Il faut limiter la liberté d'expression pour lutter contre les propos incitant à la haine

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Présentation de l'argument [ modifier ]

Chacun doit être responsable de ses paroles, car le verbe n'est pas anodin : c'est une arme qui peut enflammer les passions et déclencher des massacres. Depuis le nazisme et les grands discours d'Hitler, toute parole d’incitation à la haine et de stigmatisation apparaît comme annonciatrice de tragédies et de crimes. Les propos qui incitent à la haine doivent être proscrits, permettant ainsi d'établir une cité apaisée.

Citations [ modifier ]

« En Belgique par exemple, la loi stipule que "quiconque (…) incite à la discrimination", "à la haine ou à la violence", "à la discrimination ou à la ségrégation", " à l'égard d'une personne (…), d'un groupe, d'une communauté ou de leurs membres" en raison de sa "nationalité, (d’) une prétendue race, (de) la couleur de peau, (de) l'ascendance ou (de) l'origine nationale ou ethnique" est passible d’un mois à un an de prison. Autrement dit, en Belgique, l’incitation à la haine ou à la discrimination pour des motifs xénophobes ou racistes est passible de prison ferme." »
Rédaction RTBF, « Liberté d'expression : quelles sont les limites ? Que dit la loi ? », RTBF, 06 janvier 2015.
« La colère a son origine dans ce qui nous touche personnellement, tandis que la haine est indépendante de ce qui se rattache à notre personne ; (…) la colère s'attaque toujours à telle personne en particulier, par exemple, à Callias ou à Socrate, tandis que la haine peut atteindre toute une classe de gens (…) L’une de ces passions peut guérir avec le temps, mais l’autre est incurable (…) L’homme (qui se met en colère), à la vue de maux nombreux soufferts par son adversaire, pourrait être saisi de pitié, mais (l’homme haineux) dans aucun cas. »
Aristote, La Rhétorique, livre II, XXIII.

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Sous-arguments

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Objections [ modifier ]

La notion d'incitation à la haine est floue

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La notion d'incitation à la haine est floue
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La plupart des écrits polémiques incitent à avoir une attitude négative envers certains comportements et certains groupes. Il faudra réprimer nombre de textes. Comment pourra-t-on définir une frontière entre "haine" et "critique" ? Toute critique n'est-elle pas une incitation à la haine ? Prenons un exemple : lorsque des religions considèrent l'homosexualité comme un péché, incitent-elles à l'homophobie ? Faut-il alors interdire certains passages des livres sacrés ? Plus généralement, comment déterminer si un texte "incite à la haine", ou exprime seulement un jugement négatif ? Critiquer une secte, attaquer une classe sociale ou une multinationale, est-ce alimenter la haine contre les personnes qui la composent ? La notion d'incitation à la haine est trop floue pour qu'on puisse en faire un délit.

Vouloir éradiquer la haine conduit à un régime de censure

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Vouloir éradiquer la haine conduit à un régime de censure
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La loi prévoit de sanctionner l'incitation à la haine raciale, sexiste, homophobe ou nationale. Mais la haine anti-riches, anti-flics ou anti-fonctionnaires ne cause-t-elle pas aussi des victimes ? Si la haine est dangereuse, il n'y a aucune raison de limiter la loi à certaines haines plutôt qu'à d'autres, il faudrait alors étendre encore plus la loi. Or l'interdiction de toutes les haines est impossible : il faudrait interdire un grand nombre d'ouvrages, d'articles et d'œuvres d'art, qui potentiellement enflamment l'hostilité.

La haine est parfois nécessaire

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La haine est parfois nécessaire
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Il a existé des "odes à la haine" dans la littérature classique, la haine vue comme un moteur de la révolte légitime. Ne doit-on pas haïr les nazis ? Vouloir éradiquer la haine est une façon d'aseptiser des luttes qui peuvent être légitimes.
« Les défenses provocantes ou paradoxales de la haine ne manquent pas. Il existe même une assez solide tradition littéraire en la matière, bien illustrée par des Jouhandeau, des Léautaud, des Cioran. On sait peut-être moins que Emile Zola fut, lui aussi, apologiste de la haine. Dans un article intitulé « Mes haines » (Le Figaro, 27 mai 1866) il proclame : « La haine est sainte : « elle est l’indignation des cœurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la bêtise. »
Ruwen Ogien, Un portrait logique et moral de la haine, p.57, Éditions de l'éclat, 1993.

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Références

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Débats parents