Il n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première

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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Dieu est la cause première de l'univers
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Il ne peut y avoir une infinité de causes
Il ne peut y avoir un passé infini
L'univers a commencé d'exister avec le Big Bang
Il ne devrait exister rien exister
L'univers n'a pas de cause ni de raison d'être
Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
L'univers s'est créé à partir de rien
L'univers n'a pas de commencement
L'univers est contingent
La cause première est le Big Bang
La cause première est un point immatériel
Tout a une cause, et Dieu en particulier
Il n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première
La cause première est inconnaissable
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Présentation de l'argument

Au mieux, l'argument de la cause première reviendrait à dire qu'il y a, en-dessous des phénomènes, une Substance qui les soutient. Mais comment attribuer à cette Substance des qualités telles que l'intelligence, la bonté, ou d'autres attributs traditionnels de Dieu ?

Citations

« Au demeurant, quand bien même on donnerait raison à Leibniz et au principe de raison, cela prouverait seulement l’existence d’un être nécessaire. Mais qu’est-ce qui nous prouve que cet être soit Dieu, je veux dire un Esprit, un Sujet, une Personne (ou trois) ? Ce pourrait être aussi bien l’apeiron (l’infini, l’indéterminé) d’Anaximandre, le feu toujours changeant d’Héraclite (le devenir), l’Être impersonnel de Parménide, le Tao – tout aussi impersonnel – de Lao-tseu… Ce pourrait être la Substance de Spinoza, laquelle est absolument nécessaire, cause de soi et de tout, éternelle et infinie, mais immanente (ses effets sont en elle) et dépourvue, je le rappelais à propos de la preuve ontologique, de tout trait anthropomorphique : elle est sans conscience, sans volonté, sans amour. Spinoza l’appelle «Dieu», certes, mais ce n’est pas un Bon Dieu : ce n’est que la Nature (c’est ce qu’on appelle le panthéisme spinoziste : « Deus sive Natura, Dieu c’est-à-dire la Nature »), laquelle n’est pas un sujet et ne poursuit aucun but. À quoi bon la prier, puisqu’elle ne nous écoute pas ? Comment lui obéir, puisqu’elle ne nous demande rien ? Pourquoi lui faire confiance, puisqu’elle ne s’occupe pas de nous ? Et que reste-t-il alors de la foi ? Leibniz ne s’y est pas trompé. Ce panthéisme-là est plus près de l’athéisme que de la religion. »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
« Pour revenir à la régression infinie et à la futilité d’invoquer Dieu pour y mettre fin, il est plus économique de faire apparaître, mettons, une « singularité Big Bang », ou quelque autre concept physique encore inconnu. Cela n’apporte rien, au mieux, de l’appeler Dieu, et au pire, c’est trompeur et pernicieux. La « Recette sans queue ni tête des côtelettes crumboblieuses » d’Edward Lear nous invite à nous « procurer des émincés de bœuf, et après les avoir coupés en morceaux le plus petits possible, continuer à les couper en morceaux de huit à neuf fois plus petits ». Certaines régressions aboutissent en fait à une fin naturelle. Les scientifiques se demandaient jadis ce qui se passerait si l’on disséquait, mettons, de l’or en fragments le plus petits possible. Pourquoi ne pourrait-on pas en coupant un de ces fragments en deux obtenir un grain d’or encore plus petit ? Dans ce cas-là, la régression s’achève définitivement à l’atome. Le morceau d’or minimal est un noyau constitué d’exactement soixante-neuf protons et un peu plus de neutrons, entourés, de soixante-dix-neuf électrons. Si vous « découpez » l’or au-delà du noyau de l’atome unique, vous aurez tout autre chose que de l’or. L’atome est ce terminateur naturel à la régression de type côtelettes crumboblieuses. Mais rien n’indique le moins du monde que Dieu joue ce rôle de terminateur naturel à la régression de Thomas d’Aquin. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.

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Sous-arguments

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Objections

La cause première est un être nécessaire

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La cause première est un être nécessaire
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La cause première est un être nécessaire. Dieu, par définition, est un être nécessaire.

La cause première ne peut pas être matérielle

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La cause première ne peut pas être une abstraction

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La cause première ne peut pas être une abstraction
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« Sur quelle base affirmer que la cause première est un esprit ? Réponse : à partir du moment où l’on reconnaît que cet être doit être sans parties et dépourvu de toute détermination quantitative (et c’est nécessaire), nous n’avons pas tellement le choix. Il n’existe pas trente-six sortes d’êtres immatériels. À vrai dire, seulement deux. Il peut s’agir 1) d’une abstraction (une loi logique, une idéalité mathématique), 2) d’un esprit, deuxième type d’être immatériel communément admis. Mais une abstraction – à supposer qu’elle puisse subsister par soi sans un entendement pour la penser, ce qui est très douteux – n’a pas de pouvoir producteur. Ce sont les 15 joueurs de l’équipe de France qui gagnent le match, pas le chiffre 15. Il ne peut donc s’agir que d’un esprit. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.155, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

La cause première a une conscience

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La cause première a une conscience
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« Mieux que cela, nous avons de bonnes raisons de penser que la réalité physique elle-même n’est rien d’autre qu’un degré infime de spiritualité. Pour bien saisir la nécessité de ce point, il faut se demander en quoi pourrait consister la réalité propre d’un être non physique, c’est-à-dire d’un être tout entier intérieur à lui-même, n’offrant aucune prise à un repérage sensible. Cela ne peut être qu’une présence à soi, autrement dit une conscience. Nous dirons donc que la cause première est un être conscient, non seulement de lui-même mais de tout ce qu’il fait. Et comme il fait tout, puisqu’il soutient l’univers dans son existence, sa conscience est coextensive à l’ensemble de la réalité. C’est ce qu’on appelle classiquement le fait d’être omniscient. La dernière échappatoire serait d’invoquer un « type-d’être-immatériel-encore-inconnu » qui ne serait ni une abstraction, ni un esprit. Mais c’est là une solution verbale et gratuite. En l’absence d’éléments tendant à définir le contenu de cette hypothèse et à montrer qu’elle est plus probable que celle d’un esprit, il s’agit d’une pure fantaisie. Il est certes parfaitement impossible de réfuter une hypothèse dont le principal contenu est de n’en avoir aucun, mais cela ne prouve rien contre les autres hypothèses. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.156-157, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

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Références

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Débat parent