Lénine a violemment réprimé les ouvriers au printemps 1919

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1918
Lénine a violemment réprimé les ouvriers au printemps 1919
Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1920 suite aux mesures de militarisation du travail
Lénine a violemment réprimé les ouvriers de Petrograd en 1921
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Présentation de l'argument

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Citations

« Le printemps 1919 fut marqué par de très nombreuses grèves, sauvagement réprimées, dans plusieurs centres ouvriers de Russie, à Toula, Sormovo, Orel, Briansk, Tver, Ivanovo-Voznessensk, Astrakhan. Les revendications ouvrières étaient presque partout identiques. Réduits à la faim par des salaires de misère qui couvraient tout juste le prix d’une carte de rationnement assurant une demi-livre de pain par jour, les grévistes réclamaient d’abord l’alignement de leurs rations sur celles des soldats de l’Armée rouge. Mais leurs demandes étaient aussi et avant tout politiques : suppression des privilèges pour les communistes, libération de tous les prisonniers politiques, élections libres au comité d’usine et au soviet, cessation de la conscription dans l’Armée rouge, liberté d’association, d’expression, de presse, etc. Ce qui rendait ces mouvements dangereux aux yeux du pouvoir bolchevique, c’est qu’ils ralliaient souvent les unités militaires encasernées dans les villes ouvrières. À Orel, Briansk, Gomel, Astrakhan, les soldats mutinés se joignirent aux grévistes, aux cris de « Mort aux youpins, à bas les commissaires bolcheviques ! », occupant et pillant une partie de la ville qui ne fut reconquise par les détachements de la Tcheka et les troupes restées fidèles au régime qu’à l’issue de plusieurs jours de combat. Face à ces grèves et à ces mutineries, la répression fut diverse. Elle alla du lock-out massif de l’ensemble des usines, avec confiscation des cartes de ravitaillement – une des armes les plus efficaces du pouvoir bolchevique était l’arme de la faim – jusqu’à l’exécution massive, par centaines, des grévistes et des mutins. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments

À Toula

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers de Toula au printemps 1919
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« Parmi les épisodes répressifs les plus significatifs figurent, en mars-avril 1919, ceux de Toula et d’Astrakhan. Dzerjinski se rendit en personne à Toula, capitale historique de l’armurerie en Russie, le 3 avril 1919, pour liquider la grève des ouvriers des usines d’armement. Durant l’hiver 1918-1919, ces usines, vitales pour l’Armée rouge – on y fabriquait 80 % des fusils produits en Russie –, avaient déjà été le théâtre de débrayages et de grèves. Mencheviks et socialistes-révolutionnaires étaient largement majoritaires parmi les militants politiques implantés dans ce milieu ouvrier hautement qualifié. L’arrestation, début mars 1919, de centaines de militants socialistes suscita une vague de protestations, qui culmina le 27 mars lors d’une immense « marche pour la liberté et contre la faim » rassemblant des milliers d’ouvriers et de cheminots. Le 4 avril, Dzerjinski fit arrêter encore huit cents « meneurs » et évacuer par la force les usines occupées depuis plusieurs semaines par les grévistes. Tous les ouvriers furent licenciés. La résistance ouvrière fut brisée par l’arme de la faim. Depuis plusieurs semaines, les cartes de ravitaillement n’étaient plus honorées. Pour obtenir de nouvelles cartes, donnant droit à 250 g de pain, et retrouver leur travail après le lock-out général, les ouvriers durent signer une demande d’embauche qui stipulait notamment que tout arrêt de travail serait désormais assimilé à une désertion passible de la peine de mort. Le 10 avril, la production reprenait. La veille, vingt-six « meneurs » avaient été passés par les armes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

À Astrakhan

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers d'Astrakhan au printemps 1919
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« La ville d’Astrakhan, près de l’embouchure de la Volga, avait, au printemps 1919, une importance stratégique toute particulière ; elle constituait le dernier verrou bolchevique empêchant la jonction des troupes de l’amiral Koltchak, au nord-est, et celles du général Denikine, au sud-ouest. Sans doute cette circonstance explique-t-elle l’extraordinaire violence avec laquelle fut réprimée, en mars 1919, la grève ouvrière dans cette ville. Commencée début mars pour des raisons à la fois économiques – les normes de rationnement très basses – et politiques – l’arrestation de militants socialistes –, la grève dégénéra le 10 mars, lorsque le 45e régiment d’infanterie refusa de tirer sur les ouvriers qui défilaient au centre-ville. Se joignant aux grévistes, les soldats mirent à sac le siège du Parti bolchevique, tuant plusieurs responsables. Serge Kirov, président du Comité militaire révolutionnaire de la région, ordonna alors « l’extermination sans merci des poux Gardes blancs par tous les moyens ». Les troupes restées fidèles au régime et les détachements de la Tcheka bloquèrent tous les accès à la ville, avant d’en entreprendre méthodiquement la reconquête. Lorsque les prisons furent pleines à craquer, mutins et grévistes furent embarqués sur des péniches d’où ils furent précipités, par centaines, une pierre au cou, dans la Volga. Du 12 au 14 mars, on fusilla et noya entre deux mille et quatre mille ouvriers grévistes et mutins. À partir du 15, la répression frappa les « bourgeois » de la ville, sous prétexte qu’ils avaient « inspiré » le complot « Garde blanc », dont les ouvriers et les soldats n’auraient été que la piétaille. Durant deux jours, les riches demeures marchandes d’Astrakhan furent livrées au pillage, leurs propriétaires arrêtés et fusillés. Les évaluations, incertaines, du nombre des victimes « bourgeoises » des massacres d’Astrakhan oscillent entre six cents et mille personnes. Au total, en une semaine, entre trois mille et cinq mille personnes furent exécutées ou noyées. Quant au nombre de communistes tués et inhumés en grande pompe le 18 mars – jour anniversaire de la Commune de Paris, comme le soulignèrent les autorités –, il s’élevait à quarante-sept. Longtemps évoqué comme un simple épisode de la guerre entre Rouges et Blancs, la tuerie d’Astrakhan révèle aujourd’hui, à la lumière des documents d’archives disponibles, sa véritable nature : le plus grand massacre d’ouvriers accompli par le pouvoir bolchevique avant celui de Kronstadt. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Dans les usines Poutilov

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Lénine a violemment réprimé les ouvriers des usines Poutilov au printemps 1919
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« Le 10 mars 1919, l’assemblée générale des ouvriers des usines Poutilov, en présence de dix mille participants, adopta une proclamation condamnant solennellement les bolcheviks : « Ce gouvernement n’est que la dictature du Comité central du Parti communiste qui gouverne avec l’aide de la Tcheka et des tribunaux révolutionnaires. » La proclamation exigeait le passage de tout le pouvoir aux soviets, la liberté des élections aux soviets et aux comités d’usine, la suppression des limitations sur les quantités de nourriture que les ouvriers étaient autorisés à apporter de la campagne à Petrograd (1,5 poud, soit 24 kilos), la libération de tous les prisonniers politiques des « authentiques partis révolutionnaires », et tout particulièrement de Maria Spiridonova. Pour tenter de freiner un mouvement qui prenait chaque jour plus d’ampleur, Lénine en personne se rendit, les 12 et 13 mars 1919, à Petrograd. Mais, quand il voulut prendre la parole dans les usines en grève occupées par les ouvriers, il fut conspué en même temps que Zinoviev aux cris de : « À bas les Juifs et les commissaires ! » Le vieux fond d’antisémitisme populaire, toujours prêt à refaire surface, associa immédiatement Juifs et bolcheviks, aussitôt que ceux-ci eurent perdu le crédit dont ils avaient momentanément joui, aux lendemains de la révolution d’Octobre 1917. Le fait qu’une proportion importante des dirigeants bolcheviques les plus connus (Trotski, Zinoviev, Kamenev, Rykov, Radek, etc.) étaient juifs justifiait, aux yeux des masses, cet amalgame bolcheviks-Juifs. Le 16 mars 1919, les détachements de la Tcheka prirent d’assaut l’usine Poutilov défendue les armes à la main. Neuf cents ouvriers environ furent arrêtés. Au cours des jours suivants, près de deux cents grévistes furent exécutés sans jugement à la forteresse de Sch1üsselbourg, distante d’une cinquantaine de kilomètres de Petrograd. Selon un nouveau rituel, les grévistes, tous licenciés, ne furent réembauchés qu’après avoir signé une déclaration dans laquelle ils reconnaissaient avoir été abusés et « induits au crime » par des meneurs contre-révolutionnaires. Désormais, les ouvriers allaient être sous haute surveillance. À partir du printemps 1919, le département secret de la Tcheka mit en place, dans un certain nombre de centres ouvriers, tout un réseau d’indicateurs chargés de l’informer régulièrement sur « l’état d’esprit » dans telle ou telle usine. Classes laborieuses, classes dangereuses… »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections

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Références

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