Dieu existe-t-il ? (nouvelle version)

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Sommaire

Pour comprendre le débat

Définition

Dieu est l'Être transcendant créateur de l'Univers. C’est de ce dont nous parlons quand nous parlons de Dieu, abstraction faite des milles et une conceptions particulières que l’on peut s’en faire.

Préalables

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Acteurs du débat

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Histoire du débat

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Voir aussi : Arguments sur l'existence de Dieu sur Wikipédia.

Carte des arguments

POUR
CONTRE

Dieu est nécessaire à l'agir humain
Il existe des interventions divines
Il existe une morale indépendante des hommes
L'existence de Dieu est contenue dans son concept
L'hypothèse de Dieu est plus simple que l'hypothèse athéiste
L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur
L'univers a une cause première
Nous avons en nous des concepts que nous n'avons pas pu créer
Seul Dieu est garant de la réalité et de la véracité du monde

Dieu est un concept contradictoire
Dieu est une invention
Dieu n'est que le nom de notre ignorance
Dieu ne permettrait pas l'existence du mal
Il n'existe pas d'esprit en dehors de la matière
L'existence humaine n'est pas à la hauteur de Dieu
L'homme est déterminé
L'homme est libre
Les religions se contredisent
Rien ne montre l'existence d'un dieu

Arguments POUR

L'univers a une cause première

Il ne devrait exister rien exister

Il n'existe pas de « génération spontanée » ni d'objets qui apparaissent d'un coup à partir du vide absolu. « Du néant, rien ne naît. » Il y a donc une cause nécessaire à l'univers. Cette cause est l'Être, la Substance (ce qui se tient « en dessous »).
« Maintenant il faut s’élever à la métaphysique, en nous servant du grand principe, peu employé communément, qui porte que rien ne se fait sans raison suffisante ; c’est-à-dire que rien n’arrive sans qu’il soit possible à celui qui connaîtrait assez les choses de rendre une raison qui suffise pour déterminer pourquoi il en est ainsi, et non pas autrement. Ce principe posé, la première question qu’on a droit de faire sera : Pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien? Car le rien est plus simple et plus facile que quelque chose. »

Il ne peut y avoir une infinité de causes

« La seconde voie [pour prouver l'existence de Dieu] part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul. D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu. »
Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 2, art. 3.
« La raison suffisante de l’existence des choses ne saurait être trouvée ni dans aucune des choses singulières, ni dans tout l’agrégat ou la série des choses. Supposons que le livre des éléments de la géométrie ait existé de tout temps et que les exemplaires en aient toujours été copiés l’un sur l’autre : il est évident, bien qu’on puisse expliquer l’exemplaire présent par l’exemplaire antérieur sur lequel il a été copié, qu’on n’arrivera jamais, en remontant en arrière à autant de livres qu’on voudra, à la raison complète de l’existence de ce livre, puisqu’on pourra toujours se demander, pourquoi de tels livres ont existé de tout temps, c’est-à-dire pourquoi il y a eu des livres et pourquoi des livres ainsi rédigés. Ce qui est vrai des livres, est aussi vrai des différents états du monde, dont le suivant est en quelque sorte copié sur le précédent, bien que selon certaines lois de changement. Aussi loin qu’on remonte en arrière à des états antérieurs, on ne trouvera jamais dans ces états la raison complète, pour laquelle il existe un monde et qui est tel. On a donc beau se figurer le monde comme éternel : puisqu’on ne suppose cependant rien que des états successifs, qu’on ne trouvera dans aucun de ces états sa raison suffisante, et qu’on ne se rapproche nullement de l’explication en multipliant à volonté le nombre de ces états, il est évident que la raison doit être cherchée ailleurs. […] D’où il est manifeste que, même en supposant le monde éternel, on ne saurait éviter la nécessité d’admettre que la raison dernière des choses est au-delà du monde, qu’elle est Dieu. »
Leibniz, De l’origine radicale des choses, 1697.
« Supposé que des choses doivent exister, il faut qu’on puisse rendre raison pourquoi elles doivent exister ainsi, et non autrement. Or, cette raison suffisante de l’existence de l’univers ne se saurait trouver dans la suite des choses contingentes, c’est-à-dire des corps et de leurs représentations dans les âmes ; parce que la matière étant indifférente en elle-même au mouvement et au repos, et à un mouvement tel ou tel autre, on n’y saurait trouver la raison du mouvement, et encore moins d’un tel mouvement. Et quoique le présent mouvement qui est dans la matière vienne du précédent, et celui-ci encore d’un précédent, on n’en est pas plus avancé, quand on irait aussi loin que l’on voudrait ; car il reste toujours la même question. Ainsi, il faut que la raison suffisante, qui n’ait plus besoin d’une autre raison, soit hors de cette suite des choses contingentes, et se trouve dans une substance qui en soit la cause, et qui soit un être nécessaire, portant la raison de son existence avec soi ; autrement on n’aurait pas encore une raison suffisante où l’on puisse finir. Et cette dernière raison des choses est appelée Dieu. »

Il ne peut y avoir un passé infini

L'athéisme a presque toujours été lié à l'idée que l'univers est éternel. Un univers surgissant tout à coup implique un commencement absolu, difficilement intelligible et qui pointe vers l'idée du Dieu créateur.
« Si le monde a toujours existé, un nombre infini de jours a précédé celui-ci. Mais on ne peut parcourir l’infini. Donc on ne serait jamais parvenu au jour présent, ce qui est évidemment faux. »
Saint Bonaventure (selon Thomas d'Aquin), Somme théologique, Ia, q. 46, art. 2, arg. 6 et ad.6.
« Le principe de l’argument du kalam est que l’hypothèse d’un passé infini est tout simplement absurde. Autrement dit, l’hypothèse d’un passé infini conduit à des contradictions logiques insurmontables, qui prouvent que le passé n’est pas infini parce qu’il ne peut pas l’être. La finitude du passé n’est donc pas rencontrée comme un fait, mais déduite a priori comme une nécessité. Or, s’il est impossible que le passé soit infini, il faut affirmer que l’univers a nécessairement commencé, et le temps avec lui. Voici l’argument :
  1. L’existence d’un univers perpétuel, c’est-à-dire sans commencement, implique celle d’un passé infini.
  2. Or l’existence d’un passé infini implique l’existence d’un nombre infini d’événements passés.
  3. Or l’existence d’un nombre réellement infini d’événements passés est impossible.
  4. Par conséquent, le passé ne peut pas être infini, et l’univers ne peut pas être éternel. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.212, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
« Dans ce cas-là [le cas où le monde a un commencement dans le temps], il existe un premier terme de la série. Peut-on affirmer qu’il a une cause ? On peut toujours essayer, mais il n’y a pour cela qu’une solution, qui est de soutenir qu’il est cause de lui-même (puisqu’il n’est précédé par rien) ; malheureusement, la notion de « cause de soi » est inconsistante, comme nous l’avons dit [puisqu’« elle suppose qu’un être se précède lui-même dans l’existence pour se faire exister »]. Donc le premier terme ne saurait être cause de lui-même. Il est donc incausé. Si l’on refuse cette solution, au motif que tout a une cause (c’est en effet l’hypothèse), il faut alors affirmer que le premier terme est causé… par le néant. Ce qui est également absurde, le néant n’ayant pas le pouvoir de causer quoi que ce soit. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.101, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

L'univers a commencé d'exister avec le Big Bang

Le Big Bang implique le surgissement brusque de l'univers à partir d'un point Alpha. Qu'y avait-il avant le Big Bang ? On ne peut pas supposer qu'il n'y avait rien, que l'énergie primordiale s'est posée toute seule. Donc il y avait un Créateur.
« En première analyse, on dira qu’une chose a commencé s’il existe un temps en deçà duquel elle n’existait pas. Tous les êtres particuliers qui nous entourent sont dans ce cas. La conclusion que nous pouvons en tirer, c’est qu’aucun n’existe par lui-même et qu’ils ont tous eu une cause. Or, il se trouve que d’après la théorie standard du Big Bang, la totalité de la matière a surgi dans l’existence à un instant précis dans le passé (qu’on date à environ 13,7 milliards d’années, lorsque la totalité de la matière, infiniment concentrée, a commencé son expansion, qui se poursuit toujours). Autrement dit, il semble qu’on ne puisse pas remonter indéfiniment dans le passé, mais que l’histoire de l’univers ait un début. Bref, l’univers aurait commencé. En quoi cela devrait-il entraîner une conséquence en métaphysique ? Pour une raison très simple qu’on peut exposer de la manière suivante :
  1. Tout ce qui a un commencement a une cause ;
  2. Or l’univers a un commencement ;
  3. Donc l’univers a une cause. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.229-230, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers

  • On ne peut parler de causalité pour l'univers car la causalité est une notion qui est le fruit de nos habitudes issues de nos sens (Hume)
  • Le principe de causalité ne s'applique que dans le monde sensible (Kant)
  • Sophisme de composition (Russell)
    « Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
    David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie.
    « J’ai dit un peu plus haut que, dans cet argument cosmologique, se cachait toute une nichée de prétentions dialectiques que la critique transcendantale peut aisément découvrir et détruire. Je vais maintenant me borner à les indiquer et laisser au lecteur déjà exercé le soin de scruter plus à fond et de réfuter les principes illusoires. On y trouve donc, par exemple : 1° le principe transcendantal qui nous fait conclure du contingent à une cause, principe qui n’a de valeur que dans le monde sensible, mais qui n’a plus même de sens hors de ce monde. Car le concept purement intellectuel du contingent telle que celle de la causalité et le principe de cette dernière n’a aucune valeur ni aucun critérium de son usage ailleurs que dans le seul monde sensible ; or, ici, il devrait servir précisément à sortir du monde sensible. 2° Le principe qui nous sert à conclure de l’impossibilité d’une série infinie de causes données les unes au-dessus des autres dans le monde sensible à une première cause, principe dont les principes de l’usage ne nous autorisent pas à nous servir même dans l’expérience et qu’à plus forte raison nous ne pouvons pas étendre au-delà de l’expérience (là où cette chaîne ne peut pas être prolongée). »
    Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, A 609.

L'univers n'a pas de cause ni de raison d'être

Pas de cause car :

  • il n'existe rien en dehors de l'univers qui soit susceptible de le causer
  • on ne voit pas en quoi pourrait consister une cause de l'univers
  • le principe de raison suffisante est (toujours, partout) faux (cf. "principe d’irraison" de Meillassoux)
    « C’est une maxime générale en philosophie que tout ce qui commence d’exister doit avoir une cause d’existence. Cette maxime est couramment considérée comme accordée dans tous les raisonnements sans aucune preuve donnée ou demandée. On suppose qu’elle est fondée sur l’intuition, et qu’elle est une de ces maximes que l’on peut nier avec les lèvres mais dont on ne peut douter réellement dans son cœur. […] Mais voici un argument qui prouve d’un seul coup que la proposition précédente n’est ni intuitivement ni démonstrativement certaine. Nous ne pouvons jamais démontrer la nécessité d’une cause pour toute nouvelle existence, ou pour toute nouvelle modification d’existence, sans montrer en même temps qu’il est impossible que quelque chose commence d’exister sans un principe producteur ; et si la dernière proposition ne peut être prouvée, nous devons désespérer d’être jamais capables de prouver la première. Or cette dernière proposition n’est absolument pas susceptible d’une preuve démonstrative ; nous pouvons nous en assurer en considérant que, comme toutes les idées distinctes sont séparables les unes des autres, et comme les idées de la cause et de l’effet sont évidemment distinctes, il nous sera aisé de concevoir qu’un objet n’existe pas à un moment, et qu’il existe au moment suivant, sans y joindre l’idée distincte d’une cause ou d’un principe producteur. Il est donc clairement possible à l’imagination de séparer l’idée d’une cause de l’idée de commencement d’existence, et, par conséquent, la séparation effective de ces objets est possible pour autant qu’elle n’implique ni contradiction ni absurdité ; et donc, elle n’est pas susceptible d’être réfutée par un raisonnement partant des seules idées ; et, sans ce raisonnement, il est impossible de démontrer la nécessité d’une cause. »
    David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, partie III, section III.
    « Pourquoi n’y aurait-il pas un stock permanent de matière dont l’essence n’impliquerait pas l’existence mais qui ne dériverait son existence de rien d’autre ? »
    John Leslie Mackie, The Miracle of Theism, Oxford University Press, 1982.
    « Rien, en vérité, n’a de raison d’être et de demeurer ainsi plutôt qu’autrement – pas plus les lois du monde, que les choses du monde. Tout peut très réellement s’effondrer – les arbres comme les astres, les astres comme les lois, les lois physiques comme les lois logiques »
    Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.73, Le Seuil, Paris, 2006.

L'univers s'est créé à partir de rien

« Parce qu’une loi comme la gravitation existe, l’Univers peut se créer et se créera spontanément à partir de rien […]. La création spontanée est la raison pour laquelle il existe quelque chose plutôt que rien. »
Stephen Hawking, The Grand Design.

L'univers n'a pas de commencement

L'univers n'a une cause que s'il a un commencement. Mais si l'univers n'a aucun commencement, il n'y a pas rechercher sa cause. L'univers est auto-explicatif, il n'y a pas besoin de supposer un Dieu.
« L’idée que l’espace et le temps puissent former une surface close sans bord a donc de profondes implications pour le rôle de Dieu dans les affaires de l’univers. Le succès des théories scientifiques dans la description des événements a conduit la plupart des gens à estimer que Dieu permet à l’univers d’évoluer dans le cadre d’un ensemble de lois et qu’il n’intervient pas dans l’univers pour enfreindre ces lois. Pourtant, ces lois ne nous disent pas à quoi l’univers a dû ressembler à son commencement — il reviendrait encore à Dieu de remonter l’horloge et de décider la façon de la mettre en marche. Tant que l’univers avait un commencement, on pouvait supposer qu’il avait un créateur. Mais si l’univers était vraiment complètement auto-contenu, sans bord ni frontière, il n’aurait ni commencement ni fin : il serait, tout simplement. Quelle place resterait-il pour un créateur ? »
Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, Paris, 1989.

L'univers est contingent

Raisonnement de Sartre : si l'univers trouve sa raison d'être dans un être nécessaire, alors il doit être nécessaire. Or, l'univers est contingent. Donc Dieu, être nécessaire, n'a pas créé l'univers.
« Il est nécessaire qu’il y ait quelque chose et non pas rien, parce qu’il est nécessairement contingent qu’il y ait quelque chose et non pas quelque autre chose. La nécessité de la contingence de l’étant impose l’existence nécessaire de l’étant contingent. »
Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.103, Le Seuil, Paris, 2006.

La cause première est le Big Bang

L'univers est causé par le Big Bang ; "avant" le Big Bang, l'espace et le temps n'existaient pas, on ne peut donc pas chercher "la cause" du Big Bang. L'univers est une singularité absolue.

La cause première est un point immatériel

Voir Quentin Smith, « Time was a timeless point », God and time : Essays on the divine nature
« nous pensons que la solution de Smith n’est pas crédible, et cela pour une raison simple. Un point n’est pas une réalité concrète, mais une pure abstraction. Or une abstraction n’a aucun pouvoir causal. Il est parfaitement exact qu’un point présente un certain nombre des déterminations que nous avons exigées de la cause première : simplicité, absence de parties, inextension, etc. Il lui manque seulement l’existence ! Nommer la cause première « point » présente un seul avantage : ne pas l’appeler esprit. Mais un point n’est rien d’autre que le degré ultime d’exténuation de la réalité physique. Il n’existe aucune réalité ponctuelle, sinon dans l’abstraction mathématique géométrique. Si l’on prétend ne pas faire de géométrie, mais se situer dans le plan des êtres réellement existants, parler d’un point est une façon de signifier ou bien le néant ou bien l’esprit. Admettre à la fois que l’univers a une cause et que la seule façon de désigner cette cause dans la langue scientifique soit d’en parler d’un point, c’est tout simplement dire, sans le dire, que cette réalité n’est pas physique. Car ou bien elle est vraiment un point, et elle n’est rien, et ne peut donc être la cause de rien ; ou bien elle est sans dimension spatiale et vraiment existante, et alors elle est un esprit. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.157, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Tout a une cause, et Dieu en particulier

= L'argument de la cause première est un paralogisme.
« Si tout doit avoir une cause, alors Dieu doit avoir une cause. S’il existe quelque chose qui n’ait pas de cause, ce peut être aussi bien le monde que Dieu, si bien que cet argument ne présente aucune valeur. »
Bertrand Russell, « Pourquoi je ne suis pas chrétien », Le mariage et la morale, 10/18, 1997.
« L’argument de Cléanthe, on l’a vu, repose sur cette idée que tout ordre manifeste une cause finale, c’est-à-dire un dessein formé dans une pensée consciente. Mais, remarque Philon, la mise en ordre de nos pensées requiert une cause, en l’occurrence un principe d’organisation. Si, par conséquent, on suit la logique de Cléanthe, qui conçoit la pensée divine par analogie avec la pensée humaine, on se trouve engagé dans une régression à l’infini ; la formation du dessein divin suppose une nouvelle cause spirituelle qui demande à son tour à être expliquée et ainsi de suite. Jamais on ne parviendra par cette voie à l’idée d’une cause première. »
David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, introduction, 1779.

Il n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première

Au mieux, l'argument de la cause première reviendrait à dire qu'il y a, en-dessous des phénomènes, une Substance qui les soutient. Mais comment attribuer à cette Substance des qualités telles que l'intelligence, la bonté, ou d'autres attributs traditionnels de Dieu ?
« Au demeurant, quand bien même on donnerait raison à Leibniz et au principe de raison, cela prouverait seulement l’existence d’un être nécessaire. Mais qu’est-ce qui nous prouve que cet être soit Dieu, je veux dire un Esprit, un Sujet, une Personne (ou trois) ? Ce pourrait être aussi bien l’apeiron (l’infini, l’indéterminé) d’Anaximandre, le feu toujours changeant d’Héraclite (le devenir), l’Être impersonnel de Parménide, le Tao – tout aussi impersonnel – de Lao-tseu… Ce pourrait être la Substance de Spinoza, laquelle est absolument nécessaire, cause de soi et de tout, éternelle et infinie, mais immanente (ses effets sont en elle) et dépourvue, je le rappelais à propos de la preuve ontologique, de tout trait anthropomorphique : elle est sans conscience, sans volonté, sans amour. Spinoza l’appelle «Dieu», certes, mais ce n’est pas un Bon Dieu : ce n’est que la Nature (c’est ce qu’on appelle le panthéisme spinoziste : « Deus sive Natura, Dieu c’est-à-dire la Nature »), laquelle n’est pas un sujet et ne poursuit aucun but. À quoi bon la prier, puisqu’elle ne nous écoute pas ? Comment lui obéir, puisqu’elle ne nous demande rien ? Pourquoi lui faire confiance, puisqu’elle ne s’occupe pas de nous ? Et que reste-t-il alors de la foi ? Leibniz ne s’y est pas trompé. Ce panthéisme-là est plus près de l’athéisme que de la religion. »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
« Pour revenir à la régression infinie et à la futilité d’invoquer Dieu pour y mettre fin, il est plus économique de faire apparaître, mettons, une « singularité Big Bang », ou quelque autre concept physique encore inconnu. Cela n’apporte rien, au mieux, de l’appeler Dieu, et au pire, c’est trompeur et pernicieux. La « Recette sans queue ni tête des côtelettes crumboblieuses » d’Edward Lear nous invite à nous « procurer des émincés de bœuf, et après les avoir coupés en morceaux le plus petits possible, continuer à les couper en morceaux de huit à neuf fois plus petits ». Certaines régressions aboutissent en fait à une fin naturelle. Les scientifiques se demandaient jadis ce qui se passerait si l’on disséquait, mettons, de l’or en fragments le plus petits possible. Pourquoi ne pourrait-on pas en coupant un de ces fragments en deux obtenir un grain d’or encore plus petit ? Dans ce cas-là, la régression s’achève définitivement à l’atome. Le morceau d’or minimal est un noyau constitué d’exactement soixante-neuf protons et un peu plus de neutrons, entourés, de soixante-dix-neuf électrons. Si vous « découpez » l’or au-delà du noyau de l’atome unique, vous aurez tout autre chose que de l’or. L’atome est ce terminateur naturel à la régression de type côtelettes crumboblieuses. Mais rien n’indique le moins du monde que Dieu joue ce rôle de terminateur naturel à la régression de Thomas d’Aquin. »
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, Robert Laffont, Paris, 2008.

La cause première est inconnaissable

« Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Ainsi la question de l’être est première, et revient toujours. Or, à cette question, nul ne peut répondre. Affirmer que l’être est éternel, ce n’est pas l’expliquer : qu’il y ait toujours eu de l’être, cela nous dispense d’en chercher le commencement ou l’origine, non d’en chercher la raison. Penser l’être comme nécessaire, ce n’est pas davantage l’expliquer ; c’est constater qu’il ne s’explique que par lui-même (il est « cause de soi», disent souvent les philosophes), ce qui le rend, pour nous et à jamais, inexplicable. Les philosophes n’échappent pas davantage au mystère que les physiciens ou les théologiens. Pourquoi le big-bang plutôt que rien ? Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Pourquoi tout plutôt que rien ? La question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?» se pose d’autant plus nécessairement qu’elle est sans réponse possible. C’est ce qui la rend fascinante, éclairante, tonique : elle nous renvoie à ce que j’appelle le mystère de l’être, indissociable de son évidence. Elle nous réveille de notre sommeil positiviste. Elle secoue nos habitudes, nos familiarités, nos prétendues évidences. Elle nous arrache, au moins un temps, à l’apparente banalité de tout, à l’apparente normalité de tout. Elle nous renvoie à l’étonnement premier : il y a quelque chose, et non pas rien ! Et personne, jamais, ne pourra dire pourquoi. puisqu’on ne pourrait expliquer l’existence de l’être que par un être, autrement dit qu’à la condition de présupposer d’abord ce qu’on veut expliquer. L’existence de l’être est donc foncièrement mystérieuse, c’est cela qu’il faut comprendre, et que ce mystère est irréductible. Parce qu’il est impénétrable ? Au contraire : parce que nous sommes dedans. Parce qu’il est trop obscur ? Au contraire : parce qu’il est la lumière même. »
André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.

L'ordre et la complexité du monde supposent un créateur

Pour rendre compte du plan d'ensemble du monde

« Si je vois l'horloge, je suppose un horloger » (Voltaire). L'univers forme un tout ordonné par des lois ; ce Tout a produit des systèmes planétaires stables, puis le vivant, enfin la conscience. Attribuer une telle séquence au seul hasard est absurde. Chaque étape du développement cosmique montre qu'une intelligence créatrice est à l’œuvre.
« Mais enfin toute la nature montre l’art infini de son auteur. Quand je parle d’un art, je veux dire un assemblage de moyens choisis tout exprès pour parvenir à une fin précise : c’est un ordre, un arrangement, une industrie, un dessein suivi. Le hasard est tout au contraire une cause aveugle et nécessaire, qui ne prépare, qui n’arrange, qui ne choisit rien, et qui n’a ni volonté ni intelligence. Or je soutiens que l’univers porte le caractère d’une cause infiniment puissante et industrieuse. Je soutiens que le hasard, c’est-à-dire le concours aveugle et fortuit des causes nécessaires et privées de raison, ne peut avoir formé ce tout. […] Qui trouverait dans une île déserte et inconnue à tous les hommes une belle statue de marbre, dirait aussitôt : sans doute il y a eu ici autrefois des hommes : je reconnais la main d’un habile sculpteur : j’admire avec quelle délicatesse il a su proportionner tous les membres de ce corps, pour leur donner tant de beauté, de grâce, de majesté, de vie, de tendresse, de mouvement et d’action. Que répondrait cet homme si quelqu’un s’avisait de lui dire : non, un sculpteur ne fit jamais cette statue. Elle est faite, il est vrai, selon le goût le plus exquis, et dans les règles de la perfection ; mais c’est le hasard tout seul qui l’a faite. Parmi tant de morceaux de marbre, il y en a eu un qui s’est formé ainsi de lui-même ; les pluies et les vents l’ont détaché de la montagne ; un orage très-violent l’a jeté tout droit sur ce piédestal, qui s’était préparé de lui-même dans cette place. C’est un Apollon parfait comme celui du Belvédère : c’est une Vénus qui égale celle de Médicis : c’est un Hercule qui ressemble à celui de Farnèse. Vous croiriez, il est vrai, que cette figure marche, qu’elle vit, qu’elle pense, et qu’elle va parler : mais elle ne doit rien à l’art ; et c’est un coup aveugle du hasard, qui l’a si bien finie et placée. »
Fénelon, Traité de l’existence de Dieu, Éditions Universitaires, Grenoble, 1990.
« Est-ce donc être homme que d’attribuer non à une cause intelligente, mais au hasard, les mouvements si réglés du ciel, le cours si régulier des astres, et tant d’autres choses si bien proportionnées et conduites avec tant de raison que notre raison se perd à les vouloir approfondir ? Quand nous voyons des machines qui se meuvent artificiellement, une sphère, une horloge, et autres objets semblables, nous ne doutons pas que l’esprit ait eu part à ce travail. Comment donc pouvons-nous douter que le monde soit dirigé, je ne dis pas simplement par une intelligence, mais par une excellente et divine intelligence, quand nous voyons le ciel se mouvoir avec une prodigieuse vitesse, et faire succéder annuellement les unes aux autres les diverses saisons, qui vivifient et qui conservent tout ? Laissant donc de côté toute discussion subtile, nous pouvons maintenant repaître nos yeux du spectacle de ces belles choses, dont nous rapportons rétablissement à une divine providence. »
Cicéron, De la nature des dieux, livre II, § 97-98, 45 av. J.-C..
« Supposez qu’en parcourant une lande, mon pied rencontre une pierre, et qu’on me demande comment cette pierre est arrivée là. Je pourrais répondre que, pour autant que je sache et jusqu’à preuve du contraire, elle était là depuis toujours; et peut-être ne serait-il pas très facile de montrer l’absurdité de cette réponse. Mais supposez que j’aie trouvé une montre par terre, et qu’on demande comment la montre est arrivée à cet endroit, je trouverais impensable de répondre, comme précédemment — que, pour autant que je sache, la montre pourrait avoir toujours été là. Une telle réponse ne servirait pas aussi bien dans le cas de la montre que dans le cas de la pierre. Mais pourquoi ? Pourquoi l’admet-on moins dans le second cas que dans le premier ? Pour cette raison, et pour nulle autre, à savoir que, en inspectant la montre, nous nous apercevons (ce que nous ne pouvions pas découvrir dans la pierre) que ses différentes parties sont conçues et assemblées dans une intention, que par exemple elles sont formées et ajustées de manière à produire un mouvement, et que ce mouvement est réglé de manière à indiquer l’heure de la journée; et que, si les différentes parties avaient été ouvrées différemment de ce qu’elles ont été, d’une dimension différente de la leur, ou disposées d’une autre manière, ou dans n’importe quel autre ordre que celui où elles sont placées, alors aucun mouvement n’aurait pu être entretenu dans le dispositif, ou du moins aucun mouvement qui réponde à l’usage auquel il sert à présent [...] Cette inférence est, pensons-nous, inévitable : la montre doit avoir eu un fabriquant : il doit y avoir existé, à un moment donné, à un endroit ou à un autre, un artisan ou plusieurs qui l’ont fabriquée dans une intention, à laquelle nous trouvons qu’elle répond ; ils ont compris sa fabrication, et conçu son utilisation. »
William Paley, Théologie naturelle, 1803.

Pour expliquer l'existence des lois de la nature

L'univers n'est pas un chaos informe, mais une matière informée, structurée par des lois. S'il n'y avait pas d'intelligence créatrice, il devrait être un magma d'énergie. L'existence de ces lois stables pose question. D'où viennent-elles ? Ne sont-elles pas crées et maintenues par un Dieu créateur ?
« Tout obéit à des lois : la biologie, la physique, la chimie, même la sociologie et la psychologie humaines. D’où viennent-elles ? Une loi ne se fait pas toute seule, mais elle est toujours établie par quelqu’un. Or qui est au-dessus et en dehors de l’univers pour en faire ses lois ? »
Hubert Reeves.

Pour expliquer l'ajustement des lois de l'univers

Il existe quelques constantes fondamentales. Les valeurs de ces constantes sont données, sans que l'on puisse les expliquer. Si l'une de ces constantes variait de quelques centièmes, l'univers ne pourrait pas exister : soit il s'effondrerait sur lui-même, ou se disperserait sans former de galaxies, etc. Ces constantes sont donc ajustées d'une façon totalement improbable, pour permettre l'univers, la vie et la conscience. Seul Dieu a pu créer un tel ajustement.
« Depuis près de quarante ans, les scientifiques ont établi que l'existence de la vie était suspendue à un paramétrage extrêmement fin des conditions initiales de l'univers. Les capacités de calcul des ordinateurs ont en effet permis de simuler ce qu'aurait été l'univers si deux types de données avaient été différentes : les constantes qui figurent dans l'expression mathématique des lois physiques (par exemple G dans la loi de Newton F = G * m1 * m2 / d2) et les conditions initiales de l'univers (le niveau d'entropie, la densité, la vitesse d'expansion, le rapport entre matière et antimatière, etc.). Il va de soi que ces données ne sont pas déterminées par les lois physiques elles-mêmes, et que les lois pourraient rester les mêmes avec des constantes différentes (par exemple G pourrait être égal 7,673 au lieu de 6,673). On aurait pu penser que, vaille que vaille, à peu près n'importe quel arrangement eût donné un univers différent mais habitable, ou du moins riche en complexité. Eh bien pas du tout ! À leur étonnement, les scientifiques ont découvert qu'une modification minime d'une constante ou des conditions initiales entraînait la stérilité complète de l'univers. Il suffit de modifier d'un léger tour de vis les conditions physiques une seconde après le Big Bang pour rendre impossible la formation des étoiles, donc la synthèse des atomes lourds, donc la chimie, donc a fortiori toute formation de molécules complexes carbonées. [...] On peut multiplier les exemples, au moins pour donner quelques ordres de grandeur : si l'on augmente la force nucléaire forte de 1 %, l'apparition du carbone devient impossible. Si l'on augmente de 2 %, les protons ne peuvent plus se former à partir des quarks, tant et si bien qu'il n'y a même plus d'atomes dans la nature. Si on la diminue de 5 %, aucune synthèse d'éléments lourds n'est possible et l'univers n'est qu'un immense amas d'hydrogène. Si l'on s'intéresse maintenant à la force nucléaire faible, on voit qu'une valeur plus forte aurait empêché la fusion à l'intérieur des étoiles, nécessaire à la synthèse des éléments lourds indispensables à la constitution, bien plus tard, des molécules organiques. L'univers ne serait que de l'hydrogène. Plus faible et l'univers ne serait fait que d'hélium. Si la force gravitationnelle avait été légèrement plus grande, toutes les étoiles auraient été des « naines rouges », empêchant l'apparition des systèmes solaires propres à la vie. Légèrement plus faible, et les étoiles auraient brûlé trop vite pour que la vie pût apparaître. Des simulations ont également été menées sur la densité de l'univers et sa vitesse d'expansion : d'après Hawking, à l'ère de Planck, 10-43 seconde après le Big Bang, si la densité de l'univers avait été infinitésimalement différente, l'espace n'aurait pas été euclidien et la vie impossible. On pourrait continuer longtemps. L'abondance des « coïncidences anthropiques » est elle qu'elle est presque devenue un genre littéraire. Il existe plusieurs dizaines de constantes indépendantes les unes des autres, dont une modification minime aurait entraîné la stérilité de l'univers. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

Pour expliquer l'apparition de la vie

On constate que la vie existe, mais on ne sait pas expliquer le passage de l'inerte au vivant. Ainsi, on n'a jamais pu reconstituer au laboratoire un tel passage. Par ailleurs, les combinaisons biologiques demandées par réussir l'apparition de la vie à partir de la « soupe primitive » sont très complexes et hautement improbables. Cf. Fred Hoyle
« Sais-tu que la science ne sait toujours pas expliquer et ni même définir ce qu’est la vie, son essence, ni d’où elle vient ? Qu’est-ce qui anime d’un « souffle » nos cellules et où part la vie quand elle « quitte » définitivement notre corps ? La vie est donnée. Nous sommes bien obligés de le constater et là dessus tout le monde est d’accord. Donnée par qui ? »

Pour expliquer la création, l'adaptation et la complexité des espèces

La théorie de l'évolution, qui suppose la création de nouveaux organes par évolutions successives, ne marche pas : en effet, les embryons d'organes ou types de transition entre deux organes ne sont pas avantageux. Il faut des sauts brusques d'un organe pleinement constitué à un autre pour qu'il y ait avantage adaptatif. Ces sauts brusques restent inexpliqués. Ont-ils été programmés par Dieu ?

Le biologiste australien Michael Denton passe un chapitre de son ouvrage L'évolution a-t-elle un sens ? à étudier le problème de l'oeil de la langouste. On constate chez des races proches de crustacés deux types d'yeux fonctionnant selon un principe optique différent. Pour les langoustes, il s'agit d'unités visuelles carrées : elles sont composées d'unités oculaires consistant en un minuscule tube de section carrée, à peu près deux fois plus long que large et dont les faces latérales sont des miroirs plans. Les rayons lumineux sont réfléchis par les miroirs latéraux pour converger sur un même point de la rétine. Or chez la grande majorité des crustacés, les unités oculaires sont rondes ou hexagonales, car fondées sur le principe de la réfraction. On ne rencontre aucun type intermédiaire entre ces genres d'yeux. Et bien sûr, il n'y a pas trace de fossiles dotés de cet organe embryonnaire ! En réalité, on ne peut guère concevoir ce que serait cet oeil de transition entre celui qui fonctionne selon le principe de réflexion et celui qui utilise la réfraction "[…] tant diffèrent leurs agencements respectifs sur le plan de la géométrie et du fonctionnement optique. L'unité oculaire d'un type d'oeil de transition devrait à la fois se situer à mi-chemin entre l'hexagone et le carré, à mi-chemin entre la lentille réfractante et la surface réfléchissante, et néanmoins posséder les propriétés optiques nécessaires à la formation d'une image." (Michael Denton, L'évolution a-t-elle un sens ?, Fayard, page 486).

Pour expliquer le langage humain

L'être humain s'est doté d'un langage qui semble en rupture avec les modes de communication animales ; il a aussi créé l'art, la cuisine, la science. Ces différentes créations ont formé la culture, un monde à part entière qui se distingue de la nature. C'est l'indice que l'homme possède quelque chose de surnaturel.
« L’origine du langage demeure aujourd’hui un mystère. Un langage est complexe, a un but et utilise des concepts d’abstraction. Impossible que ce soit le produit d’un simple assemblage de molécules. Comment ne pas être émerveillé aussi devant l’ADN ? Rendons-nous compte : il y a aussi un langage qui préside au fonctionnement des organismes, nous y compris ! Qui pourrait soutenir, en découvrant un ordinateur sur une plage, que ce dernier est le résultat du hasard, de l’action des vents et des marées sur les matériaux, au fil du temps ? Ce serait un non-sens. »

Pour expliquer l'existence de la conscience

La conscience reste inexpliquée. On peut observer le système nerveux, fait d'impulsions électriques et d'échanges chimiques. Mais quel est le rapport entre des échanges chimiques et la vie intérieure ? Comment des entités dans l'espace (des particules en mouvement) pourraient-elles constituer un espace intérieur où dominent des phénomènes non spatiaux (sentiments, concepts, conscience de soi etc.) ? La conscience est énigmatique, elle ne peut pas être dérivée de la juxtaposition d'entités matérielles discrètes. C'est Dieu qui a doté les humains de la conscience.
« Certes, les processus évolutionnistes produisent l’existence des corps animaux et d’être humains en vertu des lois de la nature découvertes par les sciences physiques […]. Mais il y a, dans l’être humain, davantage que le corps. Les êtres humains (et les animaux supérieurs) sont des êtres conscients. Ils ont des pensées et des impressions ; les atomes n’ont pas de pensées ni d’impressions. Or la conscience […] ne peut pas être la propriété d’un simple corps, ou d’un objet matériel. Elle doit être une propriété de quelque chose d’autre en rapport avec le corps ; et à ce quelque d’autre je donnerai le nom traditionnel d’âme. À un certain stade de l’évolution, les corps d’animaux complexes ont été reliés à des âmes. C’est […] quelque chose qui dépasse absolument le pouvoir explicatif de la science. Le théisme, lui, peut expliquer cela : en effet, Dieu a le pouvoir de relier des âmes à des corps et il a des raisons de le faire. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.73, Ithaque, Paris, 2009.

Références

Dieu est une explication inexplicable

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L'ordre et la complexité du monde s'expliquent par la science

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Postuler un Dieu créateur est une vision anthropomorphique

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La notion d'ordre est une projection de l'esprit humain

« C’est donc nous-mêmes qui introduisons l’ordre et la régularité dans les phénomènes, que nous nommons nature, et nous ne pourrions les y trouver, s’ils n’y avaient été mis originairement par nous ou par la nature de notre esprit. En effet, cette unité de la nature doit être une unité nécessaire, c’est-à-dire certaine a priori de la liaison des phénomènes. Mais comment pourrions-nous mettre en place a priori une unité synthétique, si, dans les sources originaires de la connaissance de notre esprit, il n’y avait des principes subjectifs d’une telle unité, et si ces conditions subjectives n’étaient pas en même temps objectivement valables, puisqu’elles sont les principes de la possibilité de connaître en général un objet d’expérience ? »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Ak IV, 1781.

Le monde n'est pas ordonné mais chaotique

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Il existe des interventions divines

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Il existe une morale indépendante des hommes

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Dieu est nécessaire à l'agir humain

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Seul Dieu est garant de la réalité et de la véracité du monde

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L'existence de Dieu est contenue dans son concept

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Nous avons en nous des concepts que nous n'avons pas pu créer

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L'hypothèse de Dieu est plus simple que l'hypothèse athéiste

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Arguments CONTRE

Rien ne montre l'existence d'un dieu

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Il n'existe pas d'esprit en dehors de la matière

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Dieu ne permettrait pas l'existence du mal

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Les religions se contredisent

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L'homme est libre

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L'homme est déterminé

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Dieu est un concept contradictoire

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L'existence humaine n'est pas à la hauteur de Dieu

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Dieu est une invention

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Dieu n'est que le nom de notre ignorance

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Pour aller plus loin

Bibliographie

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Plutôt CONTRE

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Ni POUR ni CONTRE

  • Leszek Kołakowski, Philosophie de la religion, Gallimard, 1985.
  • Bernard Sève, La question philosophique de l'existence de Dieu, PUF, 1994.
  • Hans Küng, Dieu existe-t-il ?, Le Seuil, 1981.

Sitographie

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Vidéographie

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Débats connexes

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