Le revenu de base va dans le sens de la marchandisation du monde

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Citations

Michel Husson

« Le grand point faible des projets de revenu universel est qu’ils visent à étendre le champ de la marchandise. Le « caractère liquide de ce revenu, donc non affecté » est ainsi clairement affirmé par Yann Moulier-Boutang. Ce point de vue peut être considéré comme réactionnaire puisqu’il équivaut à une véritable désocialisation. Tout progrès social passe en effet par un degré de socialisation accru : les fameux « prélèvements obligatoires » qui constituent la cible des néolibéraux recouvrent par exemple l’éducation et la santé, l’une et l’autre en principe gratuites. Un projet progressiste viserait à rétablir et à étendre le champ de la gratuité, à élargir les droits sociaux garantis sous forme de libre mise à disposition des services correspondants. Les tenants du revenu universel proposent au contraire aux « multitudes » de faire marche arrière, avec l’instauration d’un revenu monétaire et individualisé, et cette perspective se substitue de fait à la mobilisation pour une réduction radicale du temps de travail. Aux approximations théoriques, ils ajoutent ainsi une orientation stratégique qui a pour effet de déserter le cœur des rapports d’exploitation. La reconnaissance effective des droits sociaux passe par la mise à disposition de manière gratuite de biens communs, comme la santé, et non par la distribution de revenus qui s’y substitueraient. Dans le cas du logement, quelles sont les solutions réellement progressistes : une politique de municipalisation des sols et de construction de logements sociaux, ou l’augmentation des allocations logement ? »

Michel Husson, « Droit à l’emploi et RTT ou fin du travail et revenu universel ? ».

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