Lénine a créé une police politique : la Tchéka

De Wikidébats
Aller à : navigation, rechercher

Présentation de l'argument

[ + Ajouter un résumé ]

Citations [ modifier ]

« Le 20 décembre [1917], Lénine créait la Tcheka – la Commission extraordinaire de lutte contre la contre-révolution, la spéculation et le sabotage –, une police politique qui, de manière arbitraire, commença à arrêter, puis à fusiller. Alors que le bolchevik Boukharine protestait que la Tcheka était « truffée de criminels et de sadiques, d’éléments dégénérés du lumpenprolétariat », Lénine répondit qu’elle était « injustement attaquée pour quelques excès par une intelligence bornée […] incapable de considérer le problème de la terreur dans une perspective plus large ». Et de conclure : « Un bon communiste est aussi un bon tchékiste. » En 1921, la Tcheka compterait déjà 200 000 hommes et cette police politique – devenue GPU, puis NKVD et enfin KBG – serait, avec le Parti bolchevik et l’Armée rouge – armée de guerre civile créée par un décret du 28 janvier 1918 –, l’un des trois piliers du pouvoir totalitaire. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
« À partir du 20 décembre 1917, avec la création de sa police politique, la Tcheka, Lénine se donne les moyens d’instaurer la dictature du Parti bolchevique, s’appuyant sur une terreur systématique contre ses « ennemis ». Ce sont d’abord ses ennemis politiques : les « Blancs » – tous les partisans du tsar – et les libéraux (Constitutionnels démocrates, KD), puis les anarchistes, et enfin les socialistes révolutionnaires et les mencheviks. Ce sont ensuite les classes sociales ennemies : aristocrates, bourgeois, officiers, koulaks – paysans refusant les réquisitions et qualifiés de « riches » –, Cosaques, clergé. Ce sont aussi les mauvais éléments de la « bonne » classe : les ouvriers en révolte contre la dictature bolchevique. Et enfin les nations récalcitrantes à la soviétisation : Finlande, Ukraine, puis les peuples du Caucase, en particulier la Géorgie. »
Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« Commission « extraordinaire », la Tcheka allait prospérer et agir sans la moindre base légale. Dzerjinski, qui souhaitait, comme Lénine, avoir les mains libres, eut cette phrase étonnante : « C’est la vie même qui dicte sa voie à la Tcheka. » La vie, c’est-à-dire la « terreur révolutionnaire des masses », la violence de la rue que la plupart des dirigeants bolcheviques encourageaient alors vivement, oubliant momentanément leur profonde méfiance vis-à-vis de la spontanéité populaire. S’adressant le 1er (13) décembre [1917] aux délégués du Comité exécutif central des soviets, Trotski, commissaire du peuple à la Guerre, prévint : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la Grande Révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la Grande Révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis. » Quelques semaines plus tard, prenant la parole à une assemblée d’ouvriers, Lénine appela, une nouvelle fois, à la terreur, cette « justice révolutionnaire de classe » : « Le pouvoir des Soviets a agi comme auraient dû agir toutes les révolutions prolétariennes : il a cassé net la justice bourgeoise, instrument des classes dominantes. […] Les soldats et les ouvriers doivent comprendre que personne ne les aidera s’ils ne s’aident eux-mêmes. Si les masses ne se lèvent pas spontanément, nous n’aboutirons à rien. […] Tant que nous n’appliquerons pas la terreur vis-à-vis des spéculateurs – une balle dans la tête sur place –, nous n’arriverons à rien ! » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

[ ± Ajouter ou retirer une citation ]

Sous-arguments

[ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

Objections [ modifier ]

Créer une police politique était nécessaire

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

La Tchéka devait être temporaire

Page détaillée
La Tchéka devait être temporaire
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« Exemplaire de la partialité qui marque l'historiographie admise de la jeune Union Soviétique est la question très significative à cet égard du passage de la Tcheka à la GPU (sigle parfois transcrit en français Guepéou) en février 1922. Nicolas Werth présentait dans sa contribution au livre noir l'abolition de la première et son remplacement par la seconde comme une simple "transformation nominale" (...) la position de Lénine était déformée par Nicolas Werth (p. 92) : défendant fermement la Tcheka, sans laquelle le régime n'aurait absolument pas pu tenir face à des adversaires déchainés, il ne reconnaissait pas moins publiquement ses "fautes", intervenait pour leur correction et dénonçait même de graves dérives de conception chez certains de ses principaux dirigeants comme Latsis (...). Aussi Lénine donnait-il un sens politique fort à la suppression de la Tcheka et son remplacement par la GPU, comme cela ressort en clair des directives qu'il formule à ce sujet en décembre 1921: a) réduire les attributions de la Tcheka b) restreindre le droit d'arrestation c) fixer un délai d'un mois pour l'instruction générale des affaires d) renforcer les tribunaux ; e) étudier la question d'un changement de nom; préparer et faire ratifier par le CECR (comité exécutif central de Russie ) un règlement général modificatif allant dans le sens d'un sensible adoucissment." Document qui invalide donc directement la thèse selon laquelle la terreur serait une composante permanente et fondamentale du "projet léniniste". Que faire alors, pour qui persiste à le prétendre ? C'est simple : passer la chose et le texte sous silence... »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante, p.72-73, Une histoire experte en cache-cache, Editions sociales les parallèles 1917+ cent, Paris, 2017.

Lénine a commis une erreur en créant la Tchéka

Page détaillée
Lénine a commis une erreur en créant la Tchéka
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« L’erreur la plus incompréhensible – parce qu’elle a été délibérée – que ces socialistes (les bolcheviks) si pénétrés de connaissances historiques commirent, ce fut de créer la Commission extraordinaire de répression de la Contre-Révolution, de la Spéculation, de l’Espionnage, de la Désertion, devenue par abréviation la Tchéka, qui jugeait les accusés et les simples suspects sans les entendre ni les voir, sans leur accorder par conséquent aucune possibilité de défense […], prononçait ses arrêts en secret et procédait de même aux exécutions. Qu’était-ce si ce n’était une Inquisition ? L’état de siège ne va pas sans rigueur, une âpre guerre civile ne va pas sans mesures extraordinaires, sans doute ; mais appartenait-il à des socialistes d’oublier que la publicité des procès est la seule garantie véritable contre l’arbitraire et la corruption et de rétrograder ainsi au-delà des procédures expéditives de Fouquier-Tinville ? L’erreur et la faute sont patentes, les conséquences en ont été effroyables puisque le Guépéou, c’est-à-dire la Tchéka, amplifiée sous un nom nouveau, a fini par exterminer la génération révolutionnaire bolchevik tout entière »
Victor Serge, Portrait de Staline, Grasset, Paris, 1940.

Lénine a mené une politique d'émancipation des peuples de l'Empire tsariste

Page détaillée
Lénine a mené une politique d'émancipation des peuples de l'Empire tsariste
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
[ modifier ]
« L'Empire des tsars était une "prison des peuples" et Lénine l'a ouverte. Ainsi s'écrit l'Histoire (...) Le génie de Lénine c'est d'avoir saisi l'ampleur de ces volontés d'émancipation (...) A l'appel classique des marxistes : " Prolétaires de tous les pays unissez-vous", il en a ajouté un autre, combien plus puissant et qui retentit encore aujourd'hui  : "peuples dominés soulevez-vous"(...) Les peuples dominés ont entendu l'appel de Lénine. L'empire russe déjà ébranlé par la guerre, sombre dans le chaos des forces qu'il a ainsi déclenchées. Et des ruines, de ce qui peu auparavant était un empire puissant, émerge l'état des soviets, le premier succès de la révolution. Peu importe à Lénine que l'Etat des soviets se confonde avec la Russie, tandis que dans les anciennes possessions russes des gouvernements indépendants, soviétiques ou antisoviétiques, s'installent. »
Hélène Carrère d'Encausse, L'Empire éclaté ; la révolte des nations en URSS, p.11-12, chapitre premier "Quand la prison des peuples s'est ouverte", Flammarion, Paris, 1978.

[ ± Ajouter ou retirer une objection ]

Références

[ ± Ajouter ou retirer une référence ]

Débat parent