Lénine a fiché et expulsé les intellectuels

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Lénine a mené la terreur contre ses opposants
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a violemment réprimé les paysans
Lénine a violemment réprimé les ouvriers
Lénine a violemment réprimé les socialistes
Lénine a violemment réprimé les anarchistes
Lénine a fiché et expulsé les intellectuels
Lénine a exterminé les Cosaques
Lénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe
Lénine a violemment réprimé les ecclésiastiques
Lénine a fait massacrer la famille impériale
Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.
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Présentation de l'argument

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Citations

« Depuis le début 1922, Lénine était entré en guerre contre l’intelligentsia, faisant fermer revues, journaux et départements universitaires. Mais c’est le 19 mai qu’il demanda à Dzerjinski de préparer « la déportation à l’étranger des écrivains et des professeurs qui aident la contre-révolution ». Une commission spéciale du Bureau politique fut formée à cet effet et, pour que les choses se fassent « dans la légalité », Lénine mit en chantier un nouveau Code pénal et ajouta à l’article 57 une clause de « clémence » : l’expulsion administrative – sans jugement – à l’étranger. Le 25 mai, Lénine eut sa première attaque cérébrale ; mais à peine remis, sa préoccupation fut de demander à Staline, secrétaire général du parti communiste, des comptes sur les intellectuels à expulser ; indiquant que la Tcheka devait « dresser des listes », il ajoutait : « plusieurs centaines de ces gentlemen doivent être expulsés dehors sans pitié. Nous allons nettoyer la Russie une fois pour toutes. […] Ils doivent tous être virés de Russie » ; et il n’hésitait pas à dénoncer nommément ses futures victimes. Il inaugurait ainsi la pratique des quotas de répression établis à l’avance, dont Staline allait faire un si large usage lors de la Grande Terreur. Lénine ordonna que la Tcheka fabriquât un dossier d’accusation pour chacun des futurs expulsés, ce qui n’était pas facile tant on ne pouvait leur reprocher que leurs idées. Le 10 août 1922 fut rendu public le nouvel article 57 qui autorisait les expulsions administratives. Comme l’avait déclaré Lénine en mars : « Dans la sphère économique, la retraite continue, dans le domaine politique, l’assaut continue ». Déjà le 6 juin, il avait créé le Glavlit, organe, durant des décennies, de la censure de toutes les publications et de contrôle de la pensée. Et comme le 15 septembre 1922 Gorki, depuis son exil, lui avait écrit pour le mettre en garde contre ces expulsions, Lénine lui répondit avec son élégance coutumière : « […] les intellectuels, les laquais du capital, pensent qu’ils sont le cerveau de la nation. En réalité, ils n’en sont pas le cerveau, ils en sont la merde ». »
Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« Parallèlement à ces expulsions, la police politique continuait le fichage de tous les intellectuels suspects de second rang, promis soit à la déportation administrative dans des parties reculées du pays, légalisée par un décret du 10 août 1922, soit au camp de concentration. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-arguments

L'expulsion des intellectuels

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Lénine a expulsé les intellectuels dès 1922
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« Dès le 22 mai [1922], le Bureau politique mit sur pied une Commission spéciale, comprenant notamment Kamenev, Kourskii, Unschlicht, Mantsev (deux adjoints directs de Dzerjinski), chargée de ficher un certain nombre d’intellectuels pour arrestation, puis expulsion. Les premiers à être expulsés, en juin 1922, furent les deux principaux dirigeants de l'ex-Comité social de lutte contre la famine, Serge Prokopovitch et Ekaterina Kouskova. Un premier groupe de cent soixante intellectuels renommés, philosophes, écrivains, historiens, professeurs d’université, arrêtés les 16 et 17 août, fut expulsé par bateau en septembre. Y figuraient notamment quelques noms qui avaient déjà acquis ou devaient acquérir une renommée internationale : Nikolaï Berdiaev, Serge Boulgakov, Semion Frank, Nikolaï Losski, Lev Karsavine, Fedor Stepoun, Serge Troubetskoï, Alexandre Izgoïev, Ivan Lapchine, Mikhaïl Ossorguine, Alexandre Kiesewetter … Chacun dut signer un document stipulant qu’en cas de retour en URSS il serait immédiatement fusillé. L’expulsé était autorisé à emporter un manteau d’hiver et un manteau d’été, un costume et du linge de corps de rechange, deux chemises de jour et deux de nuit, deux caleçons, deux paires de chaussettes ! Outre ces effets personnels, chaque expulsé avait le droit d’emporter vingt dollars en devises. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
« Depuis le début 1922, Lénine était entré en guerre contre l’intelligentsia, faisant fermer revues, journaux et départements universitaires. Mais c’est le 19 mai qu’il demanda à Dzerjinski de préparer « la déportation à l’étranger des écrivains et des professeurs qui aident la contre-révolution ». Une commission spéciale du Bureau politique fut formée à cet effet et, pour que les choses se fassent « dans la légalité », Lénine mit en chantier un nouveau Code pénal et ajouta à l’article 57 une clause de « clémence » : l’expulsion administrative – sans jugement – à l’étranger. Le 25 mai, Lénine eut sa première attaque cérébrale ; mais à peine remis, sa préoccupation fut de demander à Staline, secrétaire général du parti communiste, des comptes sur les intellectuels à expulser ; indiquant que la Tcheka devait « dresser des listes », il ajoutait : « plusieurs centaines de ces gentlemen doivent être expulsés dehors sans pitié. Nous allons nettoyer la Russie une fois pour toutes. […] Ils doivent tous être virés de Russie » ; et il n’hésitait pas à dénoncer nommément ses futures victimes. Il inaugurait ainsi la pratique des quotas de répression établis à l’avance, dont Staline allait faire un si large usage lors de la Grande Terreur. Lénine ordonna que la Tcheka fabriquât un dossier d’accusation pour chacun des futurs expulsés, ce qui n’était pas facile tant on ne pouvait leur reprocher que leurs idées. Le 10 août 1922 fut rendu public le nouvel article 57 qui autorisait les expulsions administratives. Comme l’avait déclaré Lénine en mars : « Dans la sphère économique, la retraite continue, dans le domaine politique, l’assaut continue ». Déjà le 6 juin, il avait créé le Glavlit, organe, durant des décennies, de la censure de toutes les publications et de contrôle de la pensée. Et comme le 15 septembre 1922 Gorki, depuis son exil, lui avait écrit pour le mettre en garde contre ces expulsions, Lénine lui répondit avec son élégance coutumière : « […] les intellectuels, les laquais du capital, pensent qu’ils sont le cerveau de la nation. En réalité, ils n’en sont pas le cerveau, ils en sont la merde ». »
Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

Le fichage des intellectuels

Page détaillée
Lénine a fiché les intellectuels dès 1922
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« Parallèlement à ces expulsions, la police politique continuait le fichage de tous les intellectuels suspects de second rang, promis soit à la déportation administrative dans des parties reculées du pays, légalisée par un décret du 10 août 1922, soit au camp de concentration. Le 5 septembre 1922, Dzerjinski écrivit à son adjoint Unschlicht : « Camarade Unschlicht ! Dans le domaine du fichage de l’intelligentsia, les choses sont encore bien artisanales ! Depuis le départ d’Agranov, nous n’avons plus de responsable compétent en ce domaine. Zaraïski est un peu trop jeune. Il me semble que, pour progresser, il faudrait que le camarade Menjinski prenne l’affaire en main. […] Il est indispensable de faire un bon plan de travail, que l’on corrigerait et compléterait régulièrement. Il faut classer toute l’intelligentsia en groupes et sous-groupes : 1) écrivains ; 2) journalistes et politiciens ; 3) économistes (indispensable· de faire des sous-groupes : a) financiers, b) spécialistes de l’énergie, c) spécialistes du transport, d) commerçants, e) spécialistes de la coopération, etc.) ; 4) spécialités techniques (ici, aussi, des sous-groupes s’imposent : a) ingénieurs, b) agronomes, c) médecins, etc.) ; 5) professeurs d’université et leurs assistants, etc., etc. Les informations sur tous ces messieurs doivent provenir de nos départements et être synthétisées par le département "Intelligentsia". Chaque intellectuel doit avoir chez nous son dossier. […] Il faut toujours avoir à l’esprit que le but de notre département n’est pas seulement d’expulser ou d’arrêter des individus, mais de contribuer à l’élaboration de la ligne politique générale vis-à-vis des spécialistes : les surveiller étroitement, les diviser, mais aussi promouvoir ceux qui sont prêts, pas seulement en paroles, mais en actes, à soutenir le pouvoir soviétique. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Objections

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Références

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