Lénine était un être paranoïaque

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pouce d'argument Cet argument est un argument POUR dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est un sous-argument de Lénine était un être cynique, paranoïaque et avide de pouvoir
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine défendait déjà dans sa jeunesse les vertus de la famine de 1891-1892
Lénine était un être paranoïaque
Lénine était guidé par la volonté de puissance
Même des bolcheviks avaient dénoncé la dimension totalitaire de Lénine
Lénine était empli d'un immense désir de vengeance
En fait de vengeance il épargna en 1918 la veuve d'Alexandre III, Maria Fedorovna, qui en déduisit jusqu'a sa mort en 1928 que toute la famille impériale-fils compris-fut également épargnée.
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Présentation de l'argument

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Citations

« Derrière cette volonté de puissance à peine cachée se révèle la part la plus secrète du discours implicite disséminé dans le Que faire ? : celle du héros romantique qui entretient une vision paranoïaque. Lénine se décrit ainsi au milieu de ses quelques camarades : « Petit groupe compact, nous suivons une voie escarpée et difficile, nous tenant fortement par la main. De toutes parts, nous sommes entourés d’ennemis et il nous faut marcher presque constamment sous leur feu. » En même temps, il ressemble à un jeune scout revendiquant la primauté pour son groupe : « […] il faut faire en sorte que tous les autres détachements se rendent compte et soient obligés de reconnaître que nous marchons en tête. » Et il évoque « le détachement "avancé" » qui ne doit pas craindre « un "plan" hardi qui force la reconnaissance générale, même parmi ceux qui pensent différemment ». Et après avoir quelque peu fanfaronné – « nous voulons être l’avant-garde », « Donnez-nous une organisation de révolutionnaires, et nous soulèverons la Russie ! » –, Lénine conclut : « Lorsque nous aurons des détachements d’ouvriers révolutionnaires spécialement préparés (et bien entendu de "toutes les armes" de l’action révolutionnaire) par un long apprentissage, aucune police politique du monde ne pourra en avoir raison, parce que ces détachements d’hommes dévoués corps et âmes à la révolution jouiront de la confiance illimitée des masses ouvrières. » Mais, au passage, que d’aveux sur sa psychologie profonde : « forcer la reconnaissance générale », jouir – le mot est fort clair – de « la confiance illimitée des masses » ; on est plus près de la satisfaction du principe de plaisir que de la rationalité marxiste affichée. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« Mais sans doute Chamberlain n’a-t-elle pas assez insisté sur le climat de haine exacerbée dans lequel Lénine vivait alors. Victime d’une grande fatigue puis d’une première attaque cérébrale en mai 1922, tout indique que, craignant d’être paralysé, voire de perdre la parole, et donc de ne plus pouvoir commander, il est alors entré dans une phase de paranoïa le poussant à exterminer ceux qu’il considérait comme ses ennemis irréductibles : les 2000 mencheviks qu’il fit arrêter en janvier 1922, l’Église orthodoxe qu’il ordonna d’exterminer à partir de la fin mars 1922, puis les socialistes-révolutionnaires dont il organisa méticuleusement le procès en juillet, et enfin ses ennemis personnels de l’intelligentsia à partir de l’été. »
Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« S’ajoute, à partir du printemps 1922, la dérive paranoïaque du chef. En effet, depuis fin janvier 1922, Lénine se sent très fatigué et de plus en plus mal, jusqu’à sa première attaque cérébrale, le 26 mai. Angoissé à l’idée de ne plus participer activement à la direction, voire de ne plus pouvoir parler, il est pris d’une frénésie de liquidation des derniers ennemis qu’il n’a pu encore atteindre. Le 19 mars, il adresse au Bureau politique la fameuse note exigeant la liquidation de l’Église orthodoxe. Le 20 mai, il demande à Dzerjinski de mettre au point un vaste plan « d’expulsion des écrivains et des professeurs qui aident la contre-révolution ». Le même mois, il donne ses directives pour la rédaction du nouveau code pénal, immédiatement utilisé dans l’organisation du procès truqué des leaders socialistes-révolutionnaires, qui se termine le 11 août sur la condamnation à mort de onze vieux révolutionnaires. Le 17 juillet, il entretient Staline de la déportation des mencheviks. Et le 17 septembre, il évoque la déportation d’intellectuels socialistes, s’enquérant avec précision du sort de tel ou tel qu’il connaît personnellement. Fin septembre, il fait expulser d’Union soviétique 220 intellectuels russes parmi les plus connus – philosophes, économistes, écrivains, historiens, mathématiciens, artistes ou critiques littéraires. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

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