Faut-il poser des limites à la liberté d'expression ?

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Faut-il poser des limites à la liberté d'expression ?

Arguments POUR

- il n'existe pas de liberté illimitée Objection : cette évidence ne dit pas ce qu'il faut poser comme limites !

- les paroles sont des actes (de même que l'on doit limiter les actions physiques, il faut limiter les expressions verbales) Objection : seules certains énoncés sont des actes, les énoncés performatifs. et les ordres. Les autres énoncés ne sont pas des actes et ne peuvent pas être considérés comme tels.

- l'homme est influençable : des discours dangereux peuvent le pousser à mal agir Objection : Si c'est vrai, l'homme doit être contrôlé. Par qui ou par quoi ? Objection à l'objection : Les lois créent un cadre au sein duquel l'homme doit se mouvoir. Ce sont les lois qui le canalisent. Objection niveau 3 : Pour faire des lois valides, il faut en discuter. pour en discuter, il faut être libre de critiquer les différents systèmes de lois et les différentes morales. Donc la liberté d'expression est nécessaire à l'établissement de lois valables.

- l'homme est le jouet des peurs et des désirs, il faut limiter les discours démagogiques Objection : Dans ce cas, on vient au régime des Philosophes-Rois. Seuls certains individus d'élite ont le droit de définir pour les autres ce qui est bon etc. (Platon).

- internet explose et oblige à des régulations nouvelles

- le racisme n'est pas une opinion mais un délit Objection 1 : il faut distinguer "énoncé raciste" et "acte raciste". Le premier est une opinion erronée, qui peut être énoncée et déconstruite ; le second est un comportement, qui tombe sous le coup de la loi. Objection 2 : Qu'appelle-t-on "racisme" ? Si on étend "le racisme" à des choses comme "le racisme anti-jeiuunes", "le racisme anti-sectes" etc., on finit par pouvoir interdire toute critique d'un groupe, quel qu'il soit, comme "incitation à la haine".

- on ne doit pas dire ce qui peut blesser l'autre Objection : Dans ce cas, la critique elle-même devient impossible.

- il ne faut pas offenser le divin Objection 1 : le divin, s'il existe, ne peut pas être offensé par les mortels. Objection 2 : le divin n'existe pas. Objection 3 : si on suit ce principe, on doit revenir avant les Lumières et supprimer la critique des religions.

- il faut respecter la dignité humaine Objection : le concept de "dignité humaine" est un concept religieux déguisé, qui n'a pas de sens dans une société laïque (Ruwen Ogien).

- il faut respecter la mémoire

- il faut lutter contre les doctrines antiscientifiques Objection : une doctrine scientifique se défend par la raison, pas par l'interdiction.

- il faut éviter les paroles qui troublent l'ordre public

- la raison est fragile et trompeuse Objection : dans ce cas, avec quoi prendra-t-on des décisions ? L'intuition ? La révélation ?

- laisser toutes les opinions se répandre comme sur un supermarché, c'est favoriser les biais cognitifs (cf. Gérald Bronner "La démocratie des crédules") Objection 1 : ceci montre la nécessité non pas de limiter la liberté d'expression, mais de renforcer l'esprit critique. Objection 2 : il faut créer des espaces de débats méthodiques sur le Net.

Arguments CONTRE

- on ne peut pas empêcher les gens de penser ce qu'ils veulent (Spinoza)

- "on lutte contre un Eichmann de papier avec du papier et contre un Eichmann en armes avec des armes" (P. Vidal-Naquet)

- respecter autrui, c'est lui reconnaître l'égalité en raison et donc lui dire ce que l'on pense (Duits)

- la liberté d'expression est seule garante de la validité de nos opinions (J. Stuart Mill)

- "Tout peut se dire, rien n'est sacré" (Vaneigem)

- Ce sont toujours les régimes totalitaires qui veulent limiter la liberté d'expression

- L'homme doit se libérer des tutelles et penser par lui-même (Kant)

- La vérité surpasse l'erreur, donc on ne risque rien à débattre librement

- L'homme dispose de la raison et est un adulte (il a droit d'accéder à et d'évaluer par lui-même toutes les opinions)

- Vouloir limiter la liberté d'expression, c'est accorder un pouvoir magique à la parole, c'est un reste de pensée magique (comme si les paroles créaient les actes, qui en fait relèvent de causes sociales, économiques, sociologiques etc.)