Lénine a réalisé l'épuration du parti

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Lénine a théorisé l'épuration du parti
Lénine a réalisé l'épuration du parti
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Citations

« Lénine, qui ne reculera jamais devant la menace d’une scission, est tout disposé à exclure les récalcitrants : il profite du congrès [du Parti ouvrier social-démocrate de Russie de 1903] pour faire exclure de la direction de l’Iskra [le journal du parti] trois des dirigeants les plus connus – Axelrod, Zassoulitch et Martov – qui s’opposent à sa conception, et pour s’emparer de la direction du journal. Cette pratique de l’épuration est l’application de la phrase de Lassalle, citée en exergue de Que faire ? : « Le parti se renforce en s’épurant ». À partir du 7 novembre 1917, cet adage sera étendu à la société entière et prendra sous Staline de gigantesques proportions. Se met ainsi en place la logique de monopole du pouvoir d’une faction au sein du parti, elle-même commandée par la logique autocratique qui relève du principe du chef – devenu chez les nazis le Führerprinzip –, l’une des bases du phénomène totalitaire. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« Cet organisme interne au parti [la Commission centrale de contrôle : CCC], qui devait au départ assurer une meilleure gestion des militants et éviter que des affectations dans certains lieux – des petits déserts torrides, se plaignait Alexandra Kollontaï – ne soient en fait des sanctions politiques contre le groupe de l’Opposition ouvrière ou les Centralistes démocratiques, qui ont une existence légitime dans le parti jusqu’au Xe Congrès en 1921. Mais rapidement la CCC va collaborer avec la Tcheka pour lutter contre les mauvais communistes. Si l’on fait donc, à la manière d’Hannah Arendt ou de Raymond Aron, de la terreur sur le parti le signe le plus visible du totalitarisme, ce n’est pas de 1937 qu’il faut la dater, mais de la naissance de la CCC en 1920. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
« Au printemps 1921, peu après le Xe Congrès, contre les propriétaires fonciers, bourgeois et autres canailles infiltrés dans le parti et qui se livrent à des brimades contre les paysans, Lénine réclame « l’épuration par la terreur, la justice sommaire, l’exécution sans phrase » et ceci dans le texte sur L’Impôt en nature qui a, en quelque sorte, donné son fondement doctrinal à la NEP. Ainsi la NEP voit s’institutionnaliser la terreur sur des membres du parti considérés comme de « mauvais communistes », alors qu’antérieurement au Xe Congrès, les attaques portaient sur des groupes politiques organisés. Dans les faits, la terreur physique sur les membres du parti est de faible ampleur dans cette période [la période de la NEP], mais Lénine en ouvre la possibilité sur une grande échelle. En tout état de cause, on ne peut sous-estimer l’importance dans la domination léniniste de la violence psychique, par distinction d’avec la violence physique : et l’on sait que celle-ci peut être aussi terrorisante que la seconde – l’analyse de la manipulation de la violence psychique par les institutions de pouvoir hiérocratique le rappellerait. La menace de l’épuration est, pour les communistes sincères, crainte autant que l’excommunication, et l’expulsion du parti est pour tous une chute dégradante. En même temps que la perte de privilèges et d’espoirs. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.

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