En Russie la grande Guerre et la guerre civile rapprochent encore plus les violences antisémites perpétrées par toutes les forces antibolcheviques, de la Shoah

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Citations [ modifier ]

« Le terme de "pogrom" est-il bien adéquat pour caractériser les massacres massifs de juifs durant les guerres civiles dans l'ex-empire tsariste ? Entre les pogroms "traditionnels" perpétrés en temps de paix par une foule de voisins enhardis par la passivité, voire les encouragements des autorités locales, et les massacres massifs et systématiques mis en oeuvre au cours de la guerre civile par des unités armées, convaincues de la nécessité et de la légitimité d'exterminer, selon une logique ethnique des populations civiles considérées comme "ennemies", un seuil qualitatif de violence fut franchi. Les politiques mises en oeuvre durant la Grande Guerre (expulsions, déportations des juifs considérés comme éléments de populations "suspectes") rendirent évidemment possible ce passage, cette transgression. La brutalisation générée par cette guerre prolongée, longue de sept ans (1914-1921), d'une extraordinaire violence, qui singularise l'expérience russe et soviétique, ne saurait cependant gommer le fait que dans cette mêlée sanglante seuls les juifs furent massacrés parce qu'ils étaient juifs, quel que soit leur âge, leur sexe ou leur affiliation politique. Certes, l'antisémitisme ne fut jamais érigé en doctrine officielle du mouvement blanc ou d'aucun autre mouvement combattant le bolchevisme. Les massacres de juifs ne devinrent qu'une "habitude", un "réflexe", une évidence aussi limpide que le signe d'égalité juif = bolchevik. Les guerres civiles russes firent ainsi le lit d'un mythe aux conséquences dévastatrices - le mythe du judéo-bolchevisme. Walter Laqueur a fort justement souligné l'influence des milieux antisémites russes émigrés en Allemagne (...) sur l'idéologue nazi Alfred Rosenberg (...) Si l'on part en quête des causalités, des "conditions de réalisation", des liens entre les évènements décrits par les victimes elles-mêmes dans le présent ouvrage et l'extermination totale des Juifs d'Europe qui eut lieu deux décennies plus tard - un génocide qui débuta précisément dans ces mêmes lieux l'Ukraine occidentale et la Biélorussie-, n'est-il pas plus pertinent de voir avant tout dans les violences de masse et les crimes de guerre antisémites commis en 1918-1921 ce "chaînon manquant", longtemps oublié ou occulté, qui relie l'antijudaÏsme "traditionnel" des pogroms à la Shoah ? »
Nicolas Werth, « Dans l'ombre de la Shoah : les pogroms des guerres civiles russes, 1918-1921 », Le livre des pogroms. Antichambre d'un génocide Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1921. Traduit du russe par Nicolas Werth, Patrick Bensimon, Claire Le Foll et Ekaterina Pichugina., p.46-47, Calmann-levy - Memorial de la Shoah sous la direction de Lidia Miliakova, Paris, 2006.
« Le présent recueil de documents éclaire un aspect central et méconnu de la guerre civile dans l'ex-Empire russe entre 1918 et 1922 : les pogroms antiJuifs en Ukraine, en Biélorissie et dans certaines provinces occidentales de la Russie. On a toujours appelé pogroms, et c'est encore le cas aujourd'hui, le déferlement de violence qui s'est abattu sur ces régions et qui a visé spécifiquement sa population juive, alors qu'en réalité on a affaire ici à une explosion de violence ethnique qui a fait au moins 150. 000 victimes. Il faut replacer cette violence dans le contexte de l'époque, un contexte marqué par une dégradation de tous les liens sociaux, par l'apparition de nouvelles structures étatiques en Ukraine, en Biélorussie et en Russie, par l'effondrement des valeurs morales de la société et par la dévalorisation du prix de la vie humaine. Ces processus apparurent au cours de la Première Guerre mondiale et s'amplifièrent encore durant la guerre civile qui s'ensuivit. »
Lidia, Miliakova, Le livre des pogroms. Antichambre d'un génocide Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1921. Traduit du russe par Nicolas Werth, Patrick Bensimon, Claire Le Foll et Ekaterina Pichugina., p.7, Introduction, calmann-lévy, Paris, 2006.

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Sous-arguments [ modifier ]

Les états-majors étrangers sont complices de cette proto-shoah.

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Les états-majors étrangers sont complices de cette proto-shoah.
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Lénine et ses amis font pénaliser dans leurs rangs les participations à cette protoshoah
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« ... les états-majors occidentaux peuvent une fois l'armistice signé en novembre 1918 se concentrer à plein temps sur le seul front de la guerre menée contre les rouges.Dès lors les Français arment ouvertement les troupes tsaristes du général Dénikine, laissant le soin aux Allemands d'appuyer les cosaques de la région du Don et aux Anglais celui de bombarder les zones bolcheviques à l'arme chimique. Tous supportent sans réserve la Terreur blanche et cautionnent ainsi les pillages, les exécutions, les tortures, les massacres, les viols, ainsi que les odieux pogroms responsables de la mort de centaines de milliers de juifs, soit le pire génocide antisémite jamais intervenu avant celui que perpétreront quelques années plus tard les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Qui s'en souvient ? »
Olivier Besancenot, Que faire de 1917 ? Une contre-histoire de la révolution russe., p.131, Seconde partie Les Soviets victimes de la Contre-Révolution , chapitre 1, 1917 prise au piège de la guerre civile ; le monde déclare la guerre à la révolution russe., Autrement, Paris, 2017.

En juillet 1918 Lénine et ses amis font au contraire pénaliser dans leurs rangs les participations assez rares à cette proto-shoah

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Objections

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