Lénine a fait l'éloge de la terreur

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SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine a encouragé les actes de terreur
Lénine donnait personnellement les ordres
Lénine a fait l'éloge de la terreur
Lénine a théorisé la dictature
Lénine a justifié théoriquement la terreur
La terreur est intrinsèque au léninisme
La Première Guerre mondiale a brutalisé la pensée de Lénine
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Présentation de l'argument

Stuart Chase, ce libéral américain que Lénine cite en septembre 1919 pour démontrer que la Terreur blanche en Finlande surpassa au printemps 1918 la répression rouge pendant toute l'année novembre 1917-novembre 1918, est un des futurs théoriciens du New Deal dans les années 1930. A ce titre s'il faut comparer Lénine et Staline c'est bien dans leur alliance avec les progressistes américains, Chase et Franklin Roosevelt, contre la réaction blanche et nazie... ou contre Churchill ministre interventionniste en 1918-1919, resté ultérieurement très conservateur (colonialiste en diable) malgré sa lucidité face à Hitler. Cela lui vaudra de perdre le pouvoir en 1945 au profit des travaillistes. De son côté, l'historien radical-socialiste de la révolution française Alphonse Aulard cite ici pêle-mêle Robespierre et Danton mais a toujours exprimé ses préférences pour le jacobinisme du second sur le premier.

Citations

« L’éloge de la terreur par Lénine, qui a toujours revendiqué son jacobinisme et a pris comme un honneur d’être traité de Robespierre et ceci dès l’apparition en 1903 de la fraction bolchevique au sein du Parti ouvrier social démocrate russe, est bien antérieur à 1922, ou même 1917. Et même à 1914 : un des points que je voudrais montrer, et qui répond au texte de Stéphane Courtois, est que l’impact de la guerre mondiale fut négligeable sur la valorisation de la terreur par Lénine et qu’elle ne fut pas une rupture. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
« Je souhaiterais surtout faire apparaître ce qu’est la fonction et le fonctionnement de la « terreur de masse » pour Lénine. La formule mérite des guillemets puisqu’elle appartient en propre au système conceptuel et lexical de Lénine : elle apparaît, au plus tard, pour la première fois dans le contexte de la révolution de 1905, elle est martelée pendant le printemps et l’été 1918. Mais le concept, sinon le terme, est utilisé ultérieurement ; ainsi, en avril 1921, Lénine affirme que les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires veulent « livrer les masses à la terreur des gardes blancs » mais qu’à la « terreur blanche » doit répondre la « terreur rouge ». Et, j’y insiste, dans tous les cas où il y fait référence, la « terreur de masse » conduite par les bolcheviks est valorisée. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
« Lénine considère que la participation la plus large du prolétariat à la terreur, mais bien sûr guidé par le parti, est souhaitable. En témoigne notamment sa protestation adressée à G. Zinoviev qui, en juin 1918, s’est opposé au « terrorisme de masse » en réponse à l’assassinat d’un dirigeant du Soviet de Petrograd. Le texte, daté du 26 juin 1918, vaut d’être cité en entier :

« Camarade Zinoviev,

C’est aujourd’hui seulement que nous avons su au CC [Comité Central] que les ouvriers de Petrograd voulaient répondre à l’assassinat de Volodarski par une action terroriste de masse et que vous (non personnellement, mais les membres du CC à Petrograd où les membres du CP [Comité de Petrograd]) les en aviez empêchés.

Je proteste énergiquement !

Nous nous compromettons : même dans les résolutions des Soviets des députés, nous brandissons la menace du terrorisme de masse, mais quand nous arrivons au fait, nous freinons l’initiative révolutionnaire des masses, parfaitement juste.

Cela est im-po-ssi-ble !

Les terroristes [sans doute des socialistes-révolutionnaires] vont nous prendre pour des chiffes. Le moment est d’une extrême gravité.

Il faut encourager l’énergie et le caractère de masse du terrorisme visant les contre-révolutionnaires, ceci particulièrement à Petrograd, car son exemple est décisif.

Salutations !

Lénine »

Cette directive s’inscrit dans une série de textes faisant l’éloge de l’insurrection armée, de la guerre civile et de la violence de masse. Ainsi, en janvier 1917, Lénine exposait-il son regret qu’en 1905 les paysans n’aient pas été assez combatifs pour « débarrasser définitivement la terre russe de cette ignominie qu’est la grande propriété foncière féodale » et pendant toute la révolution de 1905 il n’avait cessé d’appeler à la violence insurrectionnelle. »
Dominique Colas, « Lénine et la terreur de masse », Quand tombe la nuit, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2001.
« La bourgeoisie mondiale soutient les Maherheim et les Koltchak, soucieuse qu'elle est d'étouffer le pouvoir des Soviets et de le représenter sous un faux jour comme terroriste et non démocratique. Tels sont les faits. Et Kautsky, Martov, Tchernov et Cie ne sont que les thuriféraires de la bourgeoisie quand ils chantent leur petit air sur le terrorisme et la démocratie. C'est précisément à ses accents, c'est en l'employant à tromper les ouvriers que la bourgeoisie mondiale étouffe la révolution ouvrière. »
Lénine, « Comment la bourgeoisie utilise les rénégats », Oeuvres de Lénine, tome 30, p.24, 20 septembre 1919, Paris, 1964.
« "Le gouvernement actuel de Finlande, dès son accession au pouvoir, a exécuté de sang-froid en quelques jours 16.700 membres de l'ancienne république socialiste et en a interné dans les camps de concentration, les vouant à mourir de faim, 70. 000 autres. Alors qu'en Russie, le total des exécutions pour l'année qui s'est terminée le 1er novembre 1918 a été d'après les chiffres officiels de 3.800, ce nombre comprenant beaucoup de fonctionnaires vendus aussi bien que des contre-révolutionnaires. Le gouvernement finlandais a été infiniment plus terroriste que le gouvernement russe." »
Stuart Chase, cité par Lénine, « Manherheim et Kotchak », La Nouvelle République 25 juin 1919, p.Oeuvres de Lénine tome 30 p .23, 20 septembre 1919, Editions Sociales, Paris, 1964.

« Jusqu'à présent, la petite bourgeoisie d'Europe nous a surtout accusés de pratiquer le terrorisme, de réprimer brutalement les intellectuels et les petits bourgeois. A cela nous répondrons : tout cela c'est vous qui nous l'avez imposé, ce sont vos gouvernements. Quand on crie à la terreur, nous répondons : et quand les puissances qui détiennent la flotte mondiale, qui détiennent des forces militaires cent fois supérieures aux nôtres,foncent sur nous et obligent tous les petits Etats à se battre contre nous, ce n'était pas la Terreur peut-être ? C'était véritablement de la terreur quand toutes les puissances se sont liguées contre un pays, l'un des plus arriérés et les plus afffaiblis par la guerre. »
Lénine, « Huitième conférence du PCR », Oeuvres de Lénine tome 30, p.181, 2 décembre 1919, Editions Sociales, Paris, 1964.
« On nous a toujours accusés de terrorisme. Accusation courante que reprend volontiers la presse. On nous impute d'avoir érigé le terrorisme en principe. A cela nous répondons : "vous ne croyez pas vous-même à cette calomnie". Ce même historien Aulard (cité quelques pages avant ) qui a adressé une lettre à l'Humanité écrit : "j'ai appris l'histoire et je l'ai enseignée. Quand je lis que parmi les bolcheviks il n'y a que des monstres, des croquemitaines, des épouvantails, je dis : on a dit la même chose de Robespierre et de Danton. Ce faisant, dit-il, je ne compare nullement avec ces grands hommes les Russes d'aujourd'hui, absolument pas ; ils n'offrent pas la moindre ressemblance avec eux. Mais en tant qu'historien je dis : il n'est pas possible de croire tous les bruits". Lorsqu'un historien bourgeois se met à parler de la sorte, nous voyons que les mensonges qu'on répand sur notre compte commencent à se dissiper. Nous disons : la terreur nous a été imposée. On oublie que le terrorisme a été provoqué par l'invasion de l'Entente toute-puissante. Ne s'agit-il pas de terreur lorsque la flotte du monde entier fait le blocus d'un pays affamé ? Ne s'agit-il pas de terreur lorsque des représentants étrangers, couverts par la prétendue immunité diplomatique, organisent des soulèvements de gardes blancs ?... »
Lénine, « VIIème congrès des Soviets de Russie 5-9 décembre 1919 », oeuvres de Lénine, tome 30, p.226, 5 décembre 1919, Editions Sociales, Paris, 1964.

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Sous-arguments

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Objections

Le 20 septembre 1919 Lénine conteste la terreur en rapportant un article américain anti-interventionniste selon lequel en 1918 "le gouvernement finlandais a été beaucoup plus terroriste que le gouvernement bolchevik".

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Le 2 décembre 1919, il ne justifie pas non plus le terrorisme mais renvoie l'accusation

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Références

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