Lénine a violemment réprimé les anarchistes

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Lénine a mené la terreur contre ses opposants
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a violemment réprimé les paysans
Lénine a violemment réprimé les ouvriers
Lénine a violemment réprimé les socialistes
Lénine a violemment réprimé les anarchistes
Lénine a fiché et expulsé les intellectuels
Lénine a exterminé les Cosaques
Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe
Lénine a violemment réprimé les ecclésiastiques
Lénine a fait massacrer la famille impériale
Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.
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Présentation de l'argument

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Citations

« Un des premiers faits d’armes de celle-ci [la Tcheka] avait été l’assaut, lancé le 11 avril 1918, contre les anarchistes de Moscou, dont plusieurs dizaines avaient été exécutés sur-le-champ. La lutte contre les anarchistes ne se relâcha pas au cours des années suivantes, bien qu’un certain nombre d’entre eux eussent rejoint les rangs des bolcheviks, occupant même des postes importants à la Tcheka, comme Alexandre Goldberg, Mikhail Brener ou Timofei Samsonov. Le dilemme de la majorité des anarchistes, qui refusaient à la fois la dictature bolchevique et le retour des partisans de l’Ancien Régime, est illustré par les volte-face du grand leader anarchiste paysan Makhno, qui dut à la fois faire cause commune avec l’Armée rouge contre les Blancs, puis, une fois la menace blanche écartée, combattre les Rouges pour tenter de sauvegarder ses idéaux. Des milliers de militants anarchistes anonymes furent exécutés en tant que « bandits » lors de la répression menée contre les armées paysannes de Makhno et de ses partisans. Ces paysans constituèrent, semble-t-il, l’immense majorité des victimes anarchistes, si l’on en croit le bilan, incomplet sans doute mais seul disponible, de la répression bolchevique présenté par les anarchistes russes en exil à Berlin en 1922. Ce bilan faisait état de 138 militants anarchistes exécutés durant les années 1919-1921, 281 exilés et 608 toujours emprisonnés au 1er janvier 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments

Dès 1918

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Lénine a violemment réprimé les anarchistes dès 1918
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« La Tcheka lança sa première opération d’envergure dans la nuit du 11 au 12 avril 1918 : plus de mille hommes de ses troupes spéciales prirent d’assaut à Moscou une vingtaine de maisons tenues par des anarchistes. À l’issue de plusieurs heures d’un combat acharné, 520 anarchistes furent arrêtés et 25 d’entre eux furent sommairement exécutés comme « bandits », une dénomination qui, dès lors, allait servir à désigner ouvriers en grève, déserteurs fuyant la conscription ou paysans insurgés contre les réquisitions. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Contre Makhno

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Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Makhno
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« Le dilemme de la majorité des anarchistes, qui refusaient à la fois la dictature bolchevique et le retour des partisans de l’Ancien Régime, est illustré par les volte-face du grand leader anarchiste paysan Makhno, qui dut à la fois faire cause commune avec l’Armée rouge contre les Blancs, puis, une fois la menace blanche écartée, combattre les Rouges pour tenter de sauvegarder ses idéaux. Des milliers de militants anarchistes anonymes furent exécutés en tant que « bandits » lors de la répression menée contre les armées paysannes de Makhno et de ses partisans. Ces paysans constituèrent, semble-t-il, l’immense majorité des victimes anarchistes, si l’on en croit le bilan, incomplet sans doute mais seul disponible, de la répression bolchevique présenté par les anarchistes russes en exil à Berlin en 1922. Ce bilan faisait état de 138 militants anarchistes exécutés durant les années 1919-1921, 281 exilés et 608 toujours emprisonnés au 1er janvier 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

À Kronstadt

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Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Kronstadt
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« Pour briser net le mouvement, la tcheka de Petrograd reçut l’ordre, le 7 mars, d’« entreprendre des actions décisives contre les ouvriers ». En quarante-huit heures, plus de deux mille ouvriers, sympathisants et militants socialistes ou anarchistes, furent arrêtés. À la différence des mutins, les ouvriers n’avaient pas d’armes et ne pouvaient guère opposer de résistance face aux détachements de la Tcheka. Ayant brisé la base arrière de l’insurrection, les bolcheviks préparèrent minutieusement l’assaut contre Kronstadt. Le général Toukhatchevski fut chargé de liquider la rébellion. Pour tirer sur le peuple, le vainqueur de la campagne de Pologne de 1920 fit appel aux jeunes recrues de l’École militaire, sans tradition révolutionnaire, ainsi qu’aux troupes spéciales de la Tcheka. Les opérations s’engagèrent le 8 mars. Dix jours plus tard, Kronstadt tombait au prix de milliers de morts de part et d’autre. La répression de l’insurrection fut impitoyable. Plusieurs centaines d’insurgés prisonniers furent passés par les armes dans les jours qui suivirent leur défaite. Les archives récemment publiées font état, pour les seuls mois d’avril-juin 1921, de 2103 condamnations à mort et de 6459 condamnations à des peines de prison ou de camp. Juste avant la prise de Kronstadt, près de huit mille personnes avaient réussi à s’enfuir, à travers les étendues glacées du golfe, jusqu’en Finlande, où elles furent internées dans des camps de transit, à Terijoki, Vyborg et Ino. Trompées par une promesse d’amnistie, nombre d’entre elles rentrèrent en 1922 en Russie où elles furent aussitôt arrêtées et envoyées dans les camps des îles Solovki et à Kholmogory, l’un des plus sinistres camps de concentration, près d’Arkhangelsk. Selon une source émanant de milieux anarchistes, sur les cinq mille détenus de Kronstadt envoyés à Kholmogory, moins de mille cinq cents étaient encore en vie au printemps 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections

Les bolchéviks devaient tenir

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Les bolchéviks ont dû réprimer le soulèvement des marins de Kronstadt pour préserver la révolution
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« Au début de 1921, le soulèvement des marins de Cronstadt fut précisément une protestation contre ce régime économique et la dictature du Parti. Quelles que soient ses intentions et sa probité, un parti qui gouverne un pays affamé ne saurait garder sa popularité. La spontanéité des masses s’était éteinte ; les sacrifices et les privations usaient la minorité active de la révolution. Les hivers glacés, les rations insuffisantes, les épidémies, les réquisitions dans les campagnes répandaient la rancune, une sorte de désespoir, l’idéologie confuse de la contre-révolution pour le pain blanc. Si le Parti bolchevik lâchait les rênes du pouvoir, qui, dans cette situation, prendrait sa succession ? Son devoir n’était-il pas de tenir ? »
Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

Les bolchéviks ont commis des erreurs

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Les bolchéviks ont commis des erreurs concernant le soulèvement des marins de Kronstadt
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« Les erreurs et les fautes du pouvoir se nouent autour de Cronstadt, 1921. Les marins ne se révoltèrent pas que parce que Kalinine refusa brutalement de les entendre. Où il fallait de la persuasion et de la compréhension, le président du Comité exécutif des Soviets n’employa que la menace et l’insulte. La délégation de Cronstadt au Soviet de Petrograd, au lieu d’être fraternellement reçue pour des négociations, fut arrêtée par la Tchéka. La vérité sur le conflit fut cachée au pays et au parti par la presse qui, pour la première fois, mentit au grand jour en publiant qu’un général blanc, Kozlovski, exerçait l’autorité à Cronstadt. La médiation proposée par des anarchistes américains influents et bienveillants, Emma Goldman et Alexandre Berkman, fut repoussée. Les canons tonnèrent dans une bataille fratricide et la Tchéka, ensuite, fusilla ses prisonniers. […] Lénine, en proclamant la fin du « communisme de guerre » et la « nouvelle politique économique », satisfit les revendications économiques de Cronstadt, après la bataille et le massacre. Il reconnut ainsi que le Parti et lui-même s’étaient enferrés en maintenant un régime intenable et dont Trotsky avait du reste dénoncé les périls et proposé le changement un an auparavant. »
Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

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Références

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Débat parent