Lénine a violemment réprimé les ouvriers d'Astrakhan au printemps 1919

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À Toula
À Astrakhan
Dans les usines Poutilov
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« La ville d’Astrakhan, près de l’embouchure de la Volga, avait, au printemps 1919, une importance stratégique toute particulière ; elle constituait le dernier verrou bolchevique empêchant la jonction des troupes de l’amiral Koltchak, au nord-est, et celles du général Denikine, au sud-ouest. Sans doute cette circonstance explique-t-elle l’extraordinaire violence avec laquelle fut réprimée, en mars 1919, la grève ouvrière dans cette ville. Commencée début mars pour des raisons à la fois économiques – les normes de rationnement très basses – et politiques – l’arrestation de militants socialistes –, la grève dégénéra le 10 mars, lorsque le 45e régiment d’infanterie refusa de tirer sur les ouvriers qui défilaient au centre-ville. Se joignant aux grévistes, les soldats mirent à sac le siège du Parti bolchevique, tuant plusieurs responsables. Serge Kirov, président du Comité militaire révolutionnaire de la région, ordonna alors « l’extermination sans merci des poux Gardes blancs par tous les moyens ». Les troupes restées fidèles au régime et les détachements de la Tcheka bloquèrent tous les accès à la ville, avant d’en entreprendre méthodiquement la reconquête. Lorsque les prisons furent pleines à craquer, mutins et grévistes furent embarqués sur des péniches d’où ils furent précipités, par centaines, une pierre au cou, dans la Volga. Du 12 au 14 mars, on fusilla et noya entre deux mille et quatre mille ouvriers grévistes et mutins. À partir du 15, la répression frappa les « bourgeois » de la ville, sous prétexte qu’ils avaient « inspiré » le complot « Garde blanc », dont les ouvriers et les soldats n’auraient été que la piétaille. Durant deux jours, les riches demeures marchandes d’Astrakhan furent livrées au pillage, leurs propriétaires arrêtés et fusillés. Les évaluations, incertaines, du nombre des victimes « bourgeoises » des massacres d’Astrakhan oscillent entre six cents et mille personnes. Au total, en une semaine, entre trois mille et cinq mille personnes furent exécutées ou noyées. Quant au nombre de communistes tués et inhumés en grande pompe le 18 mars – jour anniversaire de la Commune de Paris, comme le soulignèrent les autorités –, il s’élevait à quarante-sept. Longtemps évoqué comme un simple épisode de la guerre entre Rouges et Blancs, la tuerie d’Astrakhan révèle aujourd’hui, à la lumière des documents d’archives disponibles, sa véritable nature : le plus grand massacre d’ouvriers accompli par le pouvoir bolchevique avant celui de Kronstadt. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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