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A
Aucun lien n'est prouvé entre la vaccination et l'autisme +There has been enormous debate regarding the possibility of a link between childhood vaccinations and the subsequent development of autism. This has in recent times become a major public health issue with vaccine preventable diseases increasing in the community due to the fear of a ‘link’ between vaccinations and autism. We performed a meta-analysis to summarise available evidence from case-control and cohort studies on this topic (MEDLINE, PubMed, EMBASE, Google Scholar up to April, 2014). Eligible studies assessed the relationship between vaccine administration and the subsequent development of autism or autism spectrum disorders (ASD). Two reviewers extracted data on study characteristics, methods, and outcomes. Disagreement was resolved by consensus with another author. Five cohort studies involving 1,256,407 children, and five case-control studies involving 9,920 children were included in this analysis. The cohort data revealed no relationship between vaccination and autism (OR: 0.99; 95% CI: 0.92 to 1.06) or ASD (OR: 0.91; 95% CI: 0.68 to 1.20), nor was there a relationship between autism and MMR (OR: 0.84; 95% CI: 0.70 to 1.01), or thimerosal (OR: 1.00; 95% CI: 0.77 to 1.31), or mercury (Hg) (OR: 1.00; 95% CI: 0.93 to 1.07). Similarly the case-control data found no evidence for increased risk of developing autism or ASD following MMR, Hg, or thimerosal exposure when grouped by condition (OR: 0.90, 95% CI: 0.83 to 0.98; p = 0.02) or grouped by exposure type (OR: 0.85, 95% CI: 0.76 to 0.95; p = 0.01). Findings of this meta-analysis suggest that vaccinations are not associated with the development of autism or autism spectrum disorder. Furthermore, the components of the vaccines (thimerosal or mercury) or multiple vaccines (MMR) are not associated with the development of autism or autism spectrum disorder.  +, The inclusion criteria contradicts the study’s title “Vaccines”, which by presumption include the full compliment of the 71 doses of vaccine prior to 18 years of age in the United States (CDC, 2014). The study only looked at thimerosal containing, and MMR vaccines, which excluded; rotavirus, haemophilus influenzae type b (HIB), pneumococcal, poliovirus, partial influenza doses, varicella, hepatitis A, human papillomavirus (HPV), and partial meningococcal. The old studies did include some of the Hepatitis B, and DTP, which included cumulative Hg dosage, and the MMR, however left out the subsequent nine vaccines.  +, This study repeatedly speaks of "cumulative mercury dosage", meaning that there was not a comparison between vaccinated verses unvaccinated. They simply studied individuals that had some mercury compared with other groups that had more. For example, smoking a few cigarettes a day, compared to those that smoke a pack a day shows no correlation to lung cancer, therefore smoking is safe. This was their inclusion criteria in a nutshell...  +,
D
D'autres revendications sont à préférer à celle d'un revenu de base +L’axe principal devrait donc être la réduction du temps de travail pour toutes et tous, assortie d’une extension du champ de la gratuité pour la satisfaction des besoins sociaux. De ce point de vue, la RTT et l’interdiction des licenciements posent concrètement la question d’une « démarchandisation » de la force de travail. Aujourd’hui une répartition égalitaire des heures de travail équivaudrait à une durée hebdomadaire de l’ordre de 30 heures, et qui pourrait descendre encore par suppression des emplois inutiles rendus nécessaires, par exemple par la non-gratuité des services publics ou par la croissance des dépenses liées à une concurrence improductive. Le niveau de vie serait amélioré principalement par l’extension des droits sociaux (droit à l’emploi, à la santé, au logement, etc.) assurée par un financement socialisé (gratuité ou quasi-gratuité). [...] Bref, il faut articuler la revendication de temps libre et celle de transformation du temps de travail, plutôt que de vouloir opposer la revendication du revenu garanti à celle de nouveau plein emploi.  +
Dieu existe-t-il ? +Admettons que vous vous trouviez dans un wagon qui roule sur une voie ferrée. Vous demandez à votre voisin pourquoi le wagon roule. S’il vous répond : « C’est très simple, le wagon roule parce qu’il est accroché au wagon précédent qui roule et l’entraîne », vous ne serez sûrement pas satisfait ; vous reposerez donc la même question pour le wagon précédent. Votre voisin réitère alors sa question : « Le wagon qui nous précède roule parce qu’il est entraîné par un troisième wagon, qui roule et l’entraîne. » Et si votre voisin s’entête et vous répond que le train dans lequel vous vous trouvez comporte un nombre infini de wagons, et qu’il sera toujours possible de trouver un wagon précédent pour expliquer le mouvement de tout wagon donné, vous ne vous satisferez pas et finirez par conclure que votre voisin n’a pas bien compris la question. En guise d’explication, votre voisin s’en tient, en effet, à reculer la question d’un cran. Mais cela ne sert à rien. Il est clair que vous ne cherchez pas à comprendre comment le mouvement se transmet, mais comment il est produit. Si seule la transmission est expliquée sans que la production ne le soit, on n’a pas répondu à la question. Et allonger la série des wagons ne saurait dissimuler l’incapacité de répondre. Aussi long soit-il, fût-il même infini, un train sans locomotive n’avancera pas.  +, Ainsi, trois thèses rivales avancent une explication ultime de tous les phénomènes observables. Elles doivent être examinées avec les quatre critères d’évaluation des scénarios explicatifs analysés au chapitre II. […] L’application des quatre critères revient donc à ceci : la théorie de l’explication ultime qui a le plus de chance d’être la vraie est la théorie la plus simple qui prédit les phénomènes observables, alors que sans cette théorie, nous ne nous attendrions pas à ces phénomènes. La thèse ici développée est que le théisme fournit l’explication de loin la plus simple de tous les phénomènes. Le matérialisme, comme je le montrerai, n’est pas une hypothèse simple, et il y a une catégorie de phénomènes que, très probablement, il ne pourra jamais expliquer. Et l’humanisme [la théorie mixte selon laquelle « l’existence et le fonctionnement des facteurs impliqués dans l’explication en termes de personne ne peuvent pas être complètement expliqués en termes d’objets inanimés », et réciproquement] est une hypothèse encore moins simple que le matérialisme. […] la grande complexité du matérialisme vient du postulat selon lequel toute explication complète du comportement des choses est donnée par les propriétés et dispositions d’un nombre immense (et peut-être infini) d’objets matériels. Chacun d’entre eux est constitué d’atomes, les atomes sont constitués de particules fondamentales, comme les électrons et les protons ; certains, à leur tour, sont constitués de quarks et, pour autant que nous le sachions à ce jour, les quarks sont constitués de sous-quarks. […] Le théisme affirme qu’une seule substance, Dieu, cause et maintient l’existence de tous les autres objets existants. Il affirme aussi que chaque propriété que possède chaque autre substance est due au fait que Dieu en est la cause ou permet qu’elle existe. Le signe distinctif d’une explication simple est de postuler un petit nombre de causes. À cet égard, il ne peut pas y avoir d’explication plus simple qu’une explication qui ne postule qu’une seule cause. Le théisme est plus simple que le polythéisme. En outre, à cette cause unique, qui est une personne, le théisme attribue les propriétés qui sont essentielles aux personnes avec un degré infini […]. L’hypothèse d’une personne infiniment puissante, infiniment connaissante et infiniment libre est l’hypothèse d’une personne dont la capacité d’action, la connaissance et la liberté sont sans limite (exceptées celles de la logique). Les scientifiques ont toujours considéré qu’il est plus simple de supposer qu’une quantité a un degré infini plutôt que de supposer un degré fini extrêmement grand, et ils l’ont toujours fait lorsque cette supposition ne changeait rien à la prédiction des observations.  +, Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties.  +,
Déconnecter revenu et travail est un non-sens économique +Détacher le revenu du travail n'a pas de sens car le travail est le seul producteur de richesse, le seul producteur de valeur économique ; donc il y a forcément un lien entre le travail et le salaire. Le revenu de base est détaché de l'emploi. Le problème aujourd'hui du salaire c'est qu'il est lié à l'emploi pour beaucoup de la population ; et si vous liez le salaire à l'emploi, alors c'est le chantage à l'emploi en permanence. On le connaît bien aujourd'hui, Mittal ne fait pas vivre 20 000 personnes, c'est 20 000 personnes qui le font vivre ; et si on lie le salaire à l'emploi, on donne tous les pouvoirs aux propriétaires lucratifs, et c'est pour cela que tout mouvement syndical au cours du XX° siècle a été pour déconnecter le salaire de l'emploi et pour attacher le salaire à la personne. C'est nous qui produisons la valeur, ce n'est pas Mittal.  +, La valeur économique qu’on distribue ne provient que du travail collectif à l’échelle de la société. L’hypothèse d’inconditionnalité pour percevoir un revenu de base suppose qu’un individu pourrait autovalider les activités auxquelles il choisirait de s’adonner. Alexandre le bienheureux peut-il autovalider le fait qu’il reste dans son lit ou qu’il contemple les papillons ? La réponse est non. Ce n’est pas une simple question de morale, elle porte sur ce qui fait une société. Distribuer un revenu, c’est distribuer de la monnaie et cela exige une validation collective, que ce soit par le marché ou par la collectivité à travers une décision politique pour financer, par exemple, une éducation publique par l’impôt. Il n’y a pas d’autre façon de valider le versement d’un revenu monétaire. En outre, certains ont avancé l’idée que le revenu d’existence pourrait être une rente prélevée sur la masse de la richesse accumulée par l’humanité. Mais on ne verse pas un revenu en puisant sur un stock. Un revenu provient toujours d’un flux d’activité. Il y a là une méconnaissance du b.a.-ba des principes de l’économie politique, à savoir que seul le travail crée de la valeur économique qui peut ensuite être distribuée. Tous les revenus proviennent du travail humain, collectif.  +, L’une des implications les plus radicales des thèses sur la fin du travail est que le revenu doit être redistribué indépendamment de la participation à sa création. Mais c’est le travail qui crée la richesse distribuée sous forme de revenus. La question se pose alors de savoir comment vont s’articuler la répartition du revenu et celle du travail social. La proposition d’un revenu garanti inconditionnel n’y répond pas vraiment. S’il n’existe aucune contrepartie, alors une fraction de la population décidera logiquement de ne pas travailler à moins de postuler un degré de conscience sociale qui ne peut être qu’un aboutissement souhaitable mais qu’il serait dangereux de poser en préalable. Pour convaincre une partie des bénéficiaires de revenu garanti de travailler, il faudra leur offrir une rémunération plus élevée. Quel mécanisme social permettra alors de désigner ceux qui doivent occuper l’un ou l’autre de ces statuts ?  +,
F
Faut-il dépénaliser le cannabis ? +Plus de 13 millions de Français ont expérimenté au moins une fois du cannabis, avec une hausse progressive depuis le début des années 1990 – la proportion d’expérimentateurs parmi les 18-64 ans, qui atteignait les 24 % en 2000, est ainsi passée à 29 % en 2005, puis à 33 % en 2011.  +, Les expérimentations du cannabis chez les jeunes de 17 ans diminuent en France depuis 2003, et le niveau de sa consommation a désormais été ramené à celui du début des années 2000.  +, Les enquêtes en population générale fournissent une autre mesure de l’accessibilité en questionnant la perception qu’ont les individus de la facilité avec laquelle ils pourraient ou peuvent se procurer du cannabis. Elles montrent ainsi que le cannabis paraît très accessible à la majorité des Français, qu’ils consomment ou non : près de six personnes âgées de 15 à 64 ans sur dix (58,0 %) jugent qu’il leur serait facile d’obtenir du cannabis en 24 heures, s’ils en voulaient (30,4 % assez facile et 27,5 % très facile). Les hommes de 20-25 ans sont particulièrement nombreux à partager cette opinion (79,2 % contre 61,3 % dans le reste de la population). Moins d’une personne sur dix (7,2 %) dit ne pas pouvoir se prononcer sur la question, cette proportion augmentant de façon nette avec l’âge des personnes interrogées, de 2,0 % parmi les 15-19 ans à 14,3 % parmi les plus de 55 ans. Il faut reconnaître que cette question trouve ses limites face aux individus qui n’ont aucune envie de se procurer du cannabis et n’acceptent pas vraiment la mise en situation qui leur est proposée. Les difficultés semblent peu affecter la plupart des consommateurs. L’anticipation par la constitution des petites réserves, le dépannage entre usagers et le recours à d’autres réseaux d’approvisionnement tendent à amortir l’impact d'une réduction momentanée de la disponibilité. Un consommateur régulier et averti est en mesure, en toute circonstance, de satisfaire ses besoins d’une forme ou d’une autre de cannabis.  +,
Faut-il généraliser le vote électronique ? +Un sondage Harris Interactive-Nouveaux Horizon révèle ce matin que 58 % des abstentionnistes voteraient par Internet s’ils en avaient la possibilité, et même 79 % chez les jeunes de 18 à 24 ans. Fini donc les files d’attentes dans les écoles ou les mairies, pour enrayer l’abstention, le vote du futur se ferait de son canapé.  +, Seul 1 % du corps électoral estonien s’est exprimé à distance (9317 votants exactement) pour ces élections [municipales d'octobre 2005] où la participation est souvent faible (moins de 50 % de participation). Le vote via internet n’a donc pas renversé la tendance, ni masqué les contestations de certains partis minoritaires, réclamant un égal accès de tous les citoyens au vote et constatant l’absence de garantie du secret, comme dans l’isoloir.  +, Suite à un rapport d’experts du 21 janvier 2004, le projet SERVE (Secure Electronic Registration and Voting Experiment) a été abandonné du fait des nombreuses failles de sécurité détectées. [...] Pour les auteurs du rapport remis au Pentagone, le système présentait de « nombreuses failles de sécurité l’exposant à une grande variété d’attaques bien connues », d’une manière d’autant plus sensible que l’envergure de l’opération lui offrait une exposition particulière. En conséquence, « au vu de l’impossibilité de garantir la légitimité des votes » en l’état actuel des technologies, le rapport préconisait l’arrêt immédiat du projet jusqu’à ce que « les infrastructures Internet et informatiques domestiques n’aient pas été totalement repensées ».  +,
Faut-il préserver les Murs à pêches de Montreuil ? +Aucun échantillon de fruits ne dépassant le seuil réglementaire, la direction régionale et interdépartementale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (DRIAAF) est favorable à la poursuite des travaux visant à la réimplantation de vergers sur le site. Il convient toutefois de poursuivre la surveillance des espèces présentes sur le site et la ville souhaite mettre en place un plan de surveillance sur les années qui viennent en collaboration avec la DRIAAF. Les projets agricoles qui peuvent êtres engagés dans un court terme devraient donc essentiellement concerner la production florale et fruitière. La production de légumes devra être soumise à des tests préalables des sols qui seront concernés et réduite aux variétés non touchées par le passage du plomb.  +, Aujourd’hui, sauvegarder l’environnement et assurer une meilleure maîtrise de la consommation des espaces verts et agricoles sont des objectifs partagés par le Conseil Régional, l’État et le Conseil Économique et Social de la Région Île-de-France. Au sein d’une agglomération toujours plus dense, il est nécessaire de protéger durablement les espaces ouverts pour y « reconstruire » de l’espace public, accessible à tous. Cela est particulièrement vrai pour le département de la Seine-Saint-Denis qui manquent cruellement de sites protégés et aménagés pour les populations les plus diverses et les plus démunies. La Seine-Saint-Denis ne compte en effet que deux sites classés (Parc Forestier de la poudrerie de Sevran et les Murs à Pêches), quand le reste de l’Île-de-France en compte 111. Accéder à la nature en ville, c‘est aussi développer un imaginaire urbain de qualité, solidaire, a contrario de celui qui est lié au pavillonnaire. Ici, nous avons la chance de pouvoir créer un pôle de tourisme agricole et culturel dans des parcelles cultivées de murs à pêches restaurés, en partenariat avec la Région, les arboriculteurs franciliens et les organismes qui œuvrent dans les domaines culturel, pédagogique, patrimonial et environnemental.  +, Autre questionnement : le bruit. Le calme et le silence, reconnus comme essentiels, peuvent être menacés de différentes manières. Le cirque voisin, les concerts, les installations provisoires de Roms de Roumanie peuvent, à terme, générer des niveaux de bruits très supérieurs à ce qu’ils sont actuellement. Faut-il les réglementer ?  +,
Foire aux questions +L’UE se trouve à la croisée des chemins : soit elle continuera sa fuite en avant vers la dépossession du pouvoir accordé aux citoyens, au bénéfices d’experts capables de s’y retrouver dans des structures de plus en plus complexes et opaques ; soit les décisions reviendront aux peuples d’Europe, au travers de nouveaux mécanismes. La question centrale est donc la création d’un chaînon manquant, véritable outil démocratique de débat, permettant aux citoyens de prendre des décisions enfin éclairées par la raison. Notons ici que de telles procédures efficaces de débats ont été mises au point avec l’expérience du Deliberatorium aux Etats-Unis, voire avec les conférences de consensus. Si nous n’arrivons à créer ce nouvel outil de débat méthodique et éclairant, on pourra dire adieu à l’idéal même de la démocratie – le pouvoir du peuple pour le peuple – et nous connaîtrons une régression inimaginable vers le pouvoir de ces nouveaux philosophes-rois que sont les experts et les juristes des instances européennes.  +
I
Il est injuste que le revenu de base soit identique pour les riches et pour les pauvres +Prendre aux pauvres pour redistribuer à tous – y compris aux riches –, de façon égalitaire, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut qualifier de politique socialement progressiste. C’est de l’anti Robin des bois, si l’on ose dire.  +, Opérer une distinction entre les riches et les pauvres nous ramène à une logique d’assistanat, avec tous les inconvénients inhérents à un tel système : ressources à justifier, contrôles à exercer, opacité, surenchères, lourdeur bureaucratique. En outre, et surtout, c’est rompre avec le postulat de l’égale appartenance de chacun à la communauté du seul fait de son existence. Pour autant, le revenu net distribué après impôt n’est pas le même pour tous puisqu’il s’ajoute aux revenus imposables. Dès lors, la partie reprise par l’impôt progressif vous pénalisera d’autant plus que votre revenu est plus élevé.  +, Il est instructif [...] de comparer un instant les pays de tradition universaliste, essentiellement scandinaves, à ceux qui, comme le Royaume-Uni, l’Irlande ou les États-Unis, ont le ciblage pour tradition. Tous les indicateurs le montrent, les premiers parviennent bien mieux à réduire pauvreté et inégalités que les seconds. Plusieurs arguments sont généralement avancés pour expliquer ce paradoxe, qui n’est qu’apparent. En premier lieu, les programmes de transferts ciblés sont mal connus de leurs bénéficiaires potentiels, qui se perdent dans un maquis d’organismes, de règlements et de catégorisations. Deuxièmement, la nature même des programmes ciblés implique de vérifier, parfois de manière intrusive et humiliante, que les bénéficiaires effectifs remplissent bien les conditions d’octroi. Enfin, les programmes ciblés assurent très mal la continuité des droits. Comme expliqué plus haut, les transferts sont partiellement ou totalement supprimés en cas de changement de statut, ce qui n’incite pas les bénéficiaires à prendre des risques pour se réinsérer sur le marché du travail. En évitant ces trois obstacles inhérents aux transferts ciblés sur les plus défavorisés, le paiement régulier d’une allocation inconditionnelle contribue à asseoir leur sécurité économique.  +
Il est possible de reconsidérer les travaux pénibles de façon à ce qu'ils soient pris en charge sans rebuter les gens +Le revenu inconditionnel est un dû de la collectivité à chacun de ses membres. Cela étant, rien n’interdit de l’assortir d’un service civique. En effet, malgré le progrès technique, il restera probablement dans nos sociétés une barre incompressible de travail non épanouissant, voire primaire, sale et servile. Si ces travaux sont indispensables à la collectivité, qu’ils soient assurés par tous, sur un temps donné, à définir comme une contribution sociale.  +, Si un revenu inconditionnel suffisant est versé à chaque citoyen, qui acceptera encore de ramasser les ordures ou de faire le ménage pour les entreprises et les particuliers par exemple ? En premier lieu, il serait souhaitable que cette situation nous amène à questionner la gestion et la répartition des tâches pénibles dans notre société. On peut ainsi espérer que la désertion des emplois pénibles débouche sur un abandon de l'injuste division du travail social en vigueur aujourd'hui pour un partage plus équitable des tâches. En effet, si chaque poste mêlait des tâches pénibles et d'autres plus intéressantes et gratifiantes, la peine serait sans doute plus supportable. Par ailleurs, il est plus que temps d'adopter une approche réellement économique des tâches pénibles. L'objectif d'une société ne doit pas être de créer toujours plus d'emplois pénibles, mais de réduire autant que possible leur nombre. Il serait donc urgent de mettre un terme à nos actuelles politiques de création d'emplois à tout-va pour mettre en œuvre des politiques économiques de destructions d'emplois ! Reprenons l'exemple du ramassage des ordures. Si ce secteur enregistrait une baisse sensible des vocations suite à l'instauration d'un revenu inconditionnel, il faudrait peut-être envisager avant toute chose de réduire la quantité de déchets produite pour en faciliter la collecte. Il faudrait peut-être imaginer d'autres modes de collectes responsabilisant davantage les citoyens. Et pourquoi ne pas mettre en place un service d'intérêt général pour réaliser collectivement les tâches que plus personne ne veut assurer seul ? Bref, il faudrait probablement changer notre organisation sociale, et ce ne serait pas un mal...  +
L
L'extrême-gauche doit-elle lutter contre l'islamophobie ? +Aujourd’hui, 170 ans après le Manifeste communiste, il faut apparemment encore rappeler que le communisme n’est pas compatible avec la religion. Il est affligeant de voir des prétendus révolutionnaires se solidariser avec des rebuts d’idées que l’on trouve dans des livres comme ceux de Houria Bouteldja. Ces idées sont la négation même des idées communistes.  +, Car tout le problème est qu’« être matérialiste », c’est aussi avoir une approche matérialiste du phénomène religieux. Une approche matérialiste à laquelle Lutte ouvrière renonce, en considérant « la » religion de manière essentialiste, comme une force réactionnaire partout et toujours, qu’il s’agirait de combattre en tout temps et en tout lieu par la diffusion d’une « propagande antireligieuse », indépendamment des rapports de forces politiques, économiques, sociaux, idéologiques. Une approche matérialiste résumée par Lénine dans un texte de 1909, dans lequel il explique notamment que « ''la propagande athée de la social­-démocratie'' [= des révolutionnaires] ''doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs''. » Quatre ans plus tôt, Lénine avertissait déjà : « ''en aucun cas nous ne devons nous fourvoyer dans les abstractions idéalistes de ceux qui posent le problème religieux en termes de "raison pure", en dehors de la lutte de classe, comme font souvent les démocrates radicaux issus de la bourgeoisie'' ».  +, Ce livre [''Les Blancs, les Juifs et nous'', d'Houria Bouteldja, porte-parole du PIR] défend les idées les plus réactionnaires, à commencer par [...] une prise de position contre le féminisme, dénoncé comme une exportation blanche : « ''Mon corps ne m’appartient pas. Aucun magistère moral ne me fera endosser un mot d’ordre conçu par et pour des féministes blanches. […] J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam''. » Bouteldja, qui dit préférer appartenir « ''à [sa] race et à l’islam'' » plutôt que de dire que son corps lui appartient, va même plus loin : « ''Un féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères''. » Elle absout ainsi d’avance les lapideurs de femmes et les exciseurs, au nom du féminisme décolonial. On peut également mentionner le récent livre de Nargesse Bibimoune, ''Confidence à mon voile''. On y lit par exemple : « ''Mon cher voile, dis-leur que tu es la preuve de ma soumission à Dieu et uniquement Lui ! Dis-leur qu’à mes yeux tu es un instrument d’émancipation face à une société qui souhaiterait me dicter ma manière d’être une femme libérée''. » [...] Marwan Muhammad signe régulièrement des communiqués communs avec Idriss Sihamedi, responsable de l’association BarakaCity, lequel, sur un plateau télé en janvier 2016, expliquait qu’il était « ''un musulman normal'' », et qu’en conséquence il « ''ne serre pas la main des femmes'' ». Récemment Marwan Muhammad, lors d’un débat, a affirmé que la polygamie ne le regardait pas, puisqu’elle était, « ''comme l’homosexualité, un choix de vie personnel'' ».  +,
L'instauration d'un revenu de base progressiste nécessite des luttes sociales d'ampleur qui ne sont pas au goût du jour +''L’allocation universelle de solidarité'' au moins égale au salaire minimum garanti signifierait une socialisation généralisée du salaire contre les intermittences du travail. Inutile de préciser qu’il faudrait pour l’arracher un rapport de force extraordinairement favorable, alors que, dans la plupart des pays, l’heure est à la défense de la sécurité sociale, des minima sociaux, au refus de remettre en cause le salaire minimum, face aux assauts du patronat contre les solidarités acquises. Dans ce contexte concret, il est dangereux de jouer avec des revendications assez imprécises pour se prêter à des interprétations opposées.  +
L'instauration d'un revenu de base risque de dégrader les conditions de travail +[U]n montant versé sans condition à toute personne ne peut être que médiocre et ne peut assurer l’indépendance économique des bénéficiaires. Ceux-ci seraient obligés d’accepter du travail à n’importe quel prix pour arrondir leur allocation. Il en résulterait une dégradation du marché du travail et la prolifération de « boulots » mal payés. Le revenu inconditionnel contribue ainsi à institutionnaliser, selon les termes de Robert Castel, le « précariat ».  +
La Première Guerre mondiale brutalise la pensée de Lénine +Si Lénine a, dès 1903-1905, théorisé la nécessité de la violence révolutionnaire sous ses formes les plus larges, la guerre de 1914, en portant la violence militaire à un niveau jusque-là inconnu, le pousse à radicaliser sa conception et à justifier par la guerre des « capitalistes » la généralisation de la violence révolutionnaire ; transposant cette violence militaire sur le terrain de la politique, Lénine considérera bientôt tout opposant à sa volonté comme un « ennemi » voué à la soumission ou à l’extermination.  +, L’irruption de la guerre moderne sur la scène de l’histoire en août 1914 transforme la vision de Lénine et la radicalise : tout conflit politique ou social est désormais assimilé à une guerre qui n’est plus un moment exceptionnel mais un temps ordinaire et permanent. La guerre civile domine la conception léniniste de la politique en général et de la révolution en particulier. Extrapolant les événements en cours, Lénine en vient à considérer que le monde est entré dans « ''l’époque de la guerre'' » qui fait de la guerre civile le principal moyen d’action du prolétariat – dans son esprit, le Parti bolchevique – pour s’emparer du pouvoir et façonner une nouvelle société. Dès août-septembre 1916, il écrit : « ''A la guerre bourgeoise impérialiste, à la guerre du capitalisme hautement développé, ne peut objectivement être opposée, du point de vue du progrès, du point de vue de la classe d’avant-garde, que la guerre contre la bourgeoisie, c’est-à-dire avant tout la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie pour la conquête du pouvoir, guerre sans laquelle tout progrès sérieux est impossible.'' » Et il précise que cette « ''guerre civile pour le socialisme'' » est « ''aussi une guerre, par conséquent elle doit aussi ériger inévitablement la violence au lieu et place du droit. […] Le but de la guerre civile est de s’emparer des banques, des fabriques, des usines, etc., d’anéantir toute possibilité de résistance de la bourgeoisie, d’exterminer ses troupes'' ». Sans la moindre hésitation, il l’évoquera en octobre 1917 : « ''Cette guerre pourra être violente, sanguinaire, elle pourra coûter la vie de dizaines de milliers de propriétaires fonciers, de capitalistes et d’officiers qui épousent leur cause. Le prolétariat ne reculera devant aucun sacrifice pour sauver la révolution'' »  +, Cette politique révolutionnaire inédite avait été pensée préalablement, entre 1915 et l’été 1917, et elle était pour une large part le fruit d’une autre conjoncture exceptionnelle qui n’était pas liée de manière spécifique à la Russie : la Première Guerre mondiale. Cette guerre, à la fois tellement préparée par les puissances et tellement inattendue pour les gouvernements et les opinions publiques au regard de ses effets dévastateurs, a provoqué une soudaine radicalisation de la conception léniniste, pesant à un double titre sur la pensée du chef bolchevique. Elle l’a définitivement incité à considérer la guerre civile comme expression suprême de la lutte de classe, ce qui présida au rejet immédiat et total de la révolution « bourgeoise » et démocratique de février 1917. Parallèlement, cette guerre a donné à Lénine des indications décisives sur la nature et l’organisation du pouvoir dont il rêvait désormais de s’emparer. Ces deux facteurs ont définitivement confirmé l’émergence de plusieurs des traits caractéristiques des régimes totalitaires : le principe du parti unique, la terreur de masse et le monopole de la production et de la distribution, assurées désormais par un énorme appareil bureaucratique. Cette mutation finale chez Lénine d’une pensée à l’origine social-démocrate en pensée proto-totalitaire est symbolisée par l’un des trois textes fondateurs du léninisme – après le ''Que faire ?'' de 1902 et avant ''L’État et la révolution'' de 1917 –, ''L’impérialisme, stade suprême du capitalisme'', rédigé en 1916.  +
La baisse du PIB ne signifie pas la détérioration du bien-être +Admettons qu'une baisse du niveau d'activité économique se produise, pourquoi cela poserait-il problème ? L'économie du bonheur nous enseigne aujourd'hui que l'augmentation de la production ne s'accompagne pas toujours d'une augmentation du bien-être des sociétés. En 1972, l'économiste américain Richard Easterlin mettait déjà ce paradoxe en lumière : de 1945 à 1970, malgré une croissance économique continue, le niveau de bien-être des sociétés les plus riches n'a pas augmenté. Pour Easterlin l'explication de ce paradoxe est simple : passé un certain seuil de revenu, toute augmentation du niveau de vie ne se traduit plus par une augmentation du bien-être. C'est pourquoi une société opulente n'est pas nécessairement plus heureuse qu'une société disposant d'un niveau de vie plus modeste. Quelques comparaisons internationales offrent une illustration particulièrement éclairante de ce phénomène. Ainsi, en Europe, l'indice de bien-être déclaré par les Italiens – 6,3 sur 10 – est comparable à celui des Slovènes ou des Hongrois qui disposent pourtant d'un PIB par tête deux fois moins élevé. Plus étonnant encore, les mêmes Italiens se déclarent moins heureux que les Polonais – 6,7 sur 10 – dont le PIB par tête est trois fois moins élevé ! Et il ne s'agit pas là d'une exception italienne. On constate en effet qu'avec 20 000 € de PIB par tête, les Chypriotes sont nettement plus heureux – 7,9 sur 10 – que les Français par exemple – 7,1 sur 10 – dont le PIB par tête est d'environ 30 000 €. On peut donc être plus heureux avec moins. Dans ces conditions, on peut se demander si une baisse d'activité se traduirait réellement par une baisse de bien-être.  +
La brutalité de Lénine est à rechercher dans son idéologie +Dans un article publié en 2001, j’avais insisté sur le fait que la guerre de 1914-1918 avait « brutalisé » la pensée de Lénine, en semblant légitimer la violence et la terreur que celui-ci mit en œuvre à partir de 1917. Or, comme Dominique Colas l’a souligné en réponse, la « brutalisation » initiale de la pensée de Lénine était bien antérieure. Elle renvoyait à la fois à l’idéologie léniniste et à la réalité de la violence sociale et politique dans la Russie tsariste. L’idéologie léniniste, élaborée dès les années 1890, proclamait la nécessité historique de la destruction de tous les groupes sociaux et politiques faisant obstacle à l’instauration du socialisme, y compris par la mise en œuvre du terrorisme individuel, du terrorisme de masse et de l’insurrection.  +, La guerre ne constitue donc une circonstance susceptible de favoriser l’émergence du totalitarisme. Mais l’origine directe de celui-ci est d’abord à rechercher dans une idéologie, une vision du monde devenue, bien avant 1914, doctrine puis orthodoxie élaborées par des leaders révolutionnaires et leurs affidés – en l’occurrence Lénine et les bolcheviks. Cette idéologie ne doit pas être comprise seulement comme idée politique ou doctrine abstraite, mais comme « un ensemble d’idées traduisant des émotions fondamentales et capable de mettre en mouvement des populations entières ». Cette idéologie totalitaire nourrit les passions des masses : peur, colère, mépris, haine, désespoir, enthousiasme, espoir, foi.  +
La déconnexion entre revenu et travail tend à devenir la norme +Ce qui était vrai aux temps les plus reculés de notre histoire ne l’est plus totalement aujourd’hui car, depuis, la nature et la place du travail ont fortement évolué dans notre société. D’ores et déjà, une fraction croissante du revenu des ménages se forme indépendamment de toute participation à l’effort productif, puisque la part des prestations sociales ne cesse de s’accroître dans le PIB, passant de moins de 12% en 1949 à 30% en 1998. [...] Le produit de notre travail n’est pas le fruit de notre seul mérite. Il est aussi le fruit du savoir né du travail des générations antérieures, qui conditionne l’ensemble des connaissances, le capital matériel et social accumulé, le niveau même des salaires, et encore les infrastructures et la culture même dans laquelle nous vivons. C’est cet ensemble qui est à l’origine de l’efficacité des efforts individuels et caractérise le niveau de vie d’un pays. Ces fruits appartiennent donc à tous, qu’ils travaillent ou non, et la justice sociale impose que chacun en perçoive une part égale.  +
La guerre civile est au cœur du projet communiste +La notion de guerre civile se trouve au cœur du projet communiste d’obédience marxiste, et cela dès 1848, dans le ''Manifeste du parti communiste''. Évoquant la lutte des classes, Karl Marx y parle de « ''la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu’au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie'' ». La conclusion du ''Manifeste'' est fort claire : « ''Les communistes déclarent ouvertement qu’ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en détruisant par la violence l’ancien ordre social.'' » Confronté à la guerre perdue par la France contre la Prusse de Bismarck et témoin de la Commune de Paris, Marx tire une conclusion décisive : « ''La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants, destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile'' ».  +, La notion de guerre civile est au cœur du projet communiste, tel qu’il apparaît dès 1848 dans le ''Manifeste du parti communiste'' où Marx, évoquant la lutte des classes, parle de « ''la guerre civile plus ou moins latente au sein de la société actuelle, jusqu’au point où elle éclate en révolution ouverte et où le prolétariat jette les fondements de sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie'' ». La conclusion du ''Manifeste'' est fort claire : « ''Les communistes déclarent ouvertement qu’ils ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en détruisant par la violence l’ancien ordre social.'' » En 1871, après l’écrasement de la Commune de Paris, Marx publie ''La Guerre civile en France'', où il rappelle qu’à ses yeux « ''la guerre des asservis contre leurs oppresseurs [est] la seule guerre juste dans l’histoir''e », et où il dénonce « ''la conspiration de la classe dominante pour abattre la révolution par une guerre civile poursuivie sous le patronage de l’envahisseur étranger'' », oubliant au passage que la Commune s’opposait à une Assemblée nationale régulièrement élue en février 1871. Confronté à la guerre perdue par la France contre la Prusse, Marx tire une conclusion décisive : « ''La guerre nationale est une pure mystification des gouvernants destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte des classes éclate en guerre civile.'' » Dès 1914-1915, Lénine s’empare de cette conclusion de Marx pour inaugurer un slogan appelé à un grand retentissement : « ''Transformer la guerre impérialiste en guerre civile'' ».  +
La lutte contre la pauvreté passe par la lutte contre les inégalités +La question fondamentale à se poser est : est-ce que ce système [de revenu de base] contribuera à diminuer les inégalités ? Si oui, alors il réduira la pauvreté, mais s’il ne contribue pas à diminuer les inégalités, alors il ne réduira pas la pauvreté. Or, une des inégalités les plus fortes est celle du patrimoine (et du capital) : à ma connaissance, l’allocation universelle ne sait rien faire avec ça. Si on ne touche pas à ces choses fondamentales, le revenu de base sera alors juste un petit élément correcteur, à la marge... Il faut qu’il soit construit en rapport avec une plus juste répartition des richesses. Sinon, le risque c’est de tomber dans une logique très libérale au sens premier du terme, c’est-à-dire très « chacun pour soi ». On vous donne votre truc, et après c’est bon, débrouillez-vous avec.  +
La lutte pour un revenu de base ne doit pas remplacer celle pour une meilleure protection sociale +En découplant complètement le travail et les protections, l’éventualité d’un revenu d’existence ou de citoyenneté sanctionne le renoncement à ces tentatives qui sont aussi le nerf des luttes à mener sur le front du travail. Pour le dire un peu brutalement, elle entérine les exigences du capital et du marché et lui laisse toute la place. Car pourquoi le marché et le capital ne profiteraient-ils pas de cet abandon des protections attachées au travail pour resserrer encore leur emprise ? Un stock de travailleurs potentiels déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance constituerait une nouvelle armée de réserve sur laquelle le nouveau capitalisme pourrait librement puiser au moindre coût.  +, Aujourd’hui, ce dont nous avons besoin ce n’est donc pas d’une allocation universelle, mais d’une extension de notre sécurité sociale. Attaquée de toutes parts, il faut la renforcer et non la détruire. En effet, le système d’allocation universelle n’a pas le monopole de l’individualisation des droits et du découplement du revenu et du travail (pensons aux retraites, au chômage…). Nous devons évidemment prendre les lacunes du système actuel au sérieux et revendiquer l’individualisation des droits sociaux, l’instauration de minimums sociaux à hauteur du seuil de pauvreté et le renforcement de la spécificité de notre système. Ainsi, au lieu de prendre le lent démantèlement de notre sécurité sociale pour une réalité inéluctable, battons-nous pour la reconstruire de manière encore plus ambitieuse.  +
La méthode Céline Alvarez révolutionne-t-elle l'école maternelle ? +"Elle a otenu des résultats exceptionnels" "Votre expérience a eu des résultats édifiants"  +
La revendication d'un revenu de base quel qu'en soit le montant est dangereuse +Il faut en tout état de cause expliquer d’où provient ce fameux revenu garanti, comment il est financé. Les partisans du revenu universel ne devraient pas pouvoir récuser cette demande en se réfugiant dans un utopisme flou, parce que le niveau de ce revenu est précisément ce qui distingue les projets libéraux (un revenu minimum comme « filet de sécurité ») et les projets véritablement alternatifs. Si le niveau du revenu est suffisamment élevé pour n’être pas une simple aumône, il faut dire quelle est la répartition du revenu national compatible avec cette garantie de revenu. On trouve peu de réponses à cette question pourtant légitime [...]  +, [L]e revenu annuel garanti a ses théoriciens et ses partisans libéraux. Pour eux, il se réduit à une sorte de revenu de survie ou de minimum social permettant de tirer vers le bas l’échelle des salaires et d’enfoncer l’obstacle que représente encore le salaire minimum légal. « L’allocation universelle de solidarité » au moins égale au salaire minimum garanti signifierait une socialisation généralisée du salaire contre les intermittences du travail. Inutile de préciser qu’il faudrait pour l’arracher un rapport de force extraordinairement favorable, alors que, dans la plupart des pays, l’heure est à la défense de la sécurité sociale, des minima sociaux, au refus de remettre en cause le salaire minimum, face aux assauts du patronat contre les solidarités acquises. Dans ce contexte concret, il est dangereux de jouer avec des revendications assez imprécises pour se prêter à des interprétations opposées.  +
La réduction du temps de travail conduit à une augmentation de la productivité +Quand bien même l'instauration d'un revenu inconditionnel entraînerait une diminution du temps de travail, celle-ci ne s'accompagnerait pas nécessairement d'une baisse équivalente de la production. Souvenons-nous par exemple que le passage aux « 35 heures » a entraîné une nette augmentation de la productivité des Français. L'hypothétique diminution du volume de travail n'aurait donc pas nécessairement un impact catastrophique sur l'activité économique. Notons au passage que les gains de productivité engendrés par les « 35 heures » ont été l'une des raisons de leur faible impact sur l'emploi.  +
La révolution d'Octobre est une transformation profonde de toute la vie sociale +Il suffit de revoir les mesures législatives prises dans les premiers mois et la première année par le nouveau régime pour comprendre qu'ils signifient un bouleversement radical des rapports de propriété et de pouvoir, parfois plus rapide que prévu et voulu, parfois au-delà même du souhaitable, sous la pression des circonstances. De nombreux livres témoignent de cette cassure dans l'ordre du monde (voir ''Les Dix jours qui ébranlèrent le monde'', de John Reed, réédition Seuil, 1996) et de son retentissement international immédiat (cf. ''La Révolution d'Octobre et le mouvement ouvrier européen'', collectif, EDI, 1967). Marc Ferro souligne (notamment dans ''La Révolution de 1917'', Albin Michel, 1997 ; et ''Naissance et effondrement du régime communiste en Russie'', Livre de Poche, 1997) qu'il n'y eut sur le moment pas grand monde pour regretter le régime du tsar et pour en pleurer le dernier despote. Il insiste au contraire sur le renversement du monde si caractéristique d'une authentique révolution, jusque dans les détails de la vie quotidienne : à Odessa, les étudiants dictent aux professeurs un nouveau programme d'histoire ; à Pétrograd, des travailleurs obligent leurs patrons à apprendre « ''le nouveau droit ouvrier'' » ; à l'armée, des soldats invitent l'aumônier à leur réunion pour « ''donner un sens nouveau à sa vie'' » ; dans certaines écoles, les petits revendiquent le droit à l'apprentissage de la boxe pour se faire entendre et respecter des grands.  +, Le peuple est à l’œuvre et s’attelle à changer sa vie quotidienne dans une multitude de domaines, débordant les lois traditionnelles de l’histoire. Dans les entreprises, la hiérarchisation des rapports entre employeurs et employés est remise en cause. À l’école, les étudiants s’immiscent dans les choix pédagogiques et les questions de programme. Samuel Joshua détaille cette expérience éducative inédite : « ''Dès 1918, un immense espoir éclata d’en finir avec le despotisme de l’école tsariste, sa fabrication de la hiérarchie de classe, l’élitisme et le formatage.'' » De cette aspiration naît un nouveau système scolaire gratuit et mixte pour tous les enfants de 8 à 17 ans. « ''L’autogestion y est la règle'' », le fonctionnement assuré par une représentation collégiale regroupant les enseignants, le personnel, les élèves de plus de 12 ans ainsi que les organisations ouvrières environnantes. « ''Les thèmes travaillés sont définis par les enseignants et les élèves'' ». « ''Pas d’étude du ‘‘marxisme’’ (comme plus tard du “marxisme-léninisme’’), mais au contraire le fier refus de tout endoctrinement'' », précise Samuel Joshua, qui met ainsi en lumière un pan méconnu de la révolution russe qui perdura jusqu’au milieu des années 1920. Au sein de l’armée, les choses changent également. Les militaires renversent le poids ancestral du caporalisme. L’Église est traversée publiquement de débats enflammés sur la complémentarité entre religion et socialisme. Les poètes futuristes, dont Vladimir Maïakovski, pourfendent le conformisme ambiant et veulent tuer le vieil art. Dans son livre ''Russie soviétique (1917-1927). La révolution dans la culture et le mode de vie'', Nicolas Fornet s’attarde lui aussi sur les bouleversements quotidiens engendrés par la révolution. Comme Samuel Joshua, il insiste sur le fait que la lutte contre l’analphabétisme devient une priorité effective après Octobre, dans ce pays où l’immense majorité des 150 millions d’habitants ne sait ni lire ni écrire. Les clubs de lecture, les cercles scientifiques, les sections littéraires, les groupes artistiques, les bibliothèques, les maisons du peuple, les théâtres, les expositions et les musées florissent et sèment aux quatre vents une culture accessible au plus grand nombre. Le palais d’Hiver, ancien haut lieu du tsarisme, est officiellement transformé en palais des Arts. Pour les femmes également, l’existence est profondément modifiée : « ''Le pouvoir soviétique allait ouvrir aux femmes l’accès à tous les domaines économiques, sociaux, politiques et culturels. Il proclama immédiatement l’égalité entre les sexes. Dès décembre 1917, le décret sur le mariage fixa l’égalité des contractants. Abolissant la prérogative masculine en matière familiale et parentale, ainsi que l’incapacité juridique de la femme mariée, il supprima l’indissolubilité du mariage [...] et permit le divorce à la demande de l’un des partenaires. [...] Les femmes pouvaient désormais choisir leur domicile.'' » La révolution trouvait dans son aptitude concrète à changer la vie son meilleur outil de propagande, son moyen le plus concret de maintenir l’adhésion du prolétariat à son projet, au-delà des difficultés et des épreuves traversées.  +
La thèse de l'insurrection était publiquement débattue dans le mois précédent l'insurrection d'Octobre 1917 +Contrairement à l’image qu’a tenté d’imprimer sur nos rétines l’historiographie officielle, l’insurrection d’Octobre n’a rien du complot fomenté dans l’ombre. Dès les premiers jours de septembre, elle est le sujet de discussion qui anime la vie publique russe. L’historien américain Alexander Rabinowitch relate l’intensité de cette improbable séquence politique dans ''Les bolcheviks prennent le pouvoir''. Jusqu’aux derniers instants qui précédèrent Octobre, l’insurrection occupe à elle seule l’ordre du jour de toutes les assemblées politiques, et figure à la une de tous les journaux, des plus enthousiastes aux plus hostiles. Le débat enflamme la société. Les dissensions internes du parti sur la question, entre Lénine et Kamenev, sont également de notoriété publique.  +, Techniquement, militairement, l’insurrection d’Octobre fut exécutée par une minorité d’ouvriers et de soldats, mais elle ne fut pas un putsch, comme voudraient le faire croire les détracteurs des bolcheviks. Ou alors, ce serait un putsch d’un genre complètement inédit. Car l’insurrection d’Octobre fut ouvertement annoncée, largement débattue et même soumise au vote. Tout au long du mois d’octobre, il n’était plus question que de l’insurrection. Quand les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires la rejetaient, les bolcheviks distribuaient des tracts, organisaient des meetings pour en expliquer l’urgence. Les colonnes des journaux étaient remplies de pour et de contre. Faut-il oui ou non remettre tout le pouvoir aux soviets et renverser le gouvernement provisoire ? C’est sur cette question que se faisaient toutes les élections dans les soviets. Voter bolchevique, c’était voter pour l’insurrection. Et semaine après semaine, les soviets votèrent massivement pour les bolcheviks. Oui, Octobre fut bien l’insurrection des masses, une révolution, en ce sens que l’immense majorité des travailleurs et des soldats en avaient compris la nécessité, la soutenaient et l’attendaient.  +