527, IVè conférence des syndicats et des comités de fabrique et d'usine de Moscou 27 juin-2 juillet 1918, Éditions sociales, Paris, 1961.