Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Kronstadt

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a violemment réprimé les anarchistes dès 1918
Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Makhno
Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Kronstadt
Les bolchéviks ont commis des erreurs concernant le soulèvement des marins de Kronstadt
Les bolchéviks ont dû réprimer le soulèvement des marins de Kronstadt pour préserver la révolution
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Présentation de l'argument

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Citations

« Pour briser net le mouvement, la tcheka de Petrograd reçut l’ordre, le 7 mars, d’« entreprendre des actions décisives contre les ouvriers ». En quarante-huit heures, plus de deux mille ouvriers, sympathisants et militants socialistes ou anarchistes, furent arrêtés. À la différence des mutins, les ouvriers n’avaient pas d’armes et ne pouvaient guère opposer de résistance face aux détachements de la Tcheka. Ayant brisé la base arrière de l’insurrection, les bolcheviks préparèrent minutieusement l’assaut contre Kronstadt. Le général Toukhatchevski fut chargé de liquider la rébellion. Pour tirer sur le peuple, le vainqueur de la campagne de Pologne de 1920 fit appel aux jeunes recrues de l’École militaire, sans tradition révolutionnaire, ainsi qu’aux troupes spéciales de la Tcheka. Les opérations s’engagèrent le 8 mars. Dix jours plus tard, Kronstadt tombait au prix de milliers de morts de part et d’autre. La répression de l’insurrection fut impitoyable. Plusieurs centaines d’insurgés prisonniers furent passés par les armes dans les jours qui suivirent leur défaite. Les archives récemment publiées font état, pour les seuls mois d’avril-juin 1921, de 2103 condamnations à mort et de 6459 condamnations à des peines de prison ou de camp. Juste avant la prise de Kronstadt, près de huit mille personnes avaient réussi à s’enfuir, à travers les étendues glacées du golfe, jusqu’en Finlande, où elles furent internées dans des camps de transit, à Terijoki, Vyborg et Ino. Trompées par une promesse d’amnistie, nombre d’entre elles rentrèrent en 1922 en Russie où elles furent aussitôt arrêtées et envoyées dans les camps des îles Solovki et à Kholmogory, l’un des plus sinistres camps de concentration, près d’Arkhangelsk. Selon une source émanant de milieux anarchistes, sur les cinq mille détenus de Kronstadt envoyés à Kholmogory, moins de mille cinq cents étaient encore en vie au printemps 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments

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Objections

La révolte de Kronstadt avait un caractère contre-révolutionnaire

Page détaillée
La révolte de Kronstadt avait un caractère contre-révolutionnaire
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« Les marins avaient des canons et des bateaux. Tous les éléments réactionnaires, aussi bien en Russie qu'à l'étranger, se raccrochèrent alors à l'insurrection. L'émigration blanche réclamait l'envoi de renforts aux insurgés. La victoire de l'insurrection n'aurait rien apporté que la victoire de la contre-révolution, indépendamment des idées qui pouvaient être dans la tête des marins. Mais ces idées mêmes étaient profondément réactionnaires. Elles reflétaient l'hostilité de la paysannerie arriérée à l'ouvrier, l'arrogance du soldat ou du marin pour le Pétersbourg « civil », la haine du petit-bourgeois pour la discipline révolutionnaire. Ainsi le mouvement avait un caractère contre-révolutionnaire, et, comme les insurgés s'étaient emparés des armes de la forteresse, on ne pouvait les écraser que par les armes. »
Léon Trotski, « Réponse à des questions de morale et d’histoire », 6 juillet 1937.
« Si on ne se laisse pas abuser par des mots d'ordre pompeux, de fausses étiquettes, etc., le soulèvement de Cronstadt n'apparaît que comme une réaction armée de la petite bourgeoisie contre les difficultés de la révolution socialiste et la rigueur de la dictature prolétarienne. C'est précisément la signification du mot d'ordre de Cronstadt, « Les soviets sans communistes », dont se sont immédiatement emparé non seulement les socialistes-révolutionnaires, mais aussi les libéraux bourgeois. En tant que représentant le plus perspicace du capital, le professeur Milioukov comprenait qu'affranchir les soviets de la direction des communistes, c'était tuer à bref délai les soviets. C'est confirmé par l'expérience des soviets russes dans la période du règne des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires et plus clairement encore par l'expérience des soviets allemands et autrichiens sous le règne de la social-démocratie. Les soviets dominés par les socialistes-révolutionnaires et les anarchistes ne pouvaient servir que de marchepieds pour passer de la dictature du prolétariat à la restauration capitaliste. Ils n'auraient pu jouer aucun autre rôle, quelles qu'aient été les « idées » de leurs membres. Le soulèvement de Cronstadt avait ainsi un caractère contre-révolutionnaire. »
Léon Trotski, « Beaucoup de tapage autour de Cronstadt », 15 janvier 1938.

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Références

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