Le voile islamique n'est pas plus oppressif que bien d'autres vêtements

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pouce d'argument Cet argument est une objection dans le débat La gauche doit-elle défendre le port du voile islamique ?
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flèche vers le haut dans un cercle Cet argument est une objection à Le voile islamique est la marque concrète de l'oppression des hommes sur les femmes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Le voile islamique assigne aux femmes le rôle de reproductrices et de mères au foyer
Le voile islamique est le signe visible que les femmes voilées sont la propriété de leur mari
Les hommes ne sont pas soumis à des obligations du même type que le voile islamique
On ne peut pas être féministe et défendre le voile islamique
Les femmes qui refusent de porter le voile islamique sont brimées et opprimées
Le voile islamique prône la honte et la culpabilité des femmes
Le voile islamique fait des femmes des objets sexuels
Le voile n'est qu'un vêtement comme un autre
On peut être féministe et voilée
Des femmes sont voilées et épanouies
Le voile islamique n'est pas plus oppressif que bien d'autres vêtements
Il y a des usages contestataires et émancipateurs du voile islamique
Le voile islamique protège les femmes des pressions exercées par les hommes
Les femmes voilées sont bien assez stigmatisées dans la société française
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Présentation de l'argument

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Citations

« De nombreux autres vêtements et contraintes (talons, maquillages...) peuvent être en partie considérés comme des symboles de domination des femmes, mais ceux-ci ne sont jamais remis en cause. »
« Personne ne voit dans les jupes des instruments de domination alors qu’elles sont l’apanage des femmes et les désignent comme telles. Selon l'analyse de la sociologue Colette Guillaumin, elles sont « destinées à maintenir les femmes en état d'accessibilité sexuelle permanente, permettent de rendre les chutes […] plus pénibles pour l'amour-propre » et entravent leur « liberté motrice ». Les talons hauts fortement déconseillés par bien des spécialistes de la santé sont de véritables instruments de maltraitance du corps. Sarah Jesssica Parker, la star de Sex and the City connue pour son amour des chaussures de luxe, a d’ailleurs récemment déclaré : « Les talons hauts ont détruit mes pieds. » À travers le monde, de nombreuses femmes choisissent volontairement de porter des prothèses mammaires pour des raisons esthétiques (je n’inclus pas les cas de chirurgie réparatrice qui relèvent d’autres motivations). Le scandale des implants PIP fabriquées en dépit de toutes normes sanitaires qui avait mené plusieurs femmes à la mort, montre à quel point cette pression esthétique peut conduire à des pratiques dangereuses. Dans ce contexte, le voile ne constitue pas une exception. On peut légitiment débattre de son caractère sexiste, mais on ne peut en aucun cas l’isoler d’une réflexion plus globale sur les pratiques normatives corporelles et les codes vestimentaires qui distinguent les femmes et les hommes dans nos sociétés. »
Rokhaya Diallo, « Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme », Slate.fr, 13 mars 2018.
« Au lieu de nous délivrer ses leçons de laïcité, madame la ministre pourrait […] reconnaître que toutes les femmes qui portent les jupes courtes et les vêtements sexy imposés par la mode (souvent créée par des hommes) ne sont pas non plus spécialement « émancipées ». Nous sommes, nous, femmes, soumises à un diktat, entré profondément dans notre imaginaire, et auquel nous obéissons, le plus souvent inconsciemment, pour plaire aux hommes. Le modèle de séduction imposé reste quasi inaccessible à la majorité d’entre nous. Un modèle d’extrême minceur, plutôt blond, grand, « glamour », contribuant à un « enfermement du corps des femmes » qui n’a rien à envier à celui que Mme Rossignol dénonce quand elle évoque certaines musulmanes. Ne sont-elles pas aliénées dans leur corps même, celles qui sacrifient leur santé par des régimes dangereux, se résolvent à des opérations chirurgicales douloureuses, se condamnent à l’anorexie, et vivent dans la frustration ? Mesurer le niveau d’émancipation des femmes au degré de raccourcissement de leurs jupes, il fallait y penser ! La nudité du corps des femmes comme outil de leur libération ? »
Esther Benbassa, « Le voile, pas plus aliénant que la minijupe », Libération, 5 avril 2016.

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Sous-arguments

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Objections

Le combat féministe pour porter la minijupe est un combat contre une conception patriarcale de la pudeur

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Le combat pour porter la minijupe est un combat contre une conception patriarcale de la pudeur, contrairement au voile islamique
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« Donc, qu’il s’agisse d’interdire la burqa ou… le pantalon ou encore la minijupe, finalement, c’est du pareil au même : les hommes décident et interdisent. À ceci près que cette logique formelle évacue le fond, à savoir ce qu’il s’agit concrètement d’interdire… Les exemples historiques cités dans l’article témoignent pourtant des batailles menées par les femmes pour l’égalité avec les hommes et pour se réapproprier la maîtrise de leur corps et de son exposition. Rien de tel avec la burqa. Avoir le droit, si on le souhaite, de découvrir – un peu ou beaucoup – son corps, sans contraintes imposées par une conception patriarcale de la « décence » ou de la « pudeur » – ce qui est le sens des combats évoqués – ou être sommée de le couvrir intégralement : non, ce n’est définitivement pas pareil ! »

La religion est bien plus prescriptive que la mode ou la domination masculine

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La religion est bien plus prescriptive que la mode ou la domination masculine
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« Bien sûr que nous sommes toutes soumises à des injonctions patriarcales ! La minijupe ou les talons ne sont peut-être qu’une pseudo-libération des femmes, on peut en discuter. Mais on ne peut pas les mettre sur le même plan que le voile. Aucune loi religieuse ou politique ne les rend obligatoires, et aucune femme dans le monde ne sera jamais jetée en prison si elle refuse de les porter ! »
Marie Allibert, « Le féminisme à l'épreuve du voile », Elle, 29 avril 2016.
« Cette comparaison me semble peu fondée. La religion est bien plus prescriptrice que ne sont la mode ou même une « domination masculine » qui imposerait le port de la jupe. La plupart des femmes ne portent pas une jupe tous les jours et c’est une de leurs victoires que d’avoir obtenu le droit de s’habiller comme elles le souhaitent et, surtout, de pouvoir porter indifféremment une jupe, un pantalon, un short, une robe ou un vieux jogging. En est-il de même avec le voile, qui serait porté un jour, remplacé par un chapeau le lendemain ou un simple bandeau le surlendemain, avant de se promener tête nue ? Il n’en est rien : le dogme religieux ne varie pas au gré des humeurs ou de la météo. Nous ne parlons pas du voile printemps-été 2018, mais du voile islamique. »
Jean-Marc Proust, « Non, je ne crois pas que le voile soit compatible avec le féminisme », Slate.fr, 23 mars 2018.

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Références

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Débat parent