L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour rendre compte du plan d'ensemble du monde

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L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer l'ajustement des lois de l'univers
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer l'apparition de la vie
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer la création, l'adaptation et la complexité des espèces
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer le langage humain
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer l'existence de la conscience
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour rendre compte du plan d'ensemble du monde
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur pour expliquer l'existence des lois de la nature
Dieu est une explication inexplicable
L'ordre et la complexité du monde s'expliquent par la science
La notion d'ordre est une projection de l'esprit humain
Le monde n'est pas ordonné mais chaotique
Postuler un Dieu créateur est une vision anthropomorphique
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Présentation de l'argument

« Si je vois l'horloge, je suppose un horloger » (Voltaire). L'univers forme un tout ordonné par des lois ; ce Tout a produit des systèmes planétaires stables, puis le vivant, enfin la conscience. Attribuer une telle séquence au seul hasard est absurde. Chaque étape du développement cosmique montre qu'une intelligence créatrice est à l’œuvre.

Citations

« Mais enfin toute la nature montre l’art infini de son auteur. Quand je parle d’un art, je veux dire un assemblage de moyens choisis tout exprès pour parvenir à une fin précise : c’est un ordre, un arrangement, une industrie, un dessein suivi. Le hasard est tout au contraire une cause aveugle et nécessaire, qui ne prépare, qui n’arrange, qui ne choisit rien, et qui n’a ni volonté ni intelligence. Or je soutiens que l’univers porte le caractère d’une cause infiniment puissante et industrieuse. Je soutiens que le hasard, c’est-à-dire le concours aveugle et fortuit des causes nécessaires et privées de raison, ne peut avoir formé ce tout. […] Qui trouverait dans une île déserte et inconnue à tous les hommes une belle statue de marbre, dirait aussitôt : sans doute il y a eu ici autrefois des hommes : je reconnais la main d’un habile sculpteur : j’admire avec quelle délicatesse il a su proportionner tous les membres de ce corps, pour leur donner tant de beauté, de grâce, de majesté, de vie, de tendresse, de mouvement et d’action. Que répondrait cet homme si quelqu’un s’avisait de lui dire : non, un sculpteur ne fit jamais cette statue. Elle est faite, il est vrai, selon le goût le plus exquis, et dans les règles de la perfection ; mais c’est le hasard tout seul qui l’a faite. Parmi tant de morceaux de marbre, il y en a eu un qui s’est formé ainsi de lui-même ; les pluies et les vents l’ont détaché de la montagne ; un orage très-violent l’a jeté tout droit sur ce piédestal, qui s’était préparé de lui-même dans cette place. C’est un Apollon parfait comme celui du Belvédère : c’est une Vénus qui égale celle de Médicis : c’est un Hercule qui ressemble à celui de Farnèse. Vous croiriez, il est vrai, que cette figure marche, qu’elle vit, qu’elle pense, et qu’elle va parler : mais elle ne doit rien à l’art ; et c’est un coup aveugle du hasard, qui l’a si bien finie et placée. »
Fénelon, Traité de l’existence de Dieu, Éditions Universitaires, Grenoble, 1990.
« Est-ce donc être homme que d’attribuer non à une cause intelligente, mais au hasard, les mouvements si réglés du ciel, le cours si régulier des astres, et tant d’autres choses si bien proportionnées et conduites avec tant de raison que notre raison se perd à les vouloir approfondir ? Quand nous voyons des machines qui se meuvent artificiellement, une sphère, une horloge, et autres objets semblables, nous ne doutons pas que l’esprit ait eu part à ce travail. Comment donc pouvons-nous douter que le monde soit dirigé, je ne dis pas simplement par une intelligence, mais par une excellente et divine intelligence, quand nous voyons le ciel se mouvoir avec une prodigieuse vitesse, et faire succéder annuellement les unes aux autres les diverses saisons, qui vivifient et qui conservent tout ? Laissant donc de côté toute discussion subtile, nous pouvons maintenant repaître nos yeux du spectacle de ces belles choses, dont nous rapportons rétablissement à une divine providence. »
Cicéron, De la nature des dieux, livre II, § 97-98, 45 av. J.-C..
« Supposez qu’en parcourant une lande, mon pied rencontre une pierre, et qu’on me demande comment cette pierre est arrivée là. Je pourrais répondre que, pour autant que je sache et jusqu’à preuve du contraire, elle était là depuis toujours; et peut-être ne serait-il pas très facile de montrer l’absurdité de cette réponse. Mais supposez que j’aie trouvé une montre par terre, et qu’on demande comment la montre est arrivée à cet endroit, je trouverais impensable de répondre, comme précédemment — que, pour autant que je sache, la montre pourrait avoir toujours été là. Une telle réponse ne servirait pas aussi bien dans le cas de la montre que dans le cas de la pierre. Mais pourquoi ? Pourquoi l’admet-on moins dans le second cas que dans le premier ? Pour cette raison, et pour nulle autre, à savoir que, en inspectant la montre, nous nous apercevons (ce que nous ne pouvions pas découvrir dans la pierre) que ses différentes parties sont conçues et assemblées dans une intention, que par exemple elles sont formées et ajustées de manière à produire un mouvement, et que ce mouvement est réglé de manière à indiquer l’heure de la journée; et que, si les différentes parties avaient été ouvrées différemment de ce qu’elles ont été, d’une dimension différente de la leur, ou disposées d’une autre manière, ou dans n’importe quel autre ordre que celui où elles sont placées, alors aucun mouvement n’aurait pu être entretenu dans le dispositif, ou du moins aucun mouvement qui réponde à l’usage auquel il sert à présent [...] Cette inférence est, pensons-nous, inévitable : la montre doit avoir eu un fabriquant : il doit y avoir existé, à un moment donné, à un endroit ou à un autre, un artisan ou plusieurs qui l’ont fabriquée dans une intention, à laquelle nous trouvons qu’elle répond ; ils ont compris sa fabrication, et conçu son utilisation. »
William Paley, Théologie naturelle, 1803.
« Les principaux moments de cette preuve physico-théologique sont les suivants : 1) Il y a partout dans le monde des signes évidents d‘un ordre exécuté sur un dessein déterminé, avec une grande sagesse, et dans tout d‘une grande variété indescriptible tant par son contenu que par la grandeur illimitée de son étendue. […] 3) Il existe donc une (ou plusieurs) cause sublime et sage qui doit être la cause du monde, non pas simplement comme une nature toute-puissante agissant aveuglément par sa fécondité, mais comme une intelligence agissant par sa liberté. 4) L‘unité de cette cause se conclut de l‘unité du rapport réciproque des parties du monde considérées comme les diverses pièces d‘une œuvre d‘art, et on la conclut, avec certitude, dans les choses qu‘atteint notre observation, et au-delà, avec vraisemblance, suivant tous les principes de l‘analogie. »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, livre II, chap. 3, section 6.

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Sous-arguments

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Objections

Le monde n'est pas ordonné mais chaotique

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La notion d'ordre est une projection de l'esprit humain

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La notion d'ordre est une projection de l'esprit humain
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« C’est donc nous-mêmes qui introduisons l’ordre et la régularité dans les phénomènes, que nous nommons nature, et nous ne pourrions les y trouver, s’ils n’y avaient été mis originairement par nous ou par la nature de notre esprit. En effet, cette unité de la nature doit être une unité nécessaire, c’est-à-dire certaine a priori de la liaison des phénomènes. Mais comment pourrions-nous mettre en place a priori une unité synthétique, si, dans les sources originaires de la connaissance de notre esprit, il n’y avait des principes subjectifs d’une telle unité, et si ces conditions subjectives n’étaient pas en même temps objectivement valables, puisqu’elles sont les principes de la possibilité de connaître en général un objet d’expérience ? »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Ak IV, 1781.

L'ordre et la complexité du monde s'expliquent par la science

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L'ordre et la complexité du monde s'expliquent par la science
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Postuler un Dieu créateur est une vision anthropomorphique

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Postuler un Dieu créateur est une vision anthropomorphique
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Cet argument prouve seulement l'existence d'un ordonnateur, pas d'un créateur

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L'argument physico-téléologique ne prouve pas l'existence d'un dieu créateur mais seulement d'un démiurge ordonnateur
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L'univers pourrait avoir été organisé de l'extérieur par un Démiurge, qui n'aurait pas créé la matière à partir du néant et ne serait pas tout-puissant.
« Suivant ce raisonnement, la finalité et l‘harmonie de tant de dispositions de la nature ne prouveraient que la contingence de la forme, mais non celle de la matière, c‘est-à-dire de la substance du monde. […] Cette preuve pourrait donc tout au plus démontrer un architecte du monde, qui serait toujours très limité par les aptitudes de la matière qu‘il travaillerait, mais non un créateur du monde. »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, livre II, chap. 3.

Il faut se méfier des analogies

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Il faut se méfier des analogies utilisées pour montrer l'existence d'un dieu
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« Pour suggestive qu’elle soit, l’analogie [de Voltaire avec la montre] n’est pourtant pas sans faiblesses. C’est d’abord qu’elle n’est : qu’une analogie (l’univers, d’évidence, n’est pas fait de ressorts et d’engrenages). C’est ensuite qu’elle fait peu de cas, j’y reviendrai, des désordres, des horreurs, des dysfonctionnements, qui sont innombrables. Une tumeur cancéreuse est aussi une espèce de minuterie (comme dans une bombe à retardement) ; un tremblement de terre, si l’on veut filer la métaphore horlogère, fait comme une sonnerie ou un vibreur planétaires. En quoi cela prouve-t-il que tumeurs ou cataclysmes relèvent d’un dessein intelligent et bienveillant ? Enfin, et surtout, l’analogie de Voltaire ou Rousseau a vieilli : parce qu’elle se donne un modèle mécanique (telle était la physique du XVIIIe siècle), alors que la nature, telle que nos scientifiques la décrivent, relève plutôt de la dynamique (l’être est énergie), de l’indéterminisme (la Nature joue aux dés : c’est en quoi elle n’est pas Dieu) et de l’entropie générale (que dirait-on d’une horloge qui tendrait vers un désordre maximal ?). »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
« Méfions-nous des analogies. La vie est plus complexe qu’une horloge, mais aussi plus féconde (avez-vous déjà vu une montre faire des petits ?), plus évolutive, plus sélective, plus créatrice. Cela change tout ! Si nous trouvions une montre sur une planète jusque-là inexplorée, nul ne douterait qu’elle résulte d’une action volontaire et intelligente. Mais si nous y trouvions une bactérie, une fleur ou un animal, aucun scientifique, même croyant, ne douterait que cet être vivant, aussi complexe fût-il, résulte des seules lois de la nature. »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.

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Références

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