L'univers est contingent

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat Dieu existe-t-il ? (nouvelle version)
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Dieu est la cause première de l'univers
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Il ne peut y avoir une infinité de causes
Il ne peut y avoir un passé infini
L'univers a commencé d'exister avec le Big Bang
Il ne devrait exister rien exister
L'univers n'a pas de cause ni de raison d'être
Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
L'univers s'est créé à partir de rien
L'univers n'a pas de commencement
L'univers est contingent
La cause première est le Big Bang
La cause première est un point immatériel
Tout a une cause, et Dieu en particulier
Il n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première
La cause première est inconnaissable
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Présentation de l'argument

Raisonnement de Sartre : si l'univers trouve sa raison d'être dans un être nécessaire, alors il doit être nécessaire. Or, l'univers est contingent. Donc Dieu, être nécessaire, n'a pas créé l'univers.

Citations

« Il est nécessaire qu’il y ait quelque chose et non pas rien, parce qu’il est nécessairement contingent qu’il y ait quelque chose et non pas quelque autre chose. La nécessité de la contingence de l’étant impose l’existence nécessaire de l’étant contingent. »
Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.103, Le Seuil, Paris, 2006.

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Sous-arguments

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Objections

Si l'univers n'a pas de cause, alors il n'est pas nécessaire qu'il existe quelque chose

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Si l'univers n'a pas de cause, alors il n'est pas nécessaire qu'il existe quelque chose
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« Mais voici que les choses se corsent : non seulement l’univers est contingent mais primo, il n’a pas de cause, et secundo il doit nécessairement exister quelque chose (cet univers ou un autre). Mais si l’univers n’a pas de cause, d’où vient cette nécessité ? Nulle loi, nul principe, nul être ne nous est accessible pour expliquer qu’il soit impossible que rien n’existe. Si la totalité de ce qui est pourrait ne pas exister, alors il pourrait réellement ne rien exister, et l’existence de quoi que ce soit est contingente. Il est impossible de faire surgir du chapeau une nécessité du second ordre pour enrober le tout, car il n’y a nulle part où la prendre. C’est donc de deux choses l’une : ou bien la contingence de l’univers est réelle, le néant est une vraie possibilité et il aurait vraiment pu ne rien exister du tout (si on le nie, c’est que la contingence du monde n’est qu’une illusion, ou une concession purement verbale) ; ou bien la contingence du monde n’est pas réelle et alors l’univers est nécessaire (mais dans ce cas, il faut argumenter une telle position, ce qui n’est pas facile, et d’ailleurs Meillassoux est comme nous persuadé du contraire). C’est donc indûment à notre avis qu’il revendique simultanément le bénéfice des deux positions. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.182-183, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

La nécessité qu'il existe quelque chose suppose qu'il existe Dieu

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La nécessité qu'il existe quelque chose suppose qu'il existe Dieu
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« La position qu’imagine Meillassoux, à savoir qu’il existe nécessairement quelque chose et que l’univers soit radicalement contingent, est possible […] mais à une condition stricte : qu’il existe aussi un être nécessaire ! Mais prétendre que le néant est impossible sans poser un être nécessaire, cela nous paraît absurde. La seule source de nécessité dans le raisonnement de Meillassoux est un pur épiphénomène logique. Il s’agit d’une nécessité verbale, sans enracinement dans une quelconque nécessité réelle. Reprenons son théorème […] Cela donne en clair : [Pour tout x et tout y, il est nécessaire que si x existe à la place de y, ce soit de manière contingente] implique [il existe nécessairement un x ou un y contingent]. Ce raisonnement n’est pas valide. La nécessité dont il traite dans la première proposition est une pure nécessité conditionnelle, elle ne porte pas sur l’existence de quelque chose, mais seulement sur l’enchaînement qui lie (selon sa thèse) le fait d’exister à celui d’être contingent (« si x existe, alors nécessairement x est contingent » et non « il est nécessaire qu’un x existe, qui soit contingent »). En réalité la première proposition est une tautologie qui dit que lorsqu’on fait partie de l’ensemble des êtres contingents, il est nécessaire qu’on soit un être contingent. Ce qui est vrai mais pas très informatif. L’argument de Meillassoux n’est pas une preuve, mais la simple affirmation d’une définition : « Par définition tout x est contingent, donc tout x est contingent. » Bref, de l’implication selon laquelle si quelque chose existe, ce doit être de façon contingente, il est impossible de tirer la conclusion qu’il existe nécessairement quelque chose. Générer une situation de nécessité sans un être nécessaire dans le tableau, c’est tout bonnement impossible. On est parfois tenté de le faire en imaginant des relations de conditionnement réciproque entre des termes contingents, à la façon de Dupont et Dupond qui croient se prémunir d’une chute en s’accrochant l’un à l’autre, mais la manœuvre est illusoire. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.183-184, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Le raisonnement selon lequel un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers nécessaire confond implication logique et lien causal

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Le raisonnement selon lequel un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers nécessaire confond implication logique et lien causal
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« Certains philosophes (Sartre, par exemple) opposent que si l’univers contingent avait sa raison d’être dans un être nécessaire, il serait lui-même nécessaire. Car, disent-ils, les propositions déduites de propositions nécessaires sont elles aussi nécessaires (s’il est nécessaire que P que P implique Q, alors il est nécessaire que Q). […] Ici, il y a une confusion entre l’implication logique et le lien causal. Requérir une cause nécessaire ultime n’implique absolument pas qu’elle doive annuler la contingence de l’univers en lui apportant une explication de type déductif. […] la cause première n’implique pas l’univers. Elle le cause, ce qui est différent. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.197, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Au contraire, un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers contingent

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Un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers contingent
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« Il est en fait parfaitement impossible qu’un être absolument nécessaire produise quoi que ce soit d’aussi nécessaire que lui. En effet, il n’existe qu’un seul être nécessaire ; par conséquent, pour produire quelque chose d’absolument nécessaire, l’être nécessaire devrait se produire lui-même, ce qui est absurde. Si l’être nécessaire produit quelque chose, c’est nécessairement quelque chose de contingent. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.197-198, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

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Références

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Débat parent