Lénine a violemment réprimé les socialistes

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« Alliés des bolcheviks jusqu’à l’été 1918, les socialistes-révolutionnaires de gauche bénéficièrent, jusqu’en février 1919, d’une relative clémence. Leur dirigeante historique, Maria Spiridonova, présida, en décembre 1918, un congrès de son parti, toléré par les bolcheviks. Ayant vigoureusement condamné la terreur pratiquée quotidiennement par la Tcheka, elle fut arrêtée, en même temps que deux cent dix autres militants, le 10 février 1919, et condamnée par le Tribunal révolutionnaire à « la détention en sanatorium étant donné son état hystérique » ; il s’agit là du premier exemple, sous le régime soviétique, d’enfermement d’un opposant politique dans un établissement psychiatrique ; Maria Spiridonova parvint à s’évader et à diriger, dans la clandestinité, le Parti socialiste-révolutionnaire de gauche interdit par les bolcheviks. Selon des sources tchékistes, 58 organisations socialistes-révolutionnaires de gauche auraient été démantelées en 1919, et 45 en 1920. Au cours de ces deux années, 1 875 militants auraient été emprisonnés en qualité d’otages, conformément aux directives de DzeIjinski, qui avait déclaré, le 18 mars 1919 : « Dorénavant, la Tcheka ne fera plus de distinction entre les Gardes blancs du type Krasnov et les Gardes blancs du camp socialiste. […] Les SR et les mencheviks arrêtés seront considérés comme des otages et leur sort dépendra du comportement politique de leur parti. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments [ modifier ]

En 1919

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Lénine a violemment réprimé les socialistes en 1919
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« Après avoir autorisé, au plus fort de l’offensive de l’amiral Koltchak, la reparution, du 20 au 30 mars 1919, du journal socialiste-révolutionnaire Delo Naroda (La Cause du peuple), la Tcheka lança le 31 mars 1919 une grande rafle contre les militants socialistes-révolutionnaires et mencheviks, alors même que leurs partis ne faisaient l’objet d’aucune interdiction légale. Plus de mille neuf cents militants furent arrêtés à Moscou, Toula, Smolensk, Voronej, Penza, Samara, Kostroma. Combien furent exécutés sommairement dans la répression des grèves et des révoltes paysannes, où mencheviks et socialistes-révolutionnaires jouaient souvent les premiers rôles ? Peu de données chiffrées sont disponibles car, si l’on connaît, même approximativement, le nombre des victimes des principaux épisodes de répression recensés, on ignore la proportion des militants politiques impliqués dans ces massacres. Une seconde vague d’arrestations suivit l’article que Lénine publia dans la Pravda du 28 août 1919, où il fustigeait une nouvelle fois les SR et les mencheviks, « complices et valets des Blancs, des propriétaires fonciers et des capitalistes ». D’après les sources de la Tcheka, 2380 socialistes-révolutionnaires et mencheviks furent arrêtés au cours des quatre derniers mois de 1919. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1919 avec la condamnation de Maria Spiridonova

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Lénine a violemment réprimé les socialistes en 1919 avec la condamnation de Maria Spiridonova
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« Alliés des bolcheviks jusqu’à l’été 1918, les socialistes-révolutionnaires de gauche bénéficièrent, jusqu’en février 1919, d’une relative clémence. Leur dirigeante historique, Maria Spiridonova, présida, en décembre 1918, un congrès de son parti, toléré par les bolcheviks. Ayant vigoureusement condamné la terreur pratiquée quotidiennement par la Tcheka, elle fut arrêtée, en même temps que deux cent dix autres militants, le 10 février 1919, et condamnée par le Tribunal révolutionnaire à « la détention en sanatorium étant donné son état hystérique » ; il s’agit là du premier exemple, sous le régime soviétique, d’enfermement d’un opposant politique dans un établissement psychiatrique ; Maria Spiridonova parvint à s’évader et à diriger, dans la clandestinité, le Parti socialiste-révolutionnaire de gauche interdit par les bolcheviks. Selon des sources tchékistes, 58 organisations socialistes-révolutionnaires de gauche auraient été démantelées en 1919, et 45 en 1920. Au cours de ces deux années, 1 875 militants auraient été emprisonnés en qualité d’otages, conformément aux directives de DzeIjinski, qui avait déclaré, le 18 mars 1919 : « Dorénavant, la Tcheka ne fera plus de distinction entre les Gardes blancs du type Krasnov et les Gardes blancs du camp socialiste. […] Les SR et les mencheviks arrêtés seront considérés comme des otages et leur sort dépendra du comportement politique de leur parti. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1920

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Lénine a violemment réprimé les socialistes en 1920
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« Durant l’été 1920, plus de deux mille militants socialistes-révolutionnaires et mencheviks, dûment fichés, furent arrêtés et incarcérés comme otages. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1921 après l'introduction de la NEP

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Lénine a violemment réprimé les socialistes en 1921
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« Loin de marquer un relâchement dans la politique répressive, l’introduction de la NEP, à partir de mars 1921, s’accompagna d’une recrudescence de la répression contre les militants socialistes modérés. Cette répression n’était pas dictée par le danger de les voir s’opposer à la Nouvelle Politique économique, mais par le fait qu’ils l’avaient réclamée depuis longtemps, montrant ainsi leur perspicacité et la justesse de leur analyse. « La seule place des mencheviks et des SR, qu’ils soient déclarés ou camouflés, écrivait Lénine en avril 1921, c’est la prison. » Quelques mois plus tard, jugeant que les socialistes étaient encore trop « remuants », il écrivit : « Si les mencheviks et les SR montrent encore le bout de leur nez, les fusiller sans pitié ! » Entre mars et juin 1921, plus de deux mille militants et sympathisants socialistes modérés furent encore arrêtés. Tous les membres du Comité central du Parti menchevik se retrouvèrent en prison ; menacés de relégation en Sibérie, ils entamèrent, en janvier 1922, une grève de la faim ; douze dirigeants, dont Dan et Nikolaïevski, furent alors expulsés à l’étranger et arrivèrent à Berlin en février 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

En 1922 avec le procès des socialistes-révolutionnaires

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Lénine a violemment réprimé les socialistes en 1922
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« À l’occasion du procès des socialistes-révolutionnaires avait été appliqué le nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er juin 1922. Lénine avait tout particulièrement suivi l’élaboration de ce code qui devait légaliser la violence exercée à l’encontre des ennemis politiques, la phase de l’élimination expéditive, justifiée par la guerre civile, étant officiellement close. Les premières ébauches soumises à Lénine appelèrent de sa part, le 15 mai 1922, ces remarques adressées à Kourskii, commissaire du peuple à la Justice : « A mon avis, il faut élargir le champ d’application de la peine de mort à toutes les formes d’activités des mencheviks, socialistes-révolutionnaires, etc. Trouver une nouvelle peine qui serait le bannissement à l’étranger. Et mettre au point une formulation qui lie ces activités à la bourgeoisie internationale. » Deux jours plus tard, Lénine écrivait à nouveau : « Camarade Kourskii, je veux ajouter à notre entretien cette ébauche d’un paragraphe complémentaire pour le Code pénal. […] L’essentiel est clair, je crois. Il faut poser ouvertement le principe, juste politiquement – et pas seulement en termes étroitement juridiques –, qui motive l’essence et la justification de la terreur, sa nécessité, ses limites. Le tribunal ne doit pas supprimer la terreur, le dire serait se mentir ou mentir ; mais la fonder, la légaliser dans les principes, clairement, sans tricher ou farder la vérité. La formulation doit être la plus ouverte possible, car seule la conscience légale révolutionnaire et la conscience révolutionnaire créent les conditions d’application dans les faits. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Quelques semaines après ces parodies de jugement s’ouvrit à Moscou, le 6 juin 1922, un grand procès public, annoncé dans la presse depuis le 28 février : le procès de trente-quatre socialistes-révolutionnaires accusés d’avoir mené des « activités contre-révolutionnaires et terroristes contre le gouvernement soviétique », parmi lesquelles figuraient notamment l’attentat du 31 août 1918 contre Lénine et la « direction politique » de la révolte paysanne de Tambov. Selon une pratique qui allait être largement utilisée dans les années 30, les accusés constituaient un ensemble hétérogène d’authentiques dirigeants politiques, dont douze membres du Comité central du Parti socialiste-révolutionnaire, dirigé par Abraham Gots et Dimitri Donskoï, et d’agents provocateurs chargés de témoigner contre leurs coaccusés et de « confesser leurs crimes ». Ce procès permit aussi, comme l’écrit Hélène Carrère d’Encausse, de« tester la méthode des accusations emboîtées comme des poupées russes, qui, partant d’un fait exact – dès 1918, les socialistes-révolutionnaires s’étaient bien opposés à l’absolutisme dirigeant des bolcheviks –, aboutit au principe… que toute opposition équivaut en dernier ressort à coopérer avec la bourgeoisie internationale ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections [ modifier ]